Crux-la-Ville
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| Crux-la-Ville | |||||
Mairie de Crux-la-Ville. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | ||||
| Département | Nièvre | ||||
| Arrondissement | Nevers | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes Amognes Cœur du Nivernais | ||||
| Maire Mandat |
Vincent Galin 2026-2032 |
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| Code postal | 58330 | ||||
| Code commune | 58092 | ||||
| Démographie | |||||
| Population municipale |
399 hab. (2023 |
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| Densité | 8,8 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 47° 09′ 42″ nord, 3° 31′ 19″ est | ||||
| Altitude | Min. 246 m Max. 398 m |
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| Superficie | 45,56 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Guérigny | ||||
| Législatives | Deuxième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Nièvre
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne-Franche-Comté
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| Liens | |||||
| Site web | crux-la-ville.fr | ||||
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Crux-la-Ville est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Localisation
La commune se situe à 34 km au nord-est de Nevers (41 km par la route), quasiment en plein centre du département de la Nièvre. Elle se situe à 7 km au nord de Saint-Saulge, chef-lieu de canton. L'Aron, qui se jette dans la Loire à Decize après un parcours de 68 km, y prend sa source au niveau de l'étang d'Aron (alt. 280 m).
Communes limitrophes
| Moussy | Saint-Révérien | Vitry-Laché | ||
| Saint-Franchy | N | Bazolles | ||
| O Crux-la-Ville E | ||||
| S | ||||
| Saint-Saulge | Saint-Maurice |
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[3] et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement[4]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 952 mm, avec 12,6 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Prémery à 15 km à vol d'oiseau[7], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 911,1 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,1 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Crux-la-Ville est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[10]. Elle est située hors unité urbaine[11] et hors attraction des villes[12],[13].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (51,4 %), forêts (33,7 %), terres arables (13 %), eaux continentales[Note 2] (1,2 %), zones urbanisées (0,7 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie
Le nom de la localité est mentionné sous les formes Cruso vers 1100 ((Bulliot, II, 29) ; Crus-Villa en 1277 (Bulliot, II, 337) ; Creus en 1279 (A. N. fonds du chapître) ; Crux-Villa en 1287 (règlement de l’évêque de Nevers) ; Creux-la-Ville en 1588 (archives de l’Yonne)[15],[16].
Peut-être *Crucium [fundum][16], sur le nom d’homme gallo-romain *Crucius avec perte de l'appellatif ou sous-entendu, d'où le sens global de « domaine rural de *Crucius ». Xavier Delamarre considère qu'un élément -crucium d'origine celtique se retrouve dans le toponyme britannique Pennocrucium aujourd'hui Penkridge, il remonterait au celtique crouco- « tertre, monticule » et expliquerait les types toponymiques Le Crucq (Lot-et-Garonne) et Le Cruchet (Sartre, Montcruchet 1405)[17].
Pour Gérard Taverdet, plutôt qu'à un nom d'homme *Crucius, il faut y voir la racine pré-latine *crosu, racine passée en roman (français creux)[18]. Pour Albert Dauzat, cette explication n'est pas recevable, parce que le village est situé sur un plateau.
En fait, il y a eu deux sites distincts : le premier était la ville (« habitations paysannes »), construite dans une petite vallée, près des sources ; le second était le château (Crux Castro en 1121), bâti effectivement dans la zone élevée et nommé Crux par référence au village, par la suite, le château a été démantelé et il n'est resté que la ville[18]. Cette distinction a perduré longtemps dans les deux paroisses de Crux-la-Ville et Crux-le-Châtel (Capella de Crus-Castro 1121-1142 ; Cruso-Castro in prioratu de Sancto-Salvio 1161 ; Crux-Castrum 1287 ; Crux-le-Chastel 1599)[15].
On relève en 1749 la forme Crux en Nivernois[19].
Le qualificatif la-Ville apparaît dès 1161[réf. nécessaire].
Histoire
Deux vestiges de voie romaine se trouvent sur la commune, dans les bois de Crux, et entre la commune de Moussy et le domaine des Perrières. Une mosaïque fut découverte par un cultivateur qui nivelait son pré au Guérignault en 1871, à 20 mètres de la rivière Aron, à 35 cm de profondeur. Partiellement détruite par le propriétaire, elle fut préservée et recouverte après l'intervention de l'abbé Boëre, curé de Crux-la-Ville[20].
La commune se composait des deux paroisses de Crux-la-Ville et Crux-le-Châtel, qui ne formaient qu'une seule seigneurie importante, et qui donna son nom à une ancienne famille. L’évêque de Nevers, Bernard de Saint-Saulge, reconnaît dans des lettres de 1161, adressées au moine Bernard II, que les églises de Cruso-Villa et de Cruso Castro appartiennent bien à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, dont il est l'abbé[21].
Il est fait mention de Crux Villa et Crux Castrum dans le registre-terrier de l'évêché de Nevers, datant de 1287[22].
L'histoire de Crux-la-Ville se confondit durant de nombreux siècles avec celle de la famille de Damas. En 1362, Hugues Damas, seigneur de Marcilly, devint seigneur de Crux par son mariage avec Philiberte de Crux. Une branche de la famille de Damas porta le nom de cette seigneurie qui fut érigée en comté au XVIIe siècle.
Comme le démontre André Bossuat[23], les serfs de Crux refusèrent au XVe siècle les tailles et les corvées que leur seigneur, Jean Damas, exigeait d'eux. Ils les jugeaient excessives et déraisonnables :
- ceux qui possédaient bœufs et chariot devaient transporter le bois de chauffage au château ainsi que les provisions nécessaires, le vin, le grain, et même des pierres pour les réparations des bâtiments, et cela autant de fois que nécessaire ;
- ceux qui n'avaient ni bœufs ni chariot apportaient une charge de bois sur leurs épaules ;
- les serfs devaient une corvée d'un jour pour faucher les prés du seigneur ;
- ceux qui ne savaient pas faucher étaient employés à faner ;
- ils devaient cultiver les vignes et y faire toutes les façons nécessaires ;
- les habitants des Bordes devaient faire des haies dans la forêt et les entretenir pour permettre au seigneur de chasser plus commodément, ce qui les dispensait d'ailleurs d'autres corvées.
La taille était levée deux fois par an par Jean Damas : à la Saint-Barthélémy et au mois de février.
Le seigneur exigeait également à titre de champeage une poule, un chevreau, de ceux qui élèvent des chèvres, un oison de ceux qui ont des oies, quatre deniers pour un veau et un porcelet de ceux qui élèvent des porcs. Les habitants lui doivent encore les dîmes des veaux et pourceaux nourris au lait, soit un denier par veau mâle et une obole par femelle, plus un porcelet sur dix.
Ceux qui se mariaient dans l'année devaient au seigneur un gâteau fait d'un demi-boisseau de froment et deux poules.
Enfin, ils étaient astreints au service du guet, jour et nuit, aussi souvent que le seigneur le jugeait utile.
Le procès qui débuta en 1440 s'acheva en 1464 par un arrêt du Parlement.
Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècles, les châtelains font œuvre « d'aménagement du territoire » en créant la Rigole de la Vaucreuse, qui alimente Paris en bois de flottage.
À la fin du XIXe siècle, la rigole d'Aron est tracée, destinée à alimenter le canal du Nivernais.
La commune fut rebaptisée Aron-la-Montagne à la Révolution.
Le site est riche en bois et forêts, investis par les résistants durant la Seconde Guerre mondiale. Les maquis y sont alors nombreux, parmi lesquels figurent Mariaux, Daniel ou encore Camille. Du 12 au eut lieu une bataille au cours de laquelle 1 500 Allemands appuyés par de l'artillerie et de l'aviation ne réussirent pas à réduire 800 maquisards[24] encerclés. Ceux-ci, aidés par les FFI du Morvan et les FTP du Val de Loire, décrochèrent après avoir fait subir des pertes sévères à l'armée allemande.
- Historiographie
- Le , Louis XIV révoque l’Édit de Nantes, et interdit aux protestants de pratiquer leur religion « en attendant qu’il plaise à Dieu de les éclairer comme les autres. » Et trois jours plus tard à Crux-la-Ville…
- « Ce jourd’huy vingt un du mois d’octobre 1685, Jean Jallot âgé d’environ 30 ans, natif de la ville de Sancerre, domestique du Sieur Vignault, fermier de Crux, a renoncé à l’hérésie de Calvain et fait profession de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, et a reçu l’absolution publiquement de son péché d’hérésie par moy soubsigné Curé de Crux le Chatel en ayant eu la permission de Monseigneur le Grand Viquaire de Monseigneur Notre Évêque de Nevers, en présence de Messire Jean Frachot, prestre curé de Saint-Franchy, Joseph Rapine, curé de Saint-Martin, Messire Denis Vignault, Fermier de Crux, de François Delaveyne, greffier dudit Crux, d’Imbert Pelle, praticien, et de Saulge Camus, marchand. »
- L’abbé Fleury, curé de Crux-le-Chatel, met en lumière en 1765 un migrant (volontaire ?) bien éloigné de sa terre natale…
- « Ce jourd’huy deux juin 1765 le nommé Cacambo nègre de la Guinée âgé d’environ quinze ans nous ayant esté confié pour l’instruire dans la religion catholique apostolique et romaine et après avoir reconnus dans luy le désir et les dispositions prochaines pour estre bon chretiens a esté baptisé et nommé Louis Estienne par Monsieur l’Abbé de Damas vicaire général de Monseigneur l’Evesque de Nevers chanoine et grand chantre de l’église cathédrale dudit Nevers, a eu pour parrain hault et puissant seigneur Messire Louis Estienne François Damas, Comte de Crux, baron de Demain, seigneur de la Colancelle et autres lieux, colonel du régiment de Limousin infanterie, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis et pour marraine haulte et puissante dame Dame Marie Louise de Menou veuve de hault et puissant seigneur Messire Louis Alexandre Damas, la ditte dame représentée par Damoiselle Louise Christine Garnier épouse de Jean Gaudry sorti en maistre d’hotel de la maison de Crux et bourgeois actuelment de Crux le Chatel. Fleury, curé de Crux-le-Chatel »
- On trouve cette note du maire Gilbert Torterat dans le registre d'état-civil de l'année 1815.
- « Les troupes alliées sont entrées dans ce département à la fin de juillet 1815, au nombre d’environ 20 000 hommes. La fin de leur départ s’est opéré environ le 17 octobre suivants. Cette commune en à nourrit depuis le 28 juillet jusqu’au 6 octobre ; elle a eu la première fois deux compagnies de cavalerie qui formoient 220 hommes ; elle a tenu aussy pendant 43 jours consecutives environ 200 hommes d’infanterie. Elle a dépensé tant en fourniture pour les troupes stationnés dans son enceinte que pour requisitions à fournir dans les villes voisines, telles que St Sauge et Nevers, une somme de plus de 33 000 francs. »

