Dési von Halban
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Désirée Louise Anna Ernestine von Halban |
| Surnom |
Dési |
| Autres noms |
Dési Goudstikker, Dési von Saher |
| Nationalité |
Autrichienne |
| Activité | |
| Père | |
| Mère | |
| Conjoint | |
| Enfant |
Edouard von Saher (d) |
| Tessiture |
|---|
Désirée Louise Anna Ernestine « Dési » von Halban (1912-1996) est une chanteuse d'opéra et de concert autrichienne de formation lyrique. Elle mène une carrière de soprano durant l’entre-deux guerres et après la Seconde Guerre mondiale, en Europe et aux États-Unis.
Sa vie est également marquée par l’exil en 1940, dans le contexte de l'invasion de l'Allemagne nazie en Europe occidentale et par les démarches qu’elle engage après 1945 pour la restitution d’oeuvres d’art spoliées, issues de la collection de son mari, le marchand d'art Jacques Goudstikker[1].
Démarches judiciaires et restitution
Dési von Halban naît le à Vienne, au sein d'un milieu intellectuel et cultivé. Elle est la fille du gynécologue Joseph von Halban et de la soprano de renommée internationale Selma Kurz. Son frère est l’écrivain George Halban et son cousin germain est le physicien Hans von Halban.
Elle se forme au chant aux côtés de sa mère, puis auprès de la soprano Felicja Kaschowska, qui donne des cours de chant à Vienne. Elle commence à se produire avec sa mère, notamment lors de la dernière apparition publique de celle-ci en 1932 dans l’église paroissiale de Mödling, en Autriche[2].
À partir de 1934, Dési Halban se produit au Wiener Konzerthaus, à Budapest, puis en 1936-1937 à l’Opéra d’État de Vienne, où elle interprète notamment Gilda dans Rigoletto de Giuseppe Verdi et Mimì dans La Bohème de Giacomo Puccini[2].
Le , elle rencontre Jacques Goudtsikker, qui l'invite à chanter avec l'orchestre du Concertgebouw, lors d'une grande soirée de charité organisée dans son château de Nijenrode à Breukelen[1]. Elle l’épouse le de la même année et s'installe avec lui aux Pays-Bas. Leur fils Eduard Joseph, surnommé Edo, naît en 1939.
Dans le contexte de la montée du nazisme, la famille est rapidement menacée par les politiques antisémites. Le couple hésite à quitter le pays et entreprend des démarches pour obtenir des visas américains. Le , jour de l’invasion allemande aux Pays-Bas, la famille quitte le pays. Ils embarquent à bord du cargo SS Bodegraven, qui doit rejoindre l’Amérique du Sud en passant par le Royaume-Uni. Jacques Goudstikker meurt durant la traversée de la Manche. Dési von Halban et son fils parviennent à gagner Liverpool, puis Montréal, avant de s'installer à New York pour le reste de la guerre[1].
Aux États-Unis, elle poursuit sa carrière musicale. Le , elle enregistre un disque avec l'Orchestre philharmonique de New York sous la direction de Bruno Walter, puis interprète sous sa direction la Quatrième Symphonie de Gustav Mahler en 1946[3].
Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne aux Pays-Bas où elle épouse l'avocat August Eduard von Saher en 1950. Son fils prend alors le nom de son beau-père[1]. À cette période, Dési von Saher rachète le château de Nijenrode à l'État néerlandais, qui le conserve après la Libération. Elle le loue à l'Université de Nyenrode fondée en 1946 par le prince Bernhard, avant de définitivement le vendre en 1950.
Elle poursuit sa carrière de chanteuse jusqu'en 1963, puis donne des cours de chant jusque dans les années 1980[3].
Elle décède le à Bilthoven, aux Pays-Bas.
Dès la fin de la guerre, Dési von Halban engage des démarches juridiques afin de faire reconnaître le caractère contraint de la vente des oeuvres de la collection Goudstikker, réalisée sous la pression nazie durant l'Occupation. Les autorités néerlandaises considèrent d'abord cette transaction comme une vente volontaire, ce qu'elle conteste pendant plusieurs années. Selon cette interprétation officielle, elle ne peut récupérer les oeuvres qu'en remboursant les sommes versées lors de l'achat d'Hermann Göring et du marchand d'art Alois Miedl. En 1952, faute de moyens financiers, elle accepte un accord partiel sans obtenir la restitution de la majeure partie des oeuvres. Plus de deux cents tableaux restent alors dans les collections publiques néerlandaises[4].
Dési von Halban se tient ensuite à l'écart de toute nouvelle procédure jusqu'à la fin de sa vie. Après sa mort et celle de son fils en 1996, les héritiers reprennent les démarches, en particulier sa belle-fille Marei von Saher et sa petite-fille, la patineuse artistique Charlene von Saher. Ils s'appuient notamment sur le carnet de Jacques Goudstikker, le Blackbook, conservé par Dési, qui répertoriait précisément les oeuvres de la collection, permettant d'établir un lien documenté entre les oeuvres et la famille[5]. Ces démarches aboutissent en 2006 à la restitution de 202 tableaux par le gouvernement néerlandais[6].
Travaux
Discographie
- Symphonie n°4 en sol majeur, Gustav Mahler, Francfort-sur-le-Main, CBS-Schallpatten, 1990.
- Symphonie n°4 en sol majeur, Gustav Mahler, Francfort-sur-le-Main, Sony Music Entertainment, 1994.
- Les grandes symphonies (sélection), Gustav Mahler, Berlin, Sony Music Entertainment, 2002.
- Symphonie n°4 & 5 (sélection), Gustav Mahler, Sony Music Entertainment, 2005.
Écrits
Outre sa carrière de chanteuse, Dési von Halban s’est également consacré à la biographie de sa mère Selma Kurz ainsi que sur la mezzo-soprano néerlandaise Julia Culp[3].
- D. Halban (éd.), Ursula Ebbers, Selma Kurz. La chanteuse et son temps, Stuttgart & Zürich, Belser Verlag 1983