Né en 1616 à Abergavenny (pays de Galles), de père protestant et de mère catholique, David est le fils ainé de neuf garçons. Il est éduqué dans la tradition anglicane, d'autant plus que le directeur de l’école n'est autre que son père. Il fait ensuite des études de droit au Middle Temple de Londres.
À 16 ans, il accompagne la famille du comte Savage à Paris, dont il est précepteur du fils. Il s'y convertit au catholicisme. Ses parents étant décédés, David Lewis se rend à Rome en pour y étudier les sciences sacrées, il est admis au collège anglais. À la fin de ses études, il est ordonné prêtre le . Deux ans plus tard, il entre dans la Compagnie de Jésus, le .
En 1646, le noviciat à peine terminé, Lewis est envoyé dans son pays natal, le pays de Galles mais revient presque aussitôt à Rome (1647), appelé à être le guide spirituel des séminaristes du collège anglais. En 1648, il revient définitivement au pays de Galles, et s’installe à Cwmbran, un gros bourg où les Jésuites ont une petite résidence.
Prêtre catholique clandestin
Durant une trentaine d’année, il est missionnaire dans les campagnes des environs, faisant montre d’une attention particulière pour les pauvres et les nécessiteux. Par deux fois (1667-1672 et 1674-1679) il est supérieur des Jésuites de la région, à la frontière entre Hereford et Gwent.
En 1678, la soi-disant découverte d’un complot papiste contre le roi d’Angleterre, une cabale fabriquée par Titus Oates et des amis anglicans, entraine une violente réaction anticatholique et de nouvelles persécutions. Les Jésuites doivent quitter leur résidence de Cwmbran et se cachent où ils peuvent. Mais David Lewis est bientôt trahi par un ancien serviteur de la résidence jésuite, qui avait été remercié pour indélicatesse financières. Il est arrêté alors qu’il s’apprête à célébrer la messe dans une maison proche de l'abbaye de Llantarnam (Cwmbran), à l’aube du dimanche , et le traître reçoit la récompense promise…
Condamnation et exécution
Après son interrogatoire à Abergavenny, il est incarcéré à Monmouth. En , il est transféré à Usk. Dans la prison il continue son ministère sacerdotal auprès des catholiques emprisonnés. En jugement à Monmouthshire en , il est condamné comme traître car coupable d'avoir célébré des messes catholiques alors que c’était interdit.
De Usk il est cependant emmené à Londres, avec Jean Wall et Jean Kemble, pour d’autres interrogatoires concernant le complot papiste. Rien n’est retenu contre lui dans cette affaire et il est renvoyé sous bonne garde à Usk. Il y reste encore trois mois en prison.
L’exécution est fixée au . Le prêtre jésuite a l’occasion de s’adresser une dernière fois à la foule: «Je meurs non pas comme assassin, voleur ou malfaiteur, mais comme chrétien, et je n’en ai donc aucune honte». Il réaffirme son innocence dans tout ce qu’on lui reproche et continue: «Je suis catholique et prêtre catholique; prêtre catholique de cet ordre religieux appelé Compagnie de Jésus à laquelle je remercie Dieu de m’avoir appelé. Je suis condamné pour avoir célébré la messe, entendu les confessions et administré les sacrements. Et donc je meurs pour ma religion». Il termine en encourageant ceux qui sont présents à être solides dans leur foi.
Son éloquence touche la foule à un point que le bourreau abandonne les lieux craignant la réaction du peuple. Un autre est appelé pour terminer la tâche. David Lewis est pendu, traîné et équarri ().