Denis Olivennes

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Denis Olivennes
Denis Olivennes
Denis Olivennes en 2009.
Fonctions
Président
Editis
depuis
Président du conseil de surveillance
CMI France (d)
depuis
Directeur général (en)
Libération
-
Directeur général (en)
Europe 1
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Père
Armand Olivennes ou Benjamin Olivennes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
François Olivennes (en)
Frédéric Olivennes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Inès de La Fressange (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions

Denis Olivennes, né le dans le 16e arrondissement de Paris, est un haut fonctionnaire, chef d'entreprise et essayiste français. Il est Directeur général adjoint chargé des affaires sociales d'Air France, Président de Numericable, Directeur général de Canal+, Président-directeur général de la Fnac, du Nouvel Observateur puis d'Europe 1 et de Lagardère Active, et Président du conseil de surveillance de CMI France. De à 2022, Denis Olivennes est cogérant du quotidien français Libération. Le , il est devenu Président d'Editis.

Famille et vie privée

Denis Olivennes est né le à Paris. Issu d'une « famille juive allemande »[1], il a grandi dans une famille « bourgeoise », dans une fratrie de trois garçons [1]. Son père , Armand Olivennes « de son vrai nom Olievenstein », était psychiatre et poète[1]. Le docteur Claude Olievenstein, psychanalyste et médecin spécialisé en toxicomanie était son oncle paternel[2]. Sa mère Maria Landau est psychanalyste.

Son frère aîné, François Olivennes, est un médecin et professeur renommé en gynécologie et en obstétrique. Son plus jeune frère, Frédéric, a dirigé un temps Radio Classique avant de devenir le Directeur général du groupe Audiens[1].

Divorcé d'Angélique Berès, fille de Pierre Berès, Denis Olivennes est l'époux de l'ex-mannequin Inès de La Fressange[3]. Il est le père de Benjamin Olivennes, normalien (promotion 2009)[4], de Simon Olivennes[5], également normalien (promotion 2013)[6], président de la section du Parti socialiste de l'ENS[7], et de Paul Olivennes.

Jeunesse et études

À 15 ans, il est membre d'un groupuscule d'extrême gauche proche de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), dans ce qu'on appelle les comités rouges. Il deviendra plus tard membre du CERES, classé à l'aile gauche du Parti socialiste, puis se rapprochera de Laurent Fabius[8],[9],[10].

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (1980 L), il est agrégé de lettres modernes[11], diplômé de l'IEP de Paris (1985, section Service Public)[12] et ancien élève de l'ENA (promotion Michel de Montaigne, 1986-1988)[13].

Carrière

Débuts professionnels

Denis Olivennes commence sa carrière en tant qu'auditeur à la Cour des comptes, avant de devenir en 1992 le conseiller du Ministre de l'économie et des finances, puis du Premier ministre Pierre Bérégovoy. En 1993, il rejoint le groupe Air France, dont il deviendra secrétaire général. Il intègre la promotion 1996 des « Young Leaders » de la French-American Foundation[14]. Il quitte Air France en 1997 et devient Président-directeur général de CGV[15],[16],[17]. Il collabore dans le même temps à la Fondation Saint-Simon, qui réunit alors dirigeants d'entreprises, politiciens et hauts fonctionnaires dans le but de promouvoir les idées libérales[18].

Le Ministre de l’Économie et des Finances Laurent Fabius lui propose en la fonction de Directeur de cabinet mais il décline l'offre[19].

Dirigeant d'entreprise

Canal+

À la suite de la fusion, le , de Canal+, Vivendi et Universal dans l'entité Vivendi Universal (VU), Olivennes devient Directeur général de Canal+ France et, de fait, le principal dirigeant effectif de la chaîne, Pierre Lescure, co-Directeur général, passant l'essentiel de son temps à Los Angeles où il supervise les activités d'Universal. Dans le même temps, Jean-Marie Messier met en place un plan d’économies drastique. En France, Canal+ doit réaliser 400 millions d'euros d'économies sur deux ans et un plan social qui prévoit 217 licenciements. Les tensions qui règnent avec Vivendi causées par les mesures d'économies imposées entraînent le départ d'Olivennes le — avec une indemnité de départ de 3,2 millions d'euros[20].

PPR

Olivennes rejoint la même année le groupe PPR (renommé Kering) en tant que Directeur général distribution, puis est nommé en 2003 à la tête du groupe Fnac en tant que Président-directeur général. Il y mène plusieurs projets, notamment l’ouverture des magasins Fnac en périphérie des grandes agglomérations, et met sur pied le site Internet fnac.com. En 2007, la Fnac réalise un de ses meilleurs exercices financiers depuis 10 ans[21]. Il organise en 2007 un stage pour Pierre, le fils aîné de Nicolas Sarkozy, intégré sous une fausse identité[5].

Le Nouvel Observateur

En , Denis Olivennes quitte la Fnac et le groupe Kering pour rejoindre Le Nouvel Observateur en tant que Directeur général délégué et directeur de la publication[22],[23]. Il est alors décrit par Le Monde comme le « fils chéri de la gauche bobo »[24].

Groupe Lagardère

Fin 2010, Olivennes quitte le magazine pour succéder à Alexandre Bompard à la tête d'Europe 1[25],[26]. Au sein du groupe Lagardère, il est Président-directeur général d'Europe 1 et responsable du pôle d'information de Lagardère Active[27] (Paris-Match, JDD, Newsweb). Le , il est nommé président de Lagardère Active[28],[29]. Les résultats 2015 montrent un redressement de la rentabilité de cette société et permettent à Olivennes de continuer la mue du groupe en poursuivant le rapprochement entre le JDD et Europe 1[30],[31].

En , Arnaud Lagardère fait part de l'augmentation de la rentabilité de Lagardère Active[32] pour l'exercice 2016. En avril de la même année, il annonce qu'il prend la présidence de la radio pour redresser les audiences[33]. En juillet, le groupe Lagardère annonce l'augmentation de la rentabilité de Lagardère Active au premier semestre 2017[34]. En septembre, Denis Olivennes annonce qu'il ouvre un « nouveau cycle stratégique après un cycle de transformation réussie » qui a vu le résultat opérationnel augmenter de 21 %[35].

À partir de , il conduit le processus de cession des activités de presse, de radios internationales, de numérique et de télévision par le groupe Lagardère, « mené en un semestre et qui devrait rapporter un montant de 400 millions d'euros, conforme à ce que le vendeur espérait[36]. »

En , devant les parlementaires de la mission d'information sur une nouvelle régulation de la communication à l'ère numérique de l'Assemblée nationale, Denis Olivennes rappelle qu'en dépit d'une perte de 12 % de son chiffre d'affaires entre 2012 et aujourd'hui, essentiellement dans la presse, Lagardère Active a vu sa rentabilité opérationnelle gagner 40 % et son chiffre d'affaires à l'international grimper à près de 40 %[37].

En , dans un article du Figaro[38], il révèle son prochain départ de Lagardère Active et dresse le bilan de son action en disant qu'entre 2012 et 2017, hors Europe 1, le résultat opérationnel a augmenté de 40 %.

Groupe CMI France

En , Denis Olivennes est nommé à la présidence non-exécutive le groupe CMI France, le regroupement de médias de Daniel Křetínský qui compte neuf titres (Marianne ainsi que les huit publications rachetées à Lagardère Active[39]).

En , le montant de la vente de Lagardère Active est connu : 1 milliard d'euros[40], « le double de la valorisation estimée par les analystes » rapporte Challenges. Dans une interview accordée à L'Express, Denis Olivennes rappelle : « quand je suis arrivé à Europe 1, elle était la troisième radio généraliste et la quatrième radio nationale, on était à 8,9 points d'audience. Quand j'ai quitté Europe 1, elle était la troisième généraliste et la quatrième nationale, à 8,1 points. Aujourd'hui, elle est à 6,4 points, sixième radio généraliste, huitième ou neuvième radio nationale[41]. »

En 2021, avec Jean-François Kahn, Olivennes a l'idée de créer, dans CMI France, le magazine Franc-Tireur et d'en confier la direction à Caroline Fourest et Raphaël Enthoven. L'hebdomadaire est salué comme un succès[42] et atteint une diffusion de 60 000 exemplaires.

En , il annonce que CMI cherche un repreneur pour le journal Marianne confirmant un « hiatus entre les aspirations de l'actionnaire europhile et la ligne éditoriale souverainiste »[43]. En , CMI renonce finalement à la vente de Marianne et remplace Natacha Polony « qui a pris acte des difficultés à trouver une solution de reprise externe » et « choisi de partir »[44] par Fréderic Taddeï comme Directeur du magazine et Eve Szeftel, venue de Libération, comme directrice de la rédaction[45].

Le , l’Arcom annonce ne pas renouveler les fréquences de C8 et NRJ 12 et retenir le projet de Ouest-France d’une part et de CMI (Réels TV) d’autre part. Denis Olivennes a défendu de projet devant l’Arcom le en compagnie de Raphaël Enthoven, Caroline Cochaux, Ava Djamshidi (directrice du magazine Elle) et Giuseppe de Martino[46]. Dans Stratégies, il précise :  nous allons « faire une télévision en trois D — documentaires, débats, divertissement — "récréativement raisonnable", qui nuise à la bêtise et arme la sagesse sans qu’on s’embête[47]. »

En , Il intervient dans le rachat par CMI du studio de podcast Louie Média[48].

Libération

Le , il est nommé cogérant et directeur général du quotidien français Libération[49]. « À la suite de l'annonce de la création du FDPI (Fonds de dotation pour une presse indépendante) garantissant la stabilité et l'indépendance actionnariales de Libération, le management du titre est renforcé : Denis Olivennes est nommé DG et co-gérant de Libération. A l'issue de la création du Fonds de dotation, il prendra la présidence de Presse Indépendante SAS, société chargée du management de journal, dont il aura le contrôle opérationnel » précise un courriel envoyé aux salariés dans le journal Le Point[50]. Dans Les Échos[51], ses propos devant les salariés réunis en assemblée générale sont repris : « Je remercie Patrick Drahi pour l'honneur qu'il me fait. Avec les équipes de Libération, nous allons travailler ensemble à construire l'avenir du journal, dans la fidélité à son histoire et le respect scrupuleux de ses valeurs de quotidien de gauche. »

Le , par une majorité de 90,8 %, les journalistes de Libération approuvent la proposition de Denis Olivennes de nommer le journaliste et écrivain franco-israélien Dov Alfon directeur de la rédaction à la suite de la vacance laissée par Laurent Joffrin. Dov Alfon devient également directeur de la publication en remplacement de Denis Olivennes et cogérant du journal en compagnie de ce dernier[52],[53].

En , la SARL Libération passe à SAS Presse indépendante, détenue à 99,99 % par un fonds de dotation indépendant  le Fonds de dotation pour une presse indépendante (FDPI) , et à 0,01 % par Denis Olivennes Conseil, tandis que Denis Olivennes lui-même  qui détient des actions à droit de vote préférentiel et le contrôle de SAS Presse indépendante, ainsi qu'un droit de préemption des actions du fonds en cas de cession  reste cogérant du quotidien. La question de la soi-disant indépendance du quotidien se pose alors, d'autant plus qu'Altice, la maison-mère de SFR, conserve une forte influence sur le journal. Ses cadres, Olivennes y compris, sont présents à tous les étages du montage juridique qui permet de le contrôler[54].

Depuis le , Denis Olivennes n'est plus directeur général et co-gérant de Libération, mais président Presse Indépendante SAS (PIsas)[55] qui est propriétaire de Libération. Daniel Křetínský est entré dans le Fonds de dotation pour la presse indépendante, propriétaire de Libération via PIsas, et a prêté 14 millions à Libération qui résout le financement de son développement[56]. Il a accru son prêt en 2023[57].

En 2023, Libération enregistre la plus forte hausse de diffusion de la presse quotidienne nationale[58]. En , Libération annonce sur son compte X avoir franchi pour la première fois de son histoire le cap des 100 000 abonnés. En juillet de la même année, alors qu'il s'y était engagé, Olivennes signe avec la société des journalistes un accord qui accroît les droits de gouvernance des journalistes[59].

Editis

Le , la Commission européenne annonce le rachat d'Editis, deuxième groupe français d'édition, par Daniel Křetínský[60]. Le suivant, parallèlement à ses fonctions à CMI et PIsas, Denis Olivennes en prend la présidence, et déclare : « Pour concurrencer Hachette, Editis devra prendre plus de risques[61],[60]. » Il nomme Catherine Lucet Directrice générale[62].

En , Denis Olivennes est nommé Directeur général d'Editis, où il succède à Catherine Lucet qui devient Vice-présidente du groupe[63].

T18

La chaine de télévision T18 est lancée le . Denis Olivennes déclare vouloir en faire un espace télévisuel « raisonnable et distrayant »  et défend une ligne éditoriale fondée sur « la liberté, le pluralisme, l'indépendance, au moment où l'on voit émerger, partout en Europe, un risque illibéral, des deux côtés de l'échiquier politique, qui menace fondamentalement notre démocratie[64]. »

Émissions sur Public Sénat

Christopher Baldelli, président de la chaîne Public Sénat annonce en qu’il « va [lui] confier les rênes d’une nouvelle émission littéraire hebdomadaire[65]. » À la rentrée de , il cesse la présentation compte tenu de ses « nouvelles fonctions dans le monde de l’édition »[66]. Toujours sur Public Sénat, il prend en charge la présentation d’Élémentaire, une nouvelle émission bimensuelle de 30 minutes[67].

Prises de position

Le journal Le Point décrit Denis Olivennes comme « attaché aux valeurs de la gauche [et] à l'économie de marché ».[réf. nécessaire]

Dans son essai Un étrange renoncement (2021), il prend position en faveur de politiques privilégiant la croissance économique et attaque les positions de la militante écologiste Greta Thunberg, dont il estime que le « monde est un cauchemar »[68].

En , il publie La France doit travailler plus (et les Français être mieux payés) aux Éditions Albin Michel, où il soutient la thèse selon laquelle la France s’appauvrit parce que son taux d’emploi est trop faible et les prélèvements excessifs sur le travail découragent les jeunes, les femmes, et les personnes de plus de 60 ans de travailler. Selon le journal Le Figaro, « les tenants de ce discours ont pris une place considérable dans le débat public ces derniers mois à l’image de Denis Olivennes (…) qui a fait la tournée de plateaux (…) avec un certain succès »[69]. Les idées d'Olivennes sont reprises par François Bayrou et Gabriel Attal[70], Astrid Panosyan Bouvet[69] et Emmanuel Macron[71].

Le , lors d'une présentation de son Dictionnaire amoureux des juifs de France au Centre européen du judaïsme à Paris, Olivennes affirme, « participer à sa manière » à la « bataille » pour un meilleur traitement médiatique d'Israël, en particulier depuis « l'affaire de Gaza ». La diffusion d'un extrait de son intervention dans une vidéo sur les réseaux sociaux provoque une polémique. Olivennes affirme que cette vidéo a été tronquée, mais la rédaction de Libération réagit en faisant part de son inquiétude[72].

Engagement

Olivennes est Président du Comité de soutien de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)[73].

Réseau

Olivennes fait partie du club Le Siècle[74].

Décorations

Publications

Notes et références

Liens externes

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