Culture du vide

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La culture du vide est une expression péjorative principalement associée à la sphère des réseaux sociaux et, plus largement, des contenus partagés sur internet, désignant une culture basée sur une surcharge d'information empêchant de faire une distinction entre les contenus importants et ceux qui ne le sont pas, présentés sans hiérarchisation et de manière similaire et standardisée. L'expression désigne également le fait que les plateformes encouragent les contenus qui gardent l'utilisateur et génèrent de l'engagement et non les contenus travaillés et informatifs, mécanique amenant notamment à une possible « débilisation » du contenu et à l'émergence notamment du brain rot (images absurdes, générées par intelligence artificielles aux scénarios incohérents mais générant de l'engagement).

Les utilisateurs d'internet sont exposés à une quantité d'information toujours croissante et de qualité très variable présentée sans hiérarchisation ce qui crée une difficulté à distinguer les contenus importants. Les contenus sans substance sont poussés par les algorithmes car souvent générateur d'interactions (e.g. clics, commentaires, partages).

L'expression peut être utilisée dans d'autres contexte avec des sens différents.

Sur internet

L'expression « culture du vide » est principalement utilisée pour critiquer des contenus jugé vains, sans intérêt ni substance, polluant ou remplissant démesurément internet. Pour l'illustrer, la journaliste Lorraine Redaud de Charlie Hebdo prends l'exemple de médias établis invitant des « personnalités » du web qui ne se sont rendues célèbres que par un extrait vidéo devenu viral mais dont la renommée est globalement très exagérée et éphémère[1]. Selon la politologue Asma Mhalla, l'expression est associée au mélange de l'information sur internet et les réseaux sociaux entre des contenus « importants » (sujets d'actualité ou à enjeux) et du contenu dénué de substance présentés à égalité et sans hiérarchisation dans le fil d'actualité d'un réseau social par exemple[2]. Selon elle, cette tendance est associée à une course à l'engagement qui encourage la « débilisation et brutalisation du débat »[2].

La culture du vide est également marquée par la montée de l’individualisme, la perte des repères collectifs traditionnels (famille, religion, travail) et la quête effrénée de reconnaissance virtuelle, notamment à travers les réseaux sociaux[3]. Cette culture est, selon Gilles Lipovetsky, le reflet d'une société où l’apparence et la performance sociale priment sur l’authenticité, engendrant un vide existentiel. Les individus, en quête de sens, oscillent entre une dépendance aux validations externes (likes, partages) et une aspiration à retrouver une authenticité intérieure, souvent à travers des pratiques introspectives ou des engagements collectifs[3].

Dans son usage, le terme peut revêtir une connotation misogyne en état disproportionnellement utilisé par des hommes pour dénigrer du contenu créé et partagé par des femmes[4].

Autre contextes

  • Le terme peut être utilisé pour mettre en avant un patrimoine culturel absent ou disparu, en mettant en avant l'absence notamment via l'utilisation de vitrines vides[5].
  • Culture du vide est le titre d'un ouvrage de Theodore Dalrymple (titre original: Our Culture, What’s Left of It)

Références

Voir aussi

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