Céline Bessière
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation |
École Normale Supérieure |
| Activités |
| Établissement | |
|---|---|
| Membre de | |
| Distinction |
Prix lycéen spécial BD d’économie (d) () |
Céline Bessière, née en 1977, est une sociologue française de l'économie, du genre et du droit, spécialiste de la famille dans ses dimensions économiques et juridiques[1].
Née en 1977, Céline Bessière est sociologue, professeure des universités à l'Université PSL Paris-Dauphine[2], chercheuse au laboratoire IRISSO[3].
En 1996, elle est reçue à l'École Normale Supérieure (Paris) par le concours B/L (lettres et sciences sociales)[4]. Elle se forme à la sociologie à l'Université Paris V et à l'économie à l'Université Paris I.
En 2006, elle soutient à l'université Paris-Descartes sa thèse de sociologie, réalisée sous la direction d'Olivier Schwartz et intitulée Maintenir une entreprise familiale : enquête sur les exploitations viticoles de la région délimitée Cognac, montrant à partir d'une étude ethnographique les conditions de reprise, de transmission, et de maintien d'entreprises familiales[5]. Sa thèse est publiée en 2010 sous le titre De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac[6].
Elle rejoint l'Université Paris Dauphine en 2007[7]. Elle est membre du collectif de recherche RUPTURES, puis JUSTINES[8] (Justice et inégalités au prisme des sciences sociales) qui s'intéresse à la justice du quotidien, de l'ordinaire et de l'intime. Elle participe à ce titre à l'écriture du livre Au tribunal des couples du Collectif Onze, paru en 2013, qui montre comment malgré les bouleversements de la vie conjugale et les transformations du droit de la famille, la justice familiale participe à la reconduction de l’ordre social entre les sexes et entre les classes.
En 2016-2017, elle est membre de la School of Social Science de l'Institute for Advanced Study de Princeton, New Jersey. Le projet qu'elle y développe s'intitule The Patrimonial Government of Families: How Family Justice Contributes to Wealth Inequality in France[9].
En 2017, elle obtient son habilitation à diriger des recherches à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, avec un mémoire original intitulé La richesse des familles[10].

Avec Sibylle Gollac, elle publie en 2020 Le genre du capital : comment la famille reproduit les inégalités. Le livre est le fruit de vingt ans de travaux menés par les deux sociologues, individuellement, ensemble et au sein d'équipes collectives. À partir d'enquêtes ethnographiques dans des études de notaires et des cabinets d’avocats, de monographies de familles et d'analyses statistiques, les autrices montrent que la transmission et le partage du patrimoine au sein des familles au moment des séparations conjugales et des successions générent et maintiennent des inégalités économiques entre hommes et femmes[11]. Elles y développent notamment les concepts de stratégies familiales de reproduction et de comptabilité inversée[12].
Une traduction enrichie en anglais est parue en chez Harvard University Press sous le titre The Gender of Capital: How Families Perpetuate Wealth Inequality[13]. D'autres traductions sont à paraître en chinois, coréen et grec.
Le livre a reçu une importante couverture médiatique[14],[15],[16],[17] et a été largement salué par la communauté scientifique[18],[19],[20],[21]. L'historienne Joan W. Scott estime qu'il s'agit d'un travail « richement documenté et argumenté de manière incisive », la sociologue Viviana Zelizer évoque un « bijou rare (...) qui mérite un large public et va indubitablement transformer la direction des recherches à venir », tandis que l'économiste Thomas Piketty parle d'un « livre fantastique, à lire » pour « comprendre pourquoi les inégalités de richesse entre femmes et hommes restent immensément élevées »[22].
Une bande dessinée en français co-scénarisée par Jeanne Puchol et tirée de l'ouvrage est parue en sous le titre Le genre du capital : enquêter sur les inégalités dans la famille[23]. En 2023, la bande dessinée a reçu le prix lycéen de la BD d'économie[24].
Seule ou en co-écriture, Céline Bessière est l'autrice de plusieurs dizaines d'articles scientifiques parus dans des revues francophones et internationales dont Law & Society Review[25], British Journal of Sociology[26], Socio-Economic Review[27], Travail genre et sociétés[28], Sociologie du travail[29], Sociétés contemporaines[30], Ethnologie française[31], Archives de philosophie[32], Actes de la recherche en sciences sociales[33], Genèses[34] et Clio[35].
En 2024, elle participe au colloque interdisciplinaire du Collège de France Genre et sciences[36] avec une communication intitulée « Le privé est économique: 50 ans d’études féministes sur la famille et les inégalités »[37].
Céline Bessière est membre du comité éditorial de Socio-Economic Review[38] et du conseil scientifique de Économie et statistique[39].
Distinctions
Céline Bessière est membre senior de l'Institut Universitaire de France depuis [40].