Dana White

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Dana White
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Président-directeur général
Ultimate Fighting Championship
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Dana White, né le à Manchester, Connecticut, est un entrepreneur et homme d'affaires américain, devenu magnat du sport et président de l'Ultimate Fighting Championship (UFC, une organisation d'arts martiaux mixtes qui est aussi la plus grande organisation de MMA au monde).

Ce proche de Donald Trump a été nommé par Mark Zuckerberg dans le conseil d'administration du groupe Meta.

Carrière

Né à Manchester dans le Connecticut, Dana White a grandi entre Las Vegas, Boston et dans le Massachusetts. Depuis son enfance, il est un grand fan des Red Sox de Boston, l'équipe de baseball de la capitale du Massachusetts.

Il dit que sa passion pour l'organisation de combats lui est venue au milieu des années 1990 dans le quartier difficile de Southie à Boston quand il avait 25 ans. Il pratiquait la boxe, après avoir abandonné ses études à l'UMass Boston, travaillé comme videur, ouvrier sur un chantier de pavage et groom au Boston Harbor Hotel. Un jour, il a quitté son emploi à l'hôtel pour lancer un programme de boxe pour les jeunes de Southie, afin de les éloigner de la rue. Il a aussi envisagé de devenir boxeur professionnel[1] est présenté par le journal Rolling Stone comme ancien bagarreur de rue de Las Vegas, adepte du trash-talking, « à la fois vulgaire, charmant, ambitieux, rusé, autoritaire, et surtout, un compagnon très agréable. Il peut être aussi ouvert qu'inflexible. Chez les combattants comme chez les fans, il inspire à la fois loyauté et crainte, admiration et dégoût. Il a le crâne rasé. Il porte des t-shirts moulants. Il a une allure de dur à cuire, il parle comme un dur à cuire, il est tout simplement impressionnant. À tous égards, il était l'homme idéal pour ressusciter l'UFC ». Selon le journal, il pourrait être « le plus grand promoteur sportif de tous les temps, surpassant même Don King en boxe ou Vince McMahon en catch ».

Il est devenu magnat du sport en gagnant 360 millions de dollars lors de la vente (pour 4 milliards de dollars à WME-IMG) de l'UMC, tout en restant aux commandes pour internationaliser davantage la marque. Il est arrivé là après avoir profondément transformé cette ligue endettée en empire médiatique global valorisée à plusieurs milliards de dollars. il l'a fait en valorisant financièrement le MMA, une discipline d'abord marginale, endettée et autrefois qualifiée de « combats de coqs humains » par le sénateur John McCain[1].

Dana White, boxeur amateur et professeur d'aérobic[2], en 1992, il crée l'entreprise Dana White à Las Vegas. Il donne des cours d'aérobic dans trois gymnases de la région de Vegas[2] ; il devient le manager de Tito Ortiz et Chuck Liddell.

Par leur intermédiaire, il fait la connaissance de Bob Meyrowitz, le propriétaire de l'UFC. Ce dernier lui dit que l'UFC, qui est au bord de la faillite (le MMA est alors interdits dans 36 États et l'UFC a un déficit de 44 millions de dollars) est à vendre[3].

Dana White prend contact avec deux amis de lycée, Lorenzo et Franck Fertitta, propriétaires de casinos à Las Vegas, qui, le rachètent l'UFC pour deux millions de dollars et placent à la tête de l'entreprise[4] Dana White, qui va développer l'entreprise et en faire un mastodonte des sports de combat en quelques années[3]. En 2016, l'UFC est revendue au groupe Endeavor pour quatre milliards de dollars. Dana White est maintenu au poste de président et possède toujours 9 % des parts de la société.

Il contribue à monter l'émission de téléréalité, The Ultimate Fighter, qui devient rapidement populaire sur Spike TV, éclipsant la boxe avec de chiffres du pay-per-view meilleurs et une audience plus élevée[5].

Lors de la saison 15, Dana White, fait une apparition dans l'émission télévisée de prêts sur gage Pawn Stars.

Il présente sa gestion des sportifs comme reposant sur un contrat de loyauté personnelle envers les combattants historiques, tout en maintenant une ouverture pragmatique aux évolutions sociétales, notamment concernant l'inclusion d'athlètes femmes puis ouvertement homosexuels[6].

En 2023, il attire à nouveau l'attention médiatique, avec la rumeur d'un combat en cage entre Mark Zuckerberg et Elon Musk ; Dana White s'étant proposé pour organiser cet affrontement, agissant comme intermédiaire entre deux PDG technologiques. Le combat qui n'aura pas lieu, supposément car « les deux milliardaires n'auraient pas réussi à se mettre d'accord sur les règles du combat ». Dana White affirme que le projet était réel. Il prétend dans un podcast de Tucker Carlson qu'à l'époque, il parlait à Elon Musk pendant une heure chaque soir et de même avec Mark Zuckerberg et qu'il était en conférence téléphonique avec le gouvernement italien pour organiser le combat dans le Colisée au moment de l'abandon du projet. En juillet 2024, Elon Musk dit qu'il est à nouveau prêt à affronter son rival de chez Meta « n'importe où, n'importe quand, selon n'importe quelles règles », mais Dana White est embauché dans le conseil d'administration de Meta[7],[8].

Vie privée

Dana White est marié à Anne, depuis 1996, ils ont deux fils et une fille[9],[10],[11].

En 2008, Dana White vit dans un complexe résidentiel sécurisé de la banlieue de Las Vegas, non loin de ses associés Lorenzo et Frank Fertitta. Il se présente à la presse comme devenu abstinent vis à vis de l'alcool, mais pratiquant le jeu dans les casinos, riche et appréciant les signes extérieurs d'excentricité, de richesse et d'excès, avec un parc automobile de luxe (Ferrari, Mercedes et une Range Rover argentée) et une collection d'œuvres d'art (incluant des Rembrandt, Dalí et Warhol), outre une collection d'armes blanches (shurikens, nunchakus)[5].

Au journal Rolling Stone, il a dit : « Ce que j'ai appris des femmes, c'est qu'elles sont toutes complètement folles. Trouve celle qui supporte ta folie et fais de ton mieux. L'herbe n'est jamais plus verte ailleurs […] Je ne lis jamais de livres. Jamais ! Jamais de la vie ! Si vous m'écrivez un mail de plus de trois phrases, je ne le lirai pas non plus »[5].

Politique

Soutien de Donald Trump

White dit être redevable à Donald Trump depuis le début des années 2000, quand l'UFC voulait lancer son premier évènement du XXIe siècle, il se voyait refuser partout… sauf par l'hôtel Trump Taj Mahal d'Atlantic City (« Aucune arène ne nous voulait. Ce type m'a tendu la main, et il a toujours été un ami pour moi »)[12].

À partir de 2016, il s'affiche comme fervent partisan de Donald Trump, dont dans un discours qu'il prononce à la Convention nationale républicaine à Cleveland, dans l'Ohio[13].

En 2020 puis en 2024, White a conseillé à Trump de participer aux podcasts de ses amis Theo Von et Joe Rogan influenceurs de l'extrême droite américaine, populaires chez les jeunes hommes[12]. Ensuite, Trump, « Tout au long de sa présidence, a fait l'éloge non seulement de Dana White lui-même, mais aussi de plusieurs autre combattants prééminents de l'UFC qui l'ont activement soutenu, lui et sa politique. Un exemple de cela a été son appel rendu public pour faire l'éloge du combattant de l'UFC Colby Covington dans la foulée de son championnat des poids mi-moyens »[14].

White soutient à nouveau son ami lors des élections américaines de 2024[15],[12]. Selon le journal Le Monde, les podcasts conservateurs américains ont joué un grand rôle en fin de cette campagne, Donald Trump y multipliant les apparitions alors que leur audience explosait, notamment chez les jeunes adultes. Leur influence est telle que, la nuit de sa réélection, Dana White a publiquement remercié une liste de podcasteurs et d'influenceurs qui ont largement relayé les idées de Trump[16]. Le , alors que Donald Trump est sur le point de redevenir président des États-Unis, alors qu'il prononce son discours de victoire électorale, il invite sur scène trois de ses soutiens de premier plan : son colistier J. D. Vance, son conseiller Chris LaCivita et Dana White (qui pourtant n'avait aucune position officielle dans l'équipe de campagne). Trump lui donne la parole et white explique que « Personne ne mérite cela plus que lui (D. Trump). C'est l'homme le plus résilient et le plus travailleur que j'ai jamais rencontré dans ma vie ! » affirme-t-il[12].

Donald Trump est entré en conflits avec plusieurs grandes ligues sportives américaines, mêlant régulièrement sport et politique dans des affrontements très médiatisés avec des figures comme LeBron James, la National Basketball Association (NBA, la principale ligue professionnelle de basket-ball aux États‑Unis) ou encore la National Football League (la ligue professionnelle de football américain), au sujet du mouvement de protestations faites pendant l'hymne national, lancé en 2016 par le joueur de la NFL Colin Kaepernick, qui s'agenouillait pendant l'hymne pour symboliquement dénoncer les violences policières et le racisme, geste repris par d'autres joueurs qui a suscité une polémique et la colère de Donald Trump qui a appelé à ce qu'on sanctionne ces athlètes. Trump a transformé cet acte de protestation sociale en conflit politique national, a critiqué ces instances, et a au contraire cultivé des alliances dans d'autres disciplines (golf, MMA ou catch) où il bénéficiait déjà de solides soutiens[17].

Controverses

Violences conjugales

Le , White est filmé lors d'une dispute verbale avec Loretta Hunt, journaliste sportive pour le site Sherdog, à propos d'un de ses articles. D'abord mise sur son compte YouTube, la vidéo a été retirée, puis publiée à nouveau sur plusieurs sites et fut décriée par plusieurs associations, dont la Gay & Lesbian Alliance Against Defamation pour l'utilisation de propos homophobes[18],[19],[20]. Dana White s'est excusé par la suite pour ses propos. Il a cependant évité d'inclure Hunt dans ses excuses[21].

Mise en danger de personnes et éthique sportive discutée

Fractures mandibulaires gauches aiguës, faisant suite à concours de claques très violentes (dit Power Slap), officialisée aux USA par l'Ultimate Fighting Championship (UFC) en janvier 2023.

Risques de traumatisme crânien

White minimise les risques de traumatisme crânien dans le MMA, par rapport à d'autres disciplines comme le football américain. Il plaide pour une responsabilisation accrue des athlètes dans leurs modes d'entraînement[6].

Concours de claques

Selon G. Sean (2023) le Power Slap Fighting est né en Russie et en Europe de l'Est, d'où il aurait a attiré l'attention de D. White en 2017, quand il en a visionné des vidéo. Impressionné par le nombre de vues, White aurait proposé aux anciens propriétaires de l'UFC (Frank et Lorenzo Fertitta) d'importer l'activité aux États-Unis et d'investir dans son organisation, sa règlementation, sa promotion et sa commercialisation.

En 2022, White lance aux États-Unis, le à l'UFC Apex de Las Vegas le premier concours de claques très violentes (baptisé Power Slap 1 : Road to the Title), dont les parties ne s'achèvent que quand l'un des deux adversaires tombe KO). Il crée une ligue professionnelle de combat par gifles, officialisée par l'Ultimate Fighting Championship (UFC) en qui se présente comme une discipline de combat de percussion. Contrairement au MMA ou à la boxe, le règlement y impose une alternance de gifles données à main ouverte sur le visage aussi violemment que possible, le défenseur ayant interdiction d'esquiver, de parer ou de protéger la zone cible (située entre le menton et la ligne des yeux). Les « combats » se déroulent en trois à cinq rounds, avec une gifle par round. Si aucun combattant n'est mis KO, les juges désignent un vainqueur en fonction de « l'efficacité des frappeurs, ainsi que de la réaction et du temps de récupération du défenseur ». Les compétitions officielles imposent un protocole de sécurité (protège-dents, bouchons d'oreille, examens ophtalmologiques et imagerie cérébrale), et plusieurs médecins, secouristes et ambulances sont présents sur les lieux des combats. Néanmoins, cette pratique très violente a rapidement été source de nouveaux types de traumatismes, documentés par la médecine d'urgence et la traumatologie du sport : ce sont des traumatismes crânio-faciaux sévères et des séquelles qui incluent des fractures mandibulaires complexes (illustration ci-contre), des traumatismes dentaires nécessitant des interventions chirurgicales d'urgence, et des complications neurologiques potentiellement permanentes, telles que des lésions nerveuses ou trismus[22],[23],[24],[25].

En réponse aux médecins et à ceux qui alertent sur la dangerosité de cette pratique, il répond : « Oh, ça vous dégoûte ? Eh bien regardez plutôt The Voice ! »[12].

Selon The Guardian, ces évènements sportifs n'en sont pas, ce sont des shows conçus pour la viralité, des spectacles et disciplines « parasites » ou dérivées de sports existants, qui maximisent l'adrénaline et la violence, tout en réduisant les barrières à l'entrée pour le spectateur occasionnel[26],[27].

Pour C. Kelly, du point de vue sociopsychologique et de la psychologie du sport c'est une activité qui se situe à la croisée du port et de « la culture numérique idéologique ». Ces concours s'inscrivent dans un complexe médiatique masculiniste, ciblant un public d'hommes jeunes (même si quelques femmes l'ont pratiqué, dont l'une a subi une rupture d'implant mammaire lors d'un entrainement pour la Power Slap League de Dana White)[25]. Ceci favorise une porosité avec les algorithmes de la droite radicale et extrême. Cette forme esthétisée et mise en scène d'une violence ritualisée reflète un discours politique de pouvoir autoritaire. Le Power Slap peut être interprété comme un vecteur d'empouvoirement masculin, mais il repose sur des dimensions sadiques et masochistes. Sous couvert de divertissement, c'est aussi un outil de socialisation politique pouvant prédisposer ses spectateurs à des formes d'extrémisme mettant en avant la violence et la domination physique[28].

Pour Aaron Timms, ces concours sont aussi le reflet d'une mutation du sport en une classe d'actifs financiers où le risque physique pris par les athlètes est mis au service d'une économie de l'attention de plus en plus saturée ; une tendance qui pourrait mener à l'épuisement du concept, illustré par le déclin d'intérêt pour les concours de dunks de la NBA, autrefois source de vedettariat puis ayant perdu de leur attrait[27].

L'émission est retardé d'une semaine à la suite de la diffusion , par le média TMZ d'une vidéo le montrant en train de gifler son épouse à l'entrée d'une boîte de nuit de Cabo San Lucas, au Mexique, le soir du Nouvel An, après que celle-ci l'ait d'abord frappé. Le , il reconnaît ne « pas avoir d'excuses » et dit « ne pas chercher à être défendu »… sans cependant réellement présenter aucune excuse publique à sa compagne[12],[29]. Le Caucus des femmes parlementaires de Californie et d'autres associations demandent la démission de White de son poste de président de l'UFC, sans succès.
Après les résultats médiocres de son émission sur TBS, il la déporte sur Rumble une plateforme vidéo crée par Chris Pavlovski et financée par Vivek Ramaswamy, Peter Thiel et JD Vance, créée comme l'alternative de l'extrême droite à YouTube ; en 2024, Rumble reveniquait environ 68 millions d'utilisateurs actifs par mois l'extrême droite américaine[12],[23].

Dana White et sa nouvelle ligue ont suscité une controverse médiatique et médicale, centrée sur la sécurité des athlètes mais aussi sur le manque d'éthique de la discipline qui à l'inverse de tous les sports et arts de combat traditionnels, impose une posture statique et l'interdiction de toute manœuvre défensive, exposant directement la personne frappée à de graves traumatismes crâniens, par accélération rotationnelle de la main qui frappe. Les experts en médecine du sport, traumatologie et neurologie ont alerté sur les risques de lésions cérébrales permanentes, aggravés par l'absence de défense active et par la répétition de commotions cérébrales, qui distinguent négativement cette pratique de la boxe ou du MMA. La discipline a été sanctionnée par la Commission athlétique du Nevada et soumise à des protocoles de surveillance médicale (IRM, examens physiques), et fait face à une forte opposition au sein même de la communauté des arts martiaux et sports de combat. Les critiques dénoncent aussi une exploitation de la souffrance physique à des fins commerciales, un voyeurisme malsain, encouragé par l'esthétisation de la violence gratuite[23]. Certains « paris sportifs » (réglementés) concernent cette activité, autorisés uniquement dans certains États (Arizona, Colorado, Floride, Illinois, Indiana, Michigan, New Jersey, Ohio, Tennessee et Virginie)[30].

Malgré ces critiques et un démarrage mitigé sur les réseaux câblés traditionnels, l'émission a attiré jusque plus d'un million de téléspectateurs sur Rumble, la plateforme de partage vidéo qui diffuse Power Slap : Road to the Title en dehors des États-Unis après que la chaine TMZ l'ait supprimé après une baisse d'audience. Une vidéo de Power Slap sur TikTok, montrant un KO 'spectaculaire' a été vue plus de 100 millions de fois, cette activité bénéficie donc enore d'une visibilité significative sur les plateformes numériques. Elle persiste, alimentée par des 'combattants' généralement issus de milieux précaires, attirés par les primes de match qui sont pour eux un espoir de subsistance[23].

Manipulation de l'opinion publique, post-vérité

Des chercheurs en sciences politiques comparent la stratégie de Dana White à celle de Donald Trump. Selon Moon (2020)[31] et O’Brien (2020), ce dernier a fréquemment utilisé une rhétorique issue du catch ou du MMA à la Maison-Blanche. Et White a mobilisé une logique proche du kayfabe durant la pandémie de Covid-19 pour construire un récit alternatif. Ce discours minimisait la gravité du virus et présentait l’UFC comme une organisation héroïque entravée par des règles excessives, délégitimant les restrictions sanitaires[14].

Le concept de « kayfabe », dans le jargon du catch, désigne l'illusion d'authenticité maintenue autour d'une performance scénarisée où public et acteurs collaborent pour faire « comme si » (par exemple pour faire comme si les catcheurs combattaient vraiment l'un contre l'autre)[31].
Le mot est ici utilisé métaphoriquement pour désigner une dynamique post-vérité, empreinte de complotisme et de fausses informations qui s'étend à la politique postmoderne, amplifiée depuis 2015 environ par l'utilisation de l'intelligence artificielle et des réseaux sociaux à des fins politiciennes. Les chercheurs en sciences politiques examinent comment une relation co-performative s'établit entre le candidat Trump et son public (dont le « smart fan », électeur conscient du caractère artificiel ou outrancier du discours politique, mais qui choisit néanmoins, délibérément, de suspendre son incrédulité pour s'investir émotionnellement dans la narration proposée). Ce processus, qualifié de « nouveau kayfabe », expliquerait le paradoxe d'un électorat se disant cynique et averti, mais soutenant activement un candidat perçu comme transgressif et menteur (l'engagement politique ne découlerait donc pas tant d'une duperie, que d'une volonté partagée de maintenir une distance critique, tout en adhérant aux objectifs idéologiques portés par le spectacle de la campagne politique, facilitant ainsi la transmission du message politique par le biais d'un divertissement hautement codifié que Trump (ancien présentateur cynique de téléréalité) maîtrise parfaitement)[31].

En contrôlant très strictement les lieux de ses manifestations sportives (Apex, Fight Island), en choisissant des athlètes, et en sélectionnant les journalistes pour leur complaisance, White a pu, avec des codes qui semblent inspirés du kayfabe, façonner un environnement fermé, où l’UFC produisait sa propre version du « réel » et imposait une narration alignée sur les codes trumpiens de défiance envers les autorités publiques et sanitaires[14].

Gestion de la pandémie de Covid-19

On a reproché à White d'avoir nié la gravité de la pandémie de Covid-19[32], ainsi que sa désinvolture face aux facteurs et risques de contamination lors de la pandémie. En tant que président de la plus grande organisation de MMA au monde, il a en effet cherché, et réussi, à maintenir ses évènements et rassemblements sportifs. Il l'a fait en les exportant sur la Fight Island qu'il a créée à Abou Dhabi et sur le site de l'UFC Apex (à Las Vegas) où il a eu un contrôle quasi total de la production des images et récits des combats, grâce à un studio de production intégré à ces deux sites[14]. Les chercheurs qui ont étudié cet épisode estiment qu'il a médiatisé et scénarisé ces manifestations en s'alignant sur les récits du trumpisme qu'il a ainsi conforté, et avec des pratiques de travail qui ont été jugées exploitantes en pleine pandémie[33]. Selon Butryn et al. (2023), la nature de plus en plus propriétaire et opaque de l'UFC (et d'autres organisations sportives) a compliqué le travail des chercheurs qui ont cherché à étudier et évaluer ces pratiques[14].

La gestion et l'utilisation de la pandémie de Covid-19 par l'Ultimate Fighting Championship et l'influence de Dana White, dans le contexte de la montée du mouvement MAGA, sont devenues un cas d'étude de l'interpénétration du sport professionnel et de l'idéologie libertarienne de droite, très liée au « trumpisme » : alors que le monde se confinait, presque toutes les organisations sportives nord-américaines ont suspendu leurs activités, conformément aux directives de santé publique. Au même moment, Donald Trump niait la dangerosité du virus, et commençait à proclamer l'importance de reprendre les événements sportifs en direct (We have to get our sports back)[34].

L'UFC a adopté et promu cette stratégie de maintien puis de reprise des événements sportifs en direct. La rhétorique de White a minimisé le risque sanitaire ; il a dénigré les autorités sanitaires avec des « tactiques résolument trumpiennes de manipulation des médias et une stratégie politique que Gaber et Fisher (2022) appellent « mensonge stratégique » (p. 461) »[14]. « L'un des premiers ambassadeurs que Trump a nommé au sein de son nouveau comité consultatif sportif (Lutz, 2020)[34] était Dana White » et des études ont montré que cette approche était liée aux liens étroits, amicaux et politiques, entretenus par Dana White et Donald Trump. Cette amitié a sans doute aussi « influencé le gouverneur de Floride et (alors) son collègue partisan de Trump, Ron DeSantis, à déclarer le World Wrestling Entertainment (WWE) comme « service essentiel », (c'est-à-dire un service public qui est nécessaire au fonctionnement d'une communauté) en lui permettant de continuer à enregistrer des évènements sportifs en direct », ce qui sera fait plusieurs fois en Floride durant la pandémie[35]. Dana White a ainsi contourné les recommandations de l'OMS et les restrictions géographiques et sanitaires recommandées aux États-Unis, en poursuivant ses compétitions, lesquelles analysées à la lumière de la géographie du sport (et des théories sur la spatialité de John Bale et Henning Eichberg) montrent que White a d'abord priorisé la « continuité du spectacle » et ses impératifs financiers au détriment de l'intégrité physique des athlètes, en contribuant à diffuser le virus de la Covid-19 conduit l'ont montré « de multiples tests positifs au coronavirus de la Covid-19, malgré une rhétorique d'entreprise quasi constante qui minimisait continuellement et publiquement la gravité du Coronavirus comme rien de plus qu'un rhume ou la grippe »[14]. Selon Butryn et ses collègues (2023), cette période souligne aussi comment cette infrastructure sportive a été instrumentalisée comme outil de communication politique, pour projeter un retour symbolique à la normalité, en utilisant les athlètes[36]. Pour Butryn et al. (2023) « il n'est pas possible de comprendre la rhétorique de Dana White pendant la pandémie sans considérer la façon dont son comportement et sa sensibilité globale se chevauchent avec celui de Trump (...) ses efforts pour 'poursuivre les affaires comme d'habitude' (business as usual/The show must go on) ; et les mots de White (médiatisé) révèlent une attitude trumpienne envers les athlètes » (considérés comme des ouvriers au statut précaire, devant privilégier le résultat de l'entreprise par rapport à leur santé et choix individuels)[14]. Comme Donald Trump, Dana White scénarise et met son nom en avant, présentant l'Apex comme conçu pour accueillir la nouvelle production de diffusion de l'UFC qu'il fait appeler Dana White's Contender Series, où des combattants d'arts martiaux mixtes luttent devant le public et/ou les caméras pour tenter d'obtenir un premier contrat officiel avec l'UFC ; le ring octogonal de l'UFC APEX est inhabituellement petit (25 pieds de diamètre par rapport aux 30 pieds habituels)[14], ce qui « selon les données préliminaires, crée une zone de compétition qui facilite près de 20 % de frappes supplémentaires et plus de finitions via des knockouts, des abandons et des knockouts techniques » (MMAmania, , cité par Butryn et al. en 2023)[14].

Pendant la pandémie, White a annoncé créer en secret d'une cage de combat quelque part hors des USA (où les déplacements en avion étaient sévèrement réduites et contrôlés pour stopper la pandémie), sur la plage d'une île : « Fight Island » sera construit à Abou Dhabi pour permettre (potentiellement à environ 600 athlètes de MMA internationaux) de continuer à se produire malgré les restrictions mondiales et locales de voyage, dans un site entièrement contrôlé et conforme aux protocoles sanitaires alors recommandés. White a conclu un accord avec les Émirats arabes unis qiu offrait à l'organisation un environnement sécurisé, luxueux et totalement maîtrisé, renforçant ses partenariats médiatiques tout en sélectionnant des journalistes peu critiques pour couvrir les événements depuis cette « bulle » fermée. Selon Butryn et al. (2023) ce dispositif a permis à Dana White et à l'UFC d'à la fois étroitement contrôler les athlètes, leur mise en scène, les médias et le récit fait au public, accentuant son pouvoir de façonner l'image de l'UFC et du MMA dans un contexte où le reste du sport mondial était à l'arrêt[14].

Allégations d'exploitation des combattants

Deux des plus grandes stars de l'UFC, Randy Couture et Tito Ortiz, ont protesté vigoureusement contre le montant trop bas de leurs rémunérations et celle des combattants en général. Ortiz, qui a qualifié White de tyran, lui reproche à l'UFC d'avoir empoché 42 millions de dollars grâce à l'un de ses combats, alors que lui n'en a touché que 1,5 million. « Pourquoi s'accaparent-ils le gâteau et nous les miettes ? », des sommes « ridicules » comparées aux cachets des boxeurs Oscar de la Hoya et Floyd Mayweather. Interrogé à ce propos en 2008, White répond « C'est un crétin, un abruti fini, le pire genre d'idiot, le plus gros imbécile que vous ayez jamais rencontré, un crétin fini. Point final »[5].

Couture a, lui, quitté l'organisation en l'accusant de l'avoir escroqué en le privant d'une prime à la signature de 500 000 $ ; Selon lui apès que Dana ait promis aux combattants qu'il va prendre soin d'eux, les rendre riches, qu'il ne les trompera jamais, il contrôle « de A à Z » les contrats avec les combattants, et s'il l'un d'entre eux « fait des vagues, il est immédiatement mis à l'écart. La plupart des combattants peinent à joindre les deux bouts, n'ayant l'opportunité de combattre que trois fois par an et ne gagnant qu'entre 6 000 et 10 000 dollars par combat. Maintenant que ce sport est florissant, les athlètes de l'UFC méritent un traitement digne de ce nom »[5].

Un possible mouvement de syndicalisation est évoqué[5].

Certains espèrent des salaire ou primes plus élevés chez le concurrent émergent de D White : Mark Cuban, le milliardaire propriétaire des Dallas Mavericks, dont la chaîne câblée HDNet diffuse aussi des combats de MMA[5].

Acte caritatif

Notes et références

Annexes

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