Culte de la personnalité de Che Guevara

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Sculpture monumentale du Che sur la façade du Ministère de l'Intérieur cubain.

Le culte de la personnalité de Che Guevara glorifie Che Guevara, un révolutionnaire marxiste-léniniste argentin qui a notamment été un dirigeant de la révolution cubaine.

L'image de Che Guevara connaît également une importante exploitation marketing et commerciale.

Après la mort de Che Guevara, le à La Higuera en Bolivie, Fidel Castro développe son culte à Cuba[1], il le décrit comme « l'un des plus connus, des plus admirés, des plus aimés, et, sans aucun doute, le plus extraordinaire de nos camarades de la Révolution ». Les écoliers cubains doivent, chaque matin, prêter serment : « Pionniers, pour le communisme, nous serons comme le Che »[2],[3].

Dans son numéro du , le magazine Time constate que la légende du Che donne « lieu à un culte quasi religieux du héros parmi les intellectuels, les ouvriers et les étudiants radicaux » : il y avait des « barbes à la Guevara » et des bérets en Italie et « des mouchoirs, des pulls molletonnés et des chemisiers ornés de son visage hirsute » dans une demi-douzaine de pays[4]

Le , à l'occasion du 95e anniversaire de la naissance de Che Guevara, les autorités cubaines lui rendent un hommage. Un gala se tient à La Havane en présence notamment de son épouse Aleida March (directrice du Centre d'études Che Guevara), de Raúl Castro et du président de la république de Cuba Miguel Díaz-Canel. D'autres manifestations, en l'honneur du « héros », se déroulent à travers le pays[5].

Éléments du culte

Guerrillero Heroico

La photo Guerrillero Heroico d'Alberto Korda.
La photo Guerrillero Heroico stylisée par Jim Fitzpatrick.

Le , Alberto Korda, photographie Che Guevara, lors d'un discours passionné de Fidel Castro au cimetière de Colón après l'explosion de la Coubre. Cette photo devient publique uniquement sept ans plus tard après la mort du Che en Bolivie[6] quand Alberto Korda offre un tirage à l'éditeur italien Giangiacomo Feltrinelli. Celui-ci, en 1967, en fait imprimer un million d'exemplaires[7].

En 1968, l'artiste irlandais Jim Fitzpatrick, stylise le portrait, utilisant le visage de Che Guevara contrasté sur un fond uni de couleur[7].

Hasta siempre, Comandante

En 1965, deux ans avant la mort du Che, la chanson Hasta siempre, Comandante de Carlos Puebla glorifie le Che et le place au centre de la révolution cubaine, alors que celui-ci abandonne ses fonctions gouvernementales et quitte Cuba[8].

Monuments

Une reproduction monumentale stylisée de la photographie est placée sur le bâtiment du ministère de l’Intérieur place de la Révolution à La Havane avec le slogan Hasta la victoria siempre.

Le mausolée de Che Guevara, érigé à partir de 1982, est dominé par une statue monumentale du Che.

Analyses

Les adversaires du Che critiquent cette idéalisation du militant politique. Ils rappellent qu’il est l’homme des exécutions sommaires dans la Forteresse de la Cabaña à La Havane en 1959. Che Guevara est aussi l'instigateur des camps de travail qui doivent créer l’Homme nouveau. Ces camps préfigurent la création à Cuba des Unités militaires d'aide à la production où sont enfermés les homosexuels, les religieux ou les opposants politiques[9]. Jacobo Machover considère que Che Guevara « avait le goût du sang des autres, on porte un culte à un assassin »[10].

Pour Christopher Hitchens, un écrivain favorable à la Révolution cubaine dans les années 1960 : « Le statut d'icône historique du Che a été assuré parce qu'il a échoué. Son histoire est une histoire de défaite et d'isolement, et c'est pourquoi il est si séduisant. Aurait-il vécu, et le mythe du Che serait mort depuis longtemps »[11].

Le réalisateur Tancrède Ramonet, considère qu’il ne s’agit pas d’un culte de la personnalité au sens premier du terme. En effet, « si le Che a accepté la mise en avant de son image, c’était pour promouvoir son idéal révolutionnaire »[12].

Consommation, marketing et droits de la photo

Références

Film documentaire

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