Desmond Dekker
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Desmond Adolphus Dacres alias Desmond Dekker, né le à Kingston (Jamaïque) et décédé le à Thornton Heath (Angleterre), était un chanteur et un compositeur de reggae et de ska.
Thornton Heath, Grand Londres, Angleterre
| Surnom | Desmond Dekker |
|---|---|
| Nom de naissance | Desmond Adolphus Dacres |
| Naissance | |
| Décès |
(à 64 ans) Thornton Heath, Grand Londres, Angleterre |
| Activité principale | Chanteur |
| Genre musical | Reggae, rocksteady, ska |
| Années actives | 1967-2006 |
| Labels | Trojan Records |
| Site officiel | desmonddekker.com |
Desmond Dekker est l'un des premiers chanteurs jamaïcains connus en dehors de son pays. Avec son groupe The Aces, composé de Wilson James et Easton Barrington Howard, il a sorti le premier hit jamaïcain connu internationalement Israelites enregistré chez Leslie Kong’s Beverley Records.
Biographie
Jeunesse et formation (1941-1961)
Desmond Adolphus Dacres naît le à Saint Andrew, dans la banlieue de Kingston[1]. À la mort prématurée de sa mère, son père l'envoie vivre chez des proches à Seaforth, dans la paroisse de Saint Thomas, où il commence à chanter du gospel à l'église locale[1]. Il achève sa formation musicale à l'Alpha Boys' School de South Camp Road à Kingston, sous la direction de sœur Mary Ignatius Davies[1].
À la sortie de l'école, il devient apprenti tailleur, puis travaille comme soudeur chez Standard Engineering, où ses collègues, parmi lesquels le jeune Bob Marley, encouragent ses talents de chanteur[1],[2]. Il fréquente par ailleurs les sound systems de Maxfield Road[1]. Il situe l'origine de sa vocation musicale dans son enfance, après avoir entendu Stardust interprété par Nat King Cole[2]. Ses goûts musicaux se forment au contact du R&B et de la soul américains, notamment Otis Redding, Ray Charles, Count Basie, James Brown, Curtis Mayfield, Jackie Wilson et Louis Armstrong[2].
Débuts chez Beverley's Records (1961-1965)
En 1961, après des auditions infructueuses chez Clement Dodd au Studio One et chez Duke Reid à Treasure Isle, Dekker se présente chez Beverley's Records, le label du producteur sino-jamaïcain Leslie Kong, où il est auditionné par Derrick Morgan, qui assure alors les auditions du label aux côtés de Kong[1],[3]. Il y travaille pendant environ deux ans comme choriste de Morgan[3].
C'est également chez Beverley's qu'il rencontre Bob Marley, venu auditionner avec Judge Not[3].
En 1963, il enregistre aux Federal Studios son premier single, Honour Your Mother and Father[1]. Le titre se classe en tête des ventes locales et est suivi notamment par Parents, Dracula et Labour for Learning[1]. À partir du milieu des années 1960, il enregistre avec les Cherry Pies et connaît un succès avec King of Ska, qui contribue à le faire connaître[1]. Il forme ensuite son propre groupe vocal, The Aces, composé notamment de Wilson James et Easton Barrington Howard[4].
Succès international et période rude boy (1966-1969)
Influencée par la culture rude boy, sa production atteint un public international avec 007 (Shanty Town) en 1967, qui entre dans les classements britanniques et américains[4]. La chanson se distingue notamment par ses références à James Bond et au film Ocean's Eleven avec Frank Sinatra[4]. Elle rencontre un écho particulier au Royaume-Uni, notamment auprès du mouvement skinhead[1].
Selon Heather Augustyn, lors d'un séjour au Royaume-Uni en 1967, sa maison de disques anglaise Creole lui offre un costume sur mesure dont il raccourcit lui-même les jambes de quelques pouces. Le détail, repéré par les jeunes du public qui l'imitent, contribue à fixer la mode du pantalon roulé caractéristique des skinheads[5].
En 1968, après plusieurs succès, il enregistre Israelites, initialement intitulé Poor Me Israelites[1]. La chanson, écrite à Kingston, évoque les difficultés sociales en Jamaïque[2]. En , elle devient l'un des premiers titres reggae jamaïcains à entrer dans le top 10 britannique et américain[1].
Dekker décrit son approche comme celle d'un « newscaster », écrivant des chansons inspirées de la vie quotidienne[2].
Le succès d’Israelites contribue à la reconnaissance internationale du reggae et ouvre la voie à des artistes comme Jimmy Cliff et Bob Marley[1]. La chanson connaît également un écho dans la culture populaire britannique. Paul McCartney mentionne nommément Dekker dans le vers d'ouverture d'Ob-La-Di, Ob-La-Da, sur l'Album blanc des Beatles (1968)[1].
Installation au Royaume-Uni et années 1970
Au début des années 1970, Dekker s'installe au Royaume-Uni[6]. En 1970, sa reprise de You can get it if you really want de Jimmy Cliff atteint la deuxième place des classements britanniques[6]. Après la mort de Leslie Kong en 1971, son activité discographique ralentit, bien qu'il continue à se produire régulièrement en concert[6].
À la fin des années 1970, il signe avec Stiff Records et enregistre Black and Dekker (1980), puis Compass Point (1981)[6]. Ces albums ne rencontrent pas de succès commercial notable, et il déclare faillite en 1984[6].
Dernières années (1990-2006)
Au début des années 1990, l'utilisation d’Israelites dans une publicité pour les cassettes Maxell contribue à renouveler sa notoriété[6]. En 1992, il publie l'album King of Kings avec le groupe de ska revival The Specials[6], et enregistre en 2005 une nouvelle version reggae d'Israelites avec Apache Indian[6].
Il continue à se produire sur scène jusqu'en 2006. Son dernier concert a lieu le à l'université de Leeds[6]. Il meurt le à Thornton Heath, dans le Surrey, des suites d'un arrêt cardiaque[6].
Marié puis divorcé, il laisse deux enfants, Desrene Theresa et Desmond[6].