Couvent carmélite du désert de las Palmas
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| Couvent carmélite du Désert de las Palmas | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Convento Carmelita del Desierto de las Palmas |
| Culte | Catholique romain |
| Type | Couvent |
| Rattachement | Diocèse de Segorbe-Castellón |
| Début de la construction | 1691 |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Communauté valencienne |
| Département | Province de Castellón |
| Ville | Benicàssim |
| Coordonnées | 40° 04′ 28″ nord, 0° 01′ 40″ est |
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Le Couvent Carmélite ou Monastère des Pères Carmélites du Désert des Palmes est situé sur le territoire communal de Benicàssim (Province de Castellón, l'Espagne). Le choix de cet emplacement privilégié, sur les contreforts du massif du Maestrazgo, composante du Système ibérique, comme site d’implantation de l’un des « Déserts » de l’Ordre des Carmes déchaux (ou Carmel thérésien), a fait naître l’un des ensembles historiques religieux les plus remarquables — et, de surcroît, unique — de la Communauté valencienne.
Les « Déserts » constituaient des lieux volontairement inhabités, tenus pour particulièrement propices à l’idéal carmélitain, qui visait à renouer avec le charisme originel de l’Ordre : une vie cénobitique soutenue par un esprit érémitique renouvelé dans le contexte de la Contre-Réforme.
L’origine de l’Ordre se rattache aux ermites établis au Mont Carmel, à Jérusalem, au XIIe siècle. Selon la tradition, ce mont était santifié par Saint Élie et Saint Élysée.
La formule de vie fut donnée entre 1206 et 1214 par Saint Albert, patriarche de Jérusalem, dans une règle d’inspiration érémitique mettant en relief la solitude, le silence, le jeûne, l’abstinence de viande, ainsi qu’une existence retirée et contemplative, sans être pour autant étrangère au travail.
Après avoir obtenu du pape Innocent IV la confirmation de l'Ordre, les moines émigrèrent en Europe, où commença la multiplication des établissements carmélitains. En Espagne, les carmes entrèrent en Aragon depuis la France. Le roi Jacques 1er accorda à l'Ordre une Lettre de Protection.
Aux XIVe et XVe siècles, l’Ordre du Carmel connut des vicissitudes analogues à celles des autres ordres : alternance entre le florissement des études et l’affaiblissement de l’esprit religieux, puis efforts de réforme conduits par des saints et des mouvements d’observance.
En Espagne, ces mouvements furent dirigés par sainte Thérèse et saint Jean de la Croix. Ils prônèrent la plus stricte solitude individuelle, la prière, la lecture et l’intensification de la vie spirituelle. Il en résulta une division au sein de l’Ordre ; les réformés obtinrent la séparation juridique lors du Chapitre général de Crémone (1593).
Un siècle plus tard, les Carmélites déchaussés arrivèrent à Benicàssim avec le dessein d’y fonder un Désert destiné à la vie contemplative. Le choix du lieu s’explique par la division, en 1625, de la province d’Aragon-Valence d’une part et de celle de Catalogne d’autre part, la première se retrouvant dès lors dépourvue de Désert.
Après l’échec des recherches en Aragon, l’on se tourna vers Valence, jusqu’à ce qu’un prêtre de Cabanes déclarât au procureur du couvent de Valence, le frère Juan de la Virgen, qu’« il est un lieu qui ne saurait être plus à propos » pour l’établissement de l’Ordre.
Enfin, en 1691, l’on acquit le mas de Gavarrell ; l’acte de prise de possession fut dressé le , le reste des biens étant acheté pour 23 000 livres. La fondation dut affronter l’opposition, tant au sein même de l’Ordre que de la part du baron de Benicàssim ou des franciscains de Castellón.
Les carmes d’Aragon souhaitaient l’implantation sur leurs terres, en raison de leur supériorité numérique, tandis que le baron défendait ses droits féodaux sur le territoire. Toutefois, le conflit le plus âpre fut celui qui opposa franciscains et carmes, chacun s’employant à faire prévaloir ses prérogatives sur celles de l’autre. La querelle fut close le par la licence royale, favorable à la création du couvent
Le mas de Gavarrell constitua le premier essai d’implantation ; mais, en raison de l’insalubrité du terrain, il fut décidé de construire le nouveau couvent au Bancal de la Colada. En 1698 débutèrent les travaux : le tracé en revint au frère Bernardo de San José, et une partie de l’exécution du bâtiment fut dirigée par Pedro Vilallare, maître d’œuvre.
L’édifice fut achevé et les pratiques érémitiques établies vers 1709, bien que l’église ne fût terminée qu’en 1733. De cette période datent les premiers ermitages — tels ceux de la Nativité, du Carmel, de saint Joseph, des Désemparés, de saint Jean-Baptiste, de saint Jean de la Croix, de saint Élie, etc. —, jusqu’à un total de treize, édifiés au titre d’œuvres pieuses.
La vie conventuelle se déploya durant près d’un siècle, non sans aléas, notamment ceux liés à la guerre de Succession d'Espagne, vers 1710, lorsque des bandes de micalets harcelèrent les moines, allant jusqu’à les enfermer à la suite d’une accusation de dissimulation d’armes.
Entre 1724 et 1730 fut construite la muraille destinée à clore l’enceinte conventuelle. À cette époque, les principaux édifices carmélitains étaient déjà en place. Le site conjugue la vie cénobitique et des constructions permettant la prière et la contemplation individuelles : un monastère-désert pour la province d’Aragon-Valence.
La fin du siècle marqua un nouveau tournant. En 1783, des pluies torrentielles, de septembre à décembre, ouvrirent des affaissements dans le sol et provoquèrent des fissures dans les murs du couvent, établi entre deux ravins, sur un terrain mal assis. Les ermitages et le couvent subirent de lourdes pertes ; les moines s’installèrent dans une hôtellerie. Après consultation, l’on fit abattre le panthéon et les bâtiments occidentaux afin de réemployer les matériaux pour la construction du nouveau couvent.
Pour l’implantation des nouvelles constructions, l’on choisit le Bancal de la Portería, et les travaux commencèrent en 1784. La direction en fut confiée au frère Joaquín del Niño Jesús. Celui-ci obtint le titre de maître d’œuvre à Saragosse, et la Real Academia de San Carlos de Valence lui conféra, le , celui d’architecte pour l’ensemble des édifices à ériger dans les maisons et couvents de son Ordre. Le projet du Désert fut approuvé par l’Académie le . En 1791 commença la construction de l’église et, en 1793, la vie érémitique. En 1796, l’église était achevée et, en 1802, les dépouilles furent transférées de l’ancien au nouveau monastère.
En 1811, le général Suchet arriva dans la province, inaugurant les premiers abus. Puis fut établi l’inventaire des biens du couvent conformément à l’« embargo des biens nationaux ». Informé de l’opération, le prieur dissimula une partie des biens et obtint en outre d’être nommé gardien des biens inventoriés.
En 1813, une tentative de vente du Désert par les autorités fut déjouée par un rapport défavorable du maire de Benicàssim. Le couvent conserva ainsi une large part de ses biens pendant l’invasion napoléonienne. Peu après, en 1835, fut promulgué l’Ordre royal d’exclaustration ecclésiastique. Le peuple de Benicàssim, reconnaissant de l’assistance reçue des moines lors de la récente épidémie de choléra, demanda que ladite mesure fût écartée pour le couvent. Dans les décennies suivantes, la communauté religieuse se réduisit, jusqu’à ne compter, en 1873, que le prieur et trois ou quatre pères.

Avec la restauration de l’Ordre, la situation de non-exclaustration de la communauté conféra au monastère une position éminente à l’échelle de l’Espagne. En 1880, le Désert fut déclaré noviciat, ce qui entraîna un accroissement de la communauté.
Afin de surmonter la pénurie économique, les moines commencèrent à récolter les herbes aromatiques du Désert en vue de la distillation de la liqueur carmélitaine (Carmelitano). Après avoir installé l’unité de fabrication dans les sous-sols du couvent, l’on construisit un bâtiment voisin puis, ultérieurement, l’usine de Benicàssim, datée de 1913.
Parmi les derniers évènements ayant marqué l’histoire récente de la communauté monastique figurent la guerre civile de 1936, durant laquelle 16 moines appartenant à la communauté furent assassinés, et, en 1971, la création d’un centre de spiritualité jouissant d’un large rayonnement auprès des fidèles. La construction de la route — d’abord depuis Castellón, avec un accès près de l’ermitage de la Madeleine sur la nationale 340, puis complétée par l’accès depuis Benicàssim — a également favorisé l’afflux de visiteurs, attirés par la beauté du site et par les vues saisissantes sur la plaine de Castellón.





