Dialogue interreligieux en France
From Wikipedia, the free encyclopedia
Se sentent liés en 2019 au[1] :
- Christianisme catholique (48 %)
- Christianisme protestant (3 %)
- Christianisme orthodoxe (0,6 %)
- Judaïsme (0,7 %)
- Islam (5,6 %)
- Hindouisme (0,4 %)
- Bouddhisme (2 %)
- Une autre religion (1 %)
- Aucune religion (38,7 %)




Le dialogue interreligieux en France, forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes, est rendu dynamique par la grande diversité de religions en France. Tout en étant un des plus vieux pays chrétiens, la France est le pays de l'Union européenne avec en valeur le plus grand nombre de musulmans, de juifs et d’athées. En volume, la proportion de musulmans est la deuxième d’Europe, après la Bulgarie, et de juifs la première d’Europe et troisième au monde, après les États-Unis et Israël. 34% des Français se déclarent agnostiques et 29% athées, la deuxième proportion d’Europe et quatrième au monde, après la Chine, le Japon et la République tchèque[2].
La laïcité en France est un principe juridique présent notamment dans la loi de séparation des Églises et de l'État promulguée en 1905. Elle garantit la liberté de conscience et la liberté d'expression et permet aux croyants de toutes religions et aux non-croyants de dialoguer librement sur un pied d'égalité. Les relations cordiales entre représentants des religions, à l'échelle du pays ou des communes se développent surtout à partir de l'ouverture à la modernité opérée par l'Église catholique après le concile de Vatican II[3],[note 1]. En parallèle, se créée des associations de croyants qui se rencontrent et tissent des liens d'estime réciproque en dehors des structures religieuses.
Relations interconfessionnelles
Les relations interconfessionnelles, entre représentants d'une même religion mais d'une confession différente se développent de façon différentes selon les religions. Les rapports au sein du christianisme en France, dits œcuméniques, se développent au niveau local à partir du concile de Vatican II, qui les autorise. En 1987 est fondé le Conseil d'Églises chrétiennes en France, qui rassemble des représentants d'Églises protestantes, orthodoxes et l'Église catholique en France, à travers la Conférence des évêques de France[4]. Les différents courants de confession protestante en France dialoguent au sein de la Fédération protestante de France, fondée en 1905[5]. Ceux de confession orthodoxe échangent au sein de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, fondée en 1997[6].
Les rapports au sein du judaïsme en France, entre synagogues de courants judaïsme orthodoxe, massorti ou réformé (libérales) d'une part et de liturgie ashkénaze ou séfarade d'autre part se déroulent au sein du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), fondé en 1944[7]. Le Consistoire central israélite de France rassemble la plupart des synagogues orthodoxes depuis 1808[8]. Le Judaïsme en mouvement, fondé en 2018, fédère les principales synagogues libérales[9].
Le Conseil français du culte musulman, fondé en 2003, peine à faire dialoguer les différentes composantes de l'islam en France, entre mosquées principalement d'origines algériennes, marocaines et turques d'une part et courant sunnites et chiites d'autre part.
Les différentes tendances du bouddhisme en France dialoguent au sein de l'Union bouddhiste de France, fondé en 1986. Y échangent des représentants des courants du bouddhisme tibétain, theravāda ou mahāyāna d'une part et pagodes et dojos d'origines chinois, vietnamiens ou occidentaux d'autre part[10].
Relations interreligieuses
La Conférence des responsables de culte en France, créée le , regroupe six instances responsables des Églises chrétiennes, du judaïsme, de l'islam et du bouddhisme en France. Elle est présidée par le pasteur réformé François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France[11],[12]. Ces responsables sont rassemblés chaque janvier à l'Élysée lors de la Cérémonie des vœux du Président de la République aux représentants des cultes.
La Fédération protestante de France dispose d'un Conseil pour les relations avec le judaïsme depuis 1947 et d'une Commission des relations avec l'islam depuis 1974[13],[14]. La Conférence des évêques de France dispose d'un Service national des relations avec le judaïsme (SNRJ), fondé en 1969 par le Père dominicain Bernard Dupuy, et d'un Service national pour les relations avec les musulmans, fondé en 1975 par le Père blanc Michel Lelong. Elle coordonne un réseau de prêtres chargés du dialogue interreligieux dans certains diocèses[15],[16],[17].