DADA (revue)
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| DADA | |
Couverture de la livraison des quatrième et cinquième numéros de DADA, ornée du Réveil-Matin de Francis Picabia. | |
| Pays | Suisse, puis France |
|---|---|
| Langue | français, allemand, italien |
| Genre | littérature, art |
| Fondateur | Tristan Tzara |
| Date de fondation | février 1917 |
| Date du dernier numéro | juin 1920 |
| Ville d’édition | Zurich, puis Paris |
| ISSN | 0258-946X |
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DADA est une revue d'avant-garde dadaïste, dirigée depuis Zurich puis Paris, par le poète roumain Tristan Tzara. Elle compte sept numéros, publiés en six livraisons entre et . Les cinq premiers numéros sont publiés à Zurich puis, la revue suivant les déplacements de son directeur, les deux derniers numéros sont publiés depuis Paris[1].
Prenant le relais de Cabaret Voltaire, revue dirigée par Hugo Ball, les deux premiers numéros de Dada se présentent comme des « recueils littéraires et artistiques » accueillant des œuvres variées, issues des différentes avant-gardes européennes, dans une présentation soignée. C'est à partir de son troisième numéro, qui contient le « Manifeste Dada 1918 », que la revue change radicalement de ton et de format, pour devenir l'organe offensif du mouvement Dada.
Les numéros zurichois
De Cabaret Voltaire à Dada, recueil littéraire et artistique (1916-1918)

Dans l'éditorial de l'unique numéro de Cabaret Voltaire, Hugo Ball annonçait la volonté des dadaïstes de fonder une revue plus ambitieuse : « L'intention des artistes assemblés ici est de publier une revue internationale. La revue paraîtra à Zurich et portera le nom DADA, Dada Dada Dada Dada. », y écrit-il en 1916. Prenant tel qu'annoncé le relais de Cabaret Voltaire dont elle reprend la forme, la revue DADA paraît l'année suivante, en , avec des œuvres de Jean Arp, Marcel Janco, Oscar Lüthy et Otto Van Rees[2].
Les deux premiers numéros de la revue sont sous-titrés « recueil littéraire et artistique ». Dans une présentation soignée, ils accueillent des œuvres diverses et se présentent « comme le refuge des différentes avant-gardes européennes[3] ». À cette heure, Dada se présente encore comme une synthèse de l'expressionnisme, du cubisme, du futurisme et des théories esthétiques de Kandinsky[4].
Fin 1917, Tristan Tzara, ayant reçu les premiers numéros de SIC demande à son directeur Pierre Albert-Birot s'il veut bien se charger de la diffusion de DADA à Paris, mais ce dernier refuse. En , Tzara contacte Paul Dermée, en tant que principal collaborateur de Nord-Sud. À la demande de ce dernier, il accepte de le nommer « rédacteur en chef et représentant pour la France ». Ce faisant, il provoque des réactions hostiles de Pierre Reverdy, ainsi que d'André Breton et de ses amis, qui, à ce moment, reprochent à Dermée sa proximité avec Max Jacob. Étonné par ces réactions, et bien qu'il ne nourrisse aucune hostilité envers Dermée et Jacob, qu'il considère comme « un grand poète », Tzara ajourne son projet d'association et celui-ci n'aboutira pas[5].
Dada 3 (décembre 1918)
À partir de son troisième numéro, en 1918, la revue devient un organe offensif du mouvement Dada. Ce numéro constitue « un tournant radical, repérable dans le format même de la revue[1]. »
« Il faut attendre le numéro 3 en pour voir apparaître Dada tel qu'en lui-même », écrit François Buot, « la mention recueil littéraire et artistique a bien disparu, remplacée par directeur : Tristan Tzara. Dada 3 est un brûlot anarchiste à la typographie radicalement nouvelle[6] ». En effet, « son format double, la couverture disparaît au profit d’une page de titre » sur laquelle se trouve une reproduction d’un bois gravé de Marcel Janco et une citation inscrite en diagonale et attribuée à Descartes, « Je ne veux même pas savoir s’il y a eu des hommes avant moi »[7],[a]. Ce numéro contient surtout le Manifeste Dada 1918. En le lisant, Francis Picabia y perçoit une « communauté d’esprit entre ses propres expériences[10] » et celles de Tzara, et rejoint le mouvement.
Éditions françaises et allemandes
Les numéros 3 et 4-5 existent en deux versions, l'une française, l'autre dite « allemande », en réalité mixte. Ce phénomène s'explique en raison des précautions à prendre à l'égard de la censure française en contexte de guerre. En 1918, Paul Dermée expliquait aux dadaïstes dans une lettre que pour être diffusée en France, il fallait que « ni la rédaction (même occasionnelle), ni l'illustration, ni l'administration de DADA n'ait d'attaches austro-allemandes ». Dans les éditions dites françaises, les œuvres d'artistes allemands sont remplacées par des œuvres d'artistes d'autres nationalités[11].
Index des auteurs et artistes publiés
- Pierre Albert-Birot
- Guillaume Apollinaire
- Louis Aragon
- Maria d'Arezzo
- Céline Arnauld
- Théodore Baargeld
- Hugo Ball
- J. Baumann
- André Breton
- Gabrielle Buffet
- Francesco Cangiullo
- Gino Cantarelli
- Blaise Cendrars
- Giorgio de Chirico
- Jean Cocteau
- Arthur Cravan
- Robert Delaunay
- Paul Dermée
- Marcel Duchamp
- Paul Éluard
- Max Ernst
- Julius Evola
- Otto Flake
- Théodore Fraenkel
- Augusto Giacometti
- Ferdinand Hardekopf
- Raoul Haussmann
- Jakob van Hoddis
- Richard Huelsenbeck
- Vicente Huidobro
- Marcel Janco
- Matthew Josephson
- Wassilij Kandinsky
- Paul Klee
- Oscar Lüthy
- Man Ray
- Louise Marguerite
- Filippo Tommaso Marinetti
- Francesco Meriano
- L. Modigliani
- Nicola Moscardelli
- Max Oppenheimer
- Benjamin Péret
- Joan Pérez-Jorba
- Francis Picabia
- Pablo Picasso
- Ezra Pound
- Enrico Prampolini
- Raymond Radiguet
- Giuseppe Raimondi
- Adja van Rees
- Otto van Rees
- Hilla de Rebay
- Pierre Reverdy
- Georges Ribemont-Dessaignes
- Hans Richter
- André Roosvelt
- Rosemberg
- Bino San Miniatelli
- Erik Satie
- Alberto Savinio
- Camille Sbararo
- Christian Schad
- Kurt Schwitters
- Arthur Segal
- Walter Serner
- M. Slodki
- Philippe Soupault
- Sophie Taueber
- Tristan Tzara
- Alfred Vagts
- S. de Vaulchier
- Marius de Zayas