DKW 3=6

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Marque DKW
Années de production19531959
Usine(s) d’assemblageDrapeau de l'Allemagne Düsseldorf
DKW 3=6
DKW 3=6

Marque DKW
Années de production 19531959
Usine(s) d’assemblage Drapeau de l'Allemagne Düsseldorf
Moteur et transmission
Moteur(s) Moteur à deux temps
Cylindrée 896 cm3
Puissance maximale 34 ch (25 kW)
Boîte de vitesses Manuelle à 3 ou à 4 rapports
Masse et performances
Vitesse maximale 125 km/h
Accélération 0 à 100 km/h en 34 s
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Berline 2 ou 4 portes
Coupé et cabriolet 2 portes
Break 'Universal' 3 portes
Châssis IFA F9
Dimensions
Longueur 4 170 mm
Empattement 2 350 mm
Chronologie des modèles

La DKW 3=6 est une automobile compacte à traction avant fabriquée par le constructeur allemand Auto Union[1]. Présentée au Salon de Francfort en , sa production s’est poursuivie jusqu’en 1959. Les versions dotées d’une carrosserie en acier portaient toutes l’inscription Sonderklasse Classe Spéciale ») sur leur aile droite, cette désignation étant constitutive de l’appellation officielle de la série. Le modèle initial, identifié par son code interne d’usine, était la DKW F91. Il fut supplanté, à compter de l’année-modèle 1956[1], par les séries F93 et F94, que le constructeur nommait « Großer 3=6 » (Grande 3=6)[2],[3],[4],[1]. Dès 1958, son héritier, l’Auto Union 1000 Coupé de Luxe, fut proposé à la vente, marquant ainsi le déclin de la production de la 3=6. Sur les marchés états-unien et néerlandais uniquement, le véhicule était plus communément désigné sous le nom de DKW 900[5].

Parmi les attributs marquants de la 3=6 se distinguaient un moteur à deux temps d’une cylindrée de 896 cm³, ainsi qu’une architecture à traction avant. Cette disposition mécanique conférait au véhicule une tenue de route empreinte d’une sûreté remarquable, assurant une maniabilité prévisible et maîtrisée[6].

Version cabriolet carrossée par Karmann. La calandre à lamelles permet de l'identifier comme une version F91 (avant restylage).

La DKW 3=6 vint définitivement supplanter la DKW F89, dite « Meisterklasse », bien que la production de cette dernière se fût poursuivie jusqu’en . À son tour, la 3=6 fut relayée par l’Auto Union 1000, d’une puissance supérieure, dont la commercialisation fut entamée dès la fin de 1957 pour l’année-modèle 1958[2].

Conscient de la valeur patrimoniale de ce modèle, Audi Tradition conserve au sein de sa collection une DKW 3=6 Sonderklasse datant de 1954. Ce véhicule est ponctuellement exhibé dans le cadre de manifestations consacrées à l'histoire de l’automobile[2].

La DKW 3=6 fut également détenue par plusieurs personnalités notoires. Parmi ses propriétaires figurent l’aviatrice renommée Elly Beinhorn, laquelle baptisa son exemplaire « Alwine VII »[2] ; le pugiliste allemand Max Schmeling, double champion du monde des poids lourds ; ainsi que l’actrice Anita Ekberg, rendue célèbre par son rôle dans La Dolce Vita (1960)[3].

Beaucoup de noms

Le 3=6 descendait directement du prototype DKW F9 d'avant-guerre.

DKW comptait parmi les quatre manufactures fondatrices du consortium Auto Union, constitué en 1932 et établi à Zwickau. À la suite de la confiscation de ses actifs à Zwickau par les autorités soviétiques, l’entité fut de facto refondée en Allemagne de l’Ouest dès 1949. Si trois des quatre sociétés originelles d’Auto Union parurent dès lors condamnées à une disparition définitive de part et d’autre du rideau de fer, la marque DKW, elle, perdura à l’Ouest. Son appellation fut réemployée pour désigner la F89, un véhicule assemblé par la nouvelle Auto Union. Cette dernière fut ultérieurement supplantée par la lignée dite « 3=6 ».

  • L’appellation « Sonderklasse » servait à distinguer ce modèle de sa version antérieure, désignée « Meisterklasse ». Ces deux dénominations avaient déjà été employées auparavant pour des véhicules DKW ayant rencontré un important succès commercial au cours des années 1930. Le terme « Sonderklasse » constitue une locution nominale allemande, de traduction délicate en français : il procède du vocable « Sonder » – pouvant être rendu par « spécial » ou « particulier » – associé à « Klasse », signifiant « classe » ou « catégorie ».
  • L'appellation « 3=6 » procède initialement d'une simple formule de réclame. Toutefois, lors du remaniement de 1955 (afférent à l'année-modèle 1956), elle fut érigée en argument commercial prépondérant. Le véhicule fut alors promu sous le vocable de « Grande 3=6 » (Großer 3=6), afin de le distinguer de la mouture antécédente qui arborait déjà ce sigle sur le flanc senestre de sa portière. Cet adage entendait mettre en exergue l'équivalence alléguée entre le propulseur à deux temps de trois cylindres et le moteur à quatre temps de six cylindres. La démonstration reposait sur le principe suivant : au sein d'un cycle à deux temps, l'ignition dans chaque chambre produit un travail moteur à chaque révolution du vilebrequin, là où le cycle à quatre temps ne génère une phase motrice qu'une révolution sur deux. Les concepteurs postulaient ainsi que le moteur à deux temps fournissait un effort moteur double par rotation. Si, au chapitre du couple, cette cinématique semblait effectivement octroyer des avantages patents face à un moteur à quatre temps de cylindrée analogue, une part substantielle de l'énergie thermique théorique paraît avoir été dissipée en déperditions calorifiques. Cet échauffement excédentaire imposait le recours à un ventilateur de refroidissement de plus vaste dimension et grand consommateur de force, ce qui engendrait une nuisance sonore notable en raison de sa mitoyenneté avec l'habitacle.
  • La nomenclature F91 procédait de l’immatriculation du projet industriel assigné à ce véhicule au sein des officines de la manufacture. Le graphème « F » constituait une abréviation du vocable germanique Frontantrieb, désignant la motricité par traction avant. Cette automobile s’avérait être une itération de la DKW F9, prototype exhumé en 1938 dont l'entrée en jouissance industrielle était initialement programmée pour l'an de grâce 1940 dans l'usine Auto Union de Zwickau. Nonobstant les vicissitudes historiques, la production de la F9 ne fut effective qu’en 1950, mais sous l'appellation IFA F9 au sein des mêmes infrastructures ; l'usage de ce patronyme se trouvait, de ce fait, frappé d’indisponibilité pour le successeur occidental issu de la scission de l’ancien consortium Auto Union. La DKW F91 fut ultérieurement supplantée par la F93, puis par la F94, dénominations issues semblablement de l’ordonnancement technique interne. Les désignations commerciales adventices étant devenues absconses au fil des ans, l'historiographie contemporaine privilégie l’usage des sigles F91, F93 et F94 par souci de taxinomie.

Il est vraisemblable que les atouts mercatiques découlant d’une dénomination idiosyncrasique s’étant épuisés, le véhicule fut, dès 1958, commercialisé sous l’appellation de DKW 900 (exclusivement sur le territoire états-unien). Sa nomination se fonda désormais, de manière canonique, sur la cylindrée approximative du propulseur, exprimée en centimètres cubes. L’édition subséquente, dont la fabrication avait déjà été inaugurée en 1957, se vit pareillement attribuer cette nomenclature rationalisée.

Carrosseries

La DKW F91 est exposée au musée Audi d'Ingolstadt.
DKW 3=6 F91 Cabriolet de 1953

La F91 fut présentée sous la forme d'une berline bicorps à deux portes s'ouvrant vers l'avant, disposition présumée favorable à l'accès des occupants. Une déclinaison en Coupé « sans montants », apparue en 1953, entra en fabrication en 1954, accompagnée d'une version Cabriolet carrossée par le coachbuilder osnabrückois Karmann. Parallèlement, une variété à trois portes de type break, dénommée « Universal », demeura proposée sans modifications notables jusqu'en 1956.

La F91 fut présentée en tant que berline bicorps à deux portes avant s'ouvrant dans le sens de la marche, configuration présumée favoriser l'accès des occupants. À partir de 1954, fut adjoint à la gamme un Coupé « sans montants » — dont le prototype fut dévoilé en 1953 — ainsi qu'un Cabriolet carrossé par le maître-artisan osnabrückois Karmann. Parallèlement, une version à carrosserie break à trois portes, nommée « Universal », demeura commercialisée sans modifications notoires jusqu'en 1956.

L'année 1955 a vu le lancement de la version F93 (pour l'année modèle 1956), également connue sous le nom de Big DKW 3=6. Il y a eu trois séries de production pour la Big DKW 3=6 :

1ère série : Modèle 1956, produit de à (numéro de châssis 500 021 à 546 035) ;

2e série : Modèle 1957, produit d' à (numéros de châssis 546 036 à 588 410) ;

3ème série : Modèle 1958, produit de à (numéro de châssis 588 411 à 693 753).

La « Big DKW » F93 reprenait la lunette arrière panoramique de la F91, mais était plus large et bénéficiait de plusieurs améliorations. Ce type de poignée de coffre n'a été utilisé que sur les modèles 1956 et 1957.

La DKW 3=6, par ses dimensions, s’apparentait étroitement à la devancière F91 dont elle conservait l’empattement de 235 cm. Malgré cette base commune, le nouveau modèle accusait un léger surcroît de longueur, de largeur et de hauteur. La voie fut élargie de 10 cm, tandis que l'aspect frontal connut une mutation notable : les lamelles horizontales primitives cédèrent la place à une calandre oblongue parée de cinq lames métalliques chromatiques. Ce dispositif fut derechef remanié en 1957, année où les lames furent supplantées par un lacis chromé. Dans l'habitacle, l'appareillage de bord ainsi que le calorifère firent l'objet de perfectionnements sensibles. Enfin, la puissance du moteur fut portée à 40 ch.

Émergeant en 1956, la DKW Monza consistait fondamentalement en une mécanique de F93 enveloppée d’une carrosserie monocoque réalisée en matériau composite polymère allégé.

En 1956, l'apparition de la version F94 concrétisa enfin l'offre d'une carrosserie à quatre portes. L'empattement de cette berline se voyait accru de dix centimètres comparativement au modèle bicorps, préservant ainsi l'argumentaire publicitaire axé sur l'habitabilité intrinsèque de la DKW, présentée comme prééminente dans sa catégorie. Cette même année vit la substitution du break F91 « Universal » (F91S) par la désignation F94U Universal. Ce dernier héritait désormais de nombre de caractéristiques techniques introduites deux années auparavant sur les berlines. La berline quadricorps F94 et le break F94U partageaient une plateforme mécanique identique.

DKW au Brésil

Le brésilien DKW-Vemag Belcar
La version brésilienne du DKW F94U Universal, également connue sous le nom de Vemaguet

La marque Auto Union jouissait également d’une notoriété considérable en Amérique du Sud. Une production sous licence de modèles dérivés de la DKW 3=6 fut ainsi établie au Brésil, confiée au constructeur VEMAG entre 1956 et 1967. Plusieurs véhicules distinctifs furent commercialisés, dont la berline DKW Belcar, le break Vemaguet et le Fissore. Ce dernier se présentait comme un coupé bicorps à deux portes, caractérisé par une carrosserie aux profils fuselés et à la finition soignée, dont l’esthétique générale s’apparentait à celle de la DKW F102. La gamme F94, assemblée localement par DKW-Vemag, intégra des évolutions techniques notables, telles que l’adoption de portes à ouverture antagoniste à compter de 1964, puis celle d’un système d’éclairage à quatre projecteurs en 1967. Le volume total de la production brésilienne sur cette période est estimé à approximativement 109 343 unités[2].

Technique

Concours

Sources et bibliographie

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