Diocèse de Bourg-en-Bresse
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| Diocèse de Bourg-en-Bresse | |
Co-cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Pays | Savoie |
| Création | 1515 |
| Suppression | 1534 |
| .html (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org | |
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Le diocèse de Bourg-en-Bresse est un diocèse catholique dont le siège était à Bourg-en-Bresse, qui a existé en 1515-1516 puis de 1521 à 1534. Le pape Léon X le crée en 1515 à la demande du duc de Savoie Charles III mais le supprime l'année suivante sur pression du roi de France François Ier.
L'évêché de Bourg est toutefois érigé de nouveau en 1521 par Léon X. L'évêque est Louis de Gorrevod, un fidèle de Marguerite d'Autriche, veuve de Philibert II de Savoie. Le ressort diocésain est constitué d'une partie du diocèse de Lyon, dont l'archevêque et le chapitre protestent. À Bourg-en-Bresse, l'église est transformée en cathédrale et un chapitre est installé. Cependant, les pressions lyonnaises aboutissent en 1534, quand le pape Paul III supprime définitivement l'évêché de Bourg.
Première création, 1515-1516
Le , le duc de Savoie Charles III ou II obtient du pape Léon X la création de l'évêché de Bourg-en-Bresse[1],[2]. Cette décision fait partie d'une politique de restructuration des territoires ecclésiastiques menée par le duc de Savoie. Est ainsi créé en même temps l'archidiocèse de Chambéry, dont le territoire est pris sur le diocèse de Grenoble, tandis que le diocèse de Turin est érigé en archidiocèse[3],[2],[4]. Cette création est également soutenue par Marguerite d'Autriche, veuve de Philibert II de Savoie, frère de Charles III[5],[4].
Le duc de Savoie juge probablement que les circonscriptions ecclésiastiques de son territoire, un seul archidiocèse, celui de Tarentaise et quelques évêchés, Genève, Saint-Jean-de-Maurienne, Aoste, Nice, ou Turin sont insuffisantes pour conforter son rang princier. Par ailleurs, le roi de France a des droits dans la collation de bénéfices dans le diocèse de Lyon, qui normalement ne s'appliquent pas dans la partie de celui-ci qui fait partie du Saint-Empire. L'érection du diocèse de Bourg-en-Bresse sur ce territoire est un moyen de limiter l'influence du roi de France dans les États de Savoie[2]. Le pape et le duc de Savoie sont alors proches, la sœur du duc, Philiberte de Savoie, épousant en Julien de Médicis, frère de Léon X[6],[2],[7].
La bulle pontificale du qui érige le diocèse de Bourg-en-Bresse justifie cette décision par la présence de nombreux monastères, d'une chambre des comptes et d'un conseil qui y rend la justice[8],[9]. Elle définit le territoire de ce nouveau diocèse : il s'agit de la partie du diocèse de Lyon situé à l'est du Rhône et de la Saône, dans le Saint-Empire, soit neuf archiprêtrés s'étendant sur la Bresse, une partie du Bugey et la Dombes qui dépend du duc de Bourbon[9],[10].

L'évêque choisi pour ce nouveau diocèse est Louis de Gorrevod, un fidèle du duc de Savoie et de Marguerite d'Autriche, veuve de Philibert II de Savoie. Il est évêque de Maurienne depuis 1499, siège qu'il conserve malgré sa nomination à Bourg-en-Bresse, et abbé commendataire d'Ambronay[12],[13]. Même si Louis de Gorrevod est un proche de Marguerite d'Autriche, sa désignation comme évêque de Bourg doit probablement bien plus au duc lui-même[14]. Sa famille est très implantée dans la région, puisque son frère, Laurent de Gorrevod, est gouverneur de Bresse[12]. Il a pu intercéder en faveur de son frère[15].
La création du diocèse est bien accueillie à Bourg-en-Bresse. Le conseil de ville l'approuve, même s'il a des difficultés à réunir les 1 360 ducats à payer pour la rédaction des bulles d'érection du diocèse. Le , une grande procession de fête est organisée dans la ville. Toutefois, les autorités municipales ne savent pas vraiment selon quel protocole organiser l'entrée officielle de l'évêque[16],[17]. Ce dernier nomme un vicaire et un official et fait célébrer une première messe épiscopale à la Toussaint[18].
Cependant, le roi de France François Ier et sa mère Louise de Savoie, manifestent leur mécontentement auprès du frère de Louise, Charles III de Savoie, et de Léon X. Ils agissent ainsi à la demande de l'archevêque de Lyon et de son chapitre, à qui la création du nouveau diocèse fait perdre un territoire étendu[19],[20]. Après la bataille de Marignan, le pape Léon X se rapproche de la France, avec qui il signe le concordat de Bologne le . En conséquence, il annule l'érection des diocèses de Bourg et de Chambéry le [21],[19],[22].
Nouvelle érection, 1521-1534
Le duc de Savoie refuse cette suppression. Son attitude crée de l'inquiétude à Bourg, où l'on a peur de l'arrivée de troupes envoyées de Lyon[23],[22]. Louis de Gorrevod, qui continue à user de son titre d'évêque de Bourg, est nommé en ambassadeur du duc de Savoie auprès de Marguerite d’Autriche[24],[25].. Par différentes lettres, celle-ci cherche à faire rétablir l'évêché de Bourg-en-Bresse[26]. Elle obtient gain de cause le , date des bulles de Léon X qui érigent à nouveau Bourg-en-Bresse en évêché, sur les mêmes fondements qu'en 1515[21],[5],[27],[26],[25].
Après le rétablissement de l'évêché, Louis de Gorrevod agit pleinement à Bourg en tant qu'évêque. Il autorise le financement d'un hôpital pour les pestiférés et les lépreux en 1525. L'église commence à être appelée cathédrale à partir de 1527 et l'évêque ne s'intitule plus évêque de Maurienne, mais uniquement episcopus Burgensis, évêque de Bourg à partir de 1528. Le , il est promu cardinal par le pape Clément VII, qui le nomme l'année suivante légat apostolique en Savoie[28],[29]. Il est remplacé sur les sièges de Maurienne et de Bourg par Jean-Philibert de Challes, évêque de Bourg jusqu'à la suppression de cet évêché en 1534[30].
Les bulles de 1515 et de 1521 instituent un chapitre de dix-sept chanoines, et comportant trois dignités en plus, un prévôt, placé à la tête du chapitre, un chantre et un sacriste[31],[32]. L'achèvement de la reconstruction de l'église Notre-Dame, commencée à la fin du XVe siècle, paraît encore plus nécessaire puisqu'elle devient une cathédrale, mais son financement, surtout assuré par la ville, pose problème[33],[32],[34].
En 1515, lors d'un séjour à Rome, Louis de Gorrevod et François Mareschal, baron de Meximieux et chambellan du duc de Savoie, obtiennent du pape l'érection de l'église Saint-Apollinaire de Meximieux et de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Pont-de-Vaux en collégiales. En 1523, la communauté de prêtres de Trévoux est également érigée en collégiale. De même, Clément VII accepte la création par le duc de Savoie et sa femme Béatrix de Portugal d'une collégiale à Montluel[35],[36],[37].
Vers la suppression définitive
Le rétablissement de l'évêché de Bourg suscite de nouveau l'opposition du roi de France, à la demande de l'archevêque de Lyon. En 1523, François Ier qualifie Louis de Gorrevod de « soit disant evesque dudit pretendu evesché de Bourg » et propose de confisquer une partie de ses revenus en tant qu'évêque de Maurienne, ceux du prieuré de Chavanoz, tant qu'il se maintient à Bourg. Toutefois, François Ier est accaparé par les guerres d'Italie. Sa défaite à Pavie en 1525 et son emprisonnement qui en est la conséquence éclipsent l'affaire de l'évêché de Bourg[38],[39].
C'est surtout le chapitre de Lyon qui tente d'agir pour obtenir la suppression de l'évêché de Bourg. Les chanoines insistent auprès de l'archevêque de Lyon et du roi, n'hésitant pas à aller à Paris et à rejoindre la cour. Ils sollicitent aussi l'ambassadeur du roi à Rome et des cardinaux. Finalement, en , des hommes d'armes envoyés par le chapitre de Lyon viennent à Bourg prendre possession de l'évêché et le duc de Savoie donne l'ordre au chapitre de Bourg de céder[38],[40].
Par une bulle datée du [41], le pape Paul III supprime définitivement l'évêché de Bourg[41],[42], dont le territoire réintègre le diocèse de Lyon. Le chapitre cathédral de Bourg est transformé en collégiale. En 1535, le roi fait verser une aide financière au chapitre de Lyon prise sur la régale de l'archevêché, pour le dédommager des frais qu'il a engagés pour obtenir la suppression de l'évêché de Bourg[42],[43]. Ainsi, le diocèse de Bourg-en-Bresse a duré un peu plus d'une douzaine d'années[30].
Notes et références
- ↑ Chagny 1905, p. 39.
- 1 2 3 4 Chopin 2021, § 4.
- ↑ Chagny 1907, p. 62.
- 1 2 Chopin 2022, p. 172.
- 1 2 Max Bruchet, Marguerite d’Autriche, duchesse de Savoie, Lille, Imprimerie L. Danel, , 496 p. (lire en ligne), p. 129.
- ↑ Chagny 1905, p. 134-135.
- ↑ Chopin 2022, p. 173.
- ↑ Chagny 1907, p. 64-69.
- 1 2 Chopin 2021, § 5.
- 1 2 Chopin 2022, p. 174.
- ↑ Chopin 2021, fig. 2.
- 1 2 Chopin 2021, § 6.
- ↑ Chopin 2022, p. 174-175.
- ↑ Chagny 1905, p. 147-148.
- ↑ Chagny 1905, p. 150.
- ↑ Chopin 2021, § 7.
- ↑ Chopin 2022, p. 175-176.
- ↑ Chopin 2021, § 11.
- 1 2 Chopin 2021, § 8.
- ↑ Chopin 2022, p. 176.
- 1 2 Chagny 1905, p. 40.
- 1 2 Chopin 2022, p. 177.
- ↑ Chopin 2021, § 9.
- ↑ Chopin 2021, § 12.
- 1 2 Chopin 2022, p. 178.
- 1 2 Chopin 2021, § 10.
- ↑ Pepin 1939, p. 13.
- ↑ Chopin 2021, § 13.
- ↑ Chopin 2022, p. 179.
- 1 2 Pepin 1939, p. 14.
- ↑ Pepin 1939, p. 11.
- 1 2 Chopin 2021, § 14.
- ↑ Pepin 1939, p. 15-19.
- ↑ Chopin 2022, p. 179-180.
- ↑ Hervé Chopin, « Les collégiales séculières de l'ancien diocèse de Lyon, du IXe siècle à la première moitié du XVIe siècle », dans Nicolas Reveyron, Olivia Puel et Charlotte Gaillard (dir.), Architecture, décor, organisation de l'espace : Les enjeux de l'archéologie médiévale, Alpara, coll. « DARA » (no 38), (ISBN 978-2-35668-192-8, DOI books.alpara.3731, lire en ligne), p. 123–130.
- ↑ Chopin 2021, § 15.
- ↑ Chopin 2022, p. 181-182.
- 1 2 Chopin 2021, § 16.
- ↑ Chopin 2022, p. 182-183.
- ↑ Chopin 2022, p. 184-185.
- 1 2 Chagny 1905, p. 41.
- 1 2 Chopin 2021, § 17.
- ↑ Chopin 2022, p. 185-186.
Voir aussi
Bibliographie
- André Chagny, « L'Évêché de Bourg-en-Bresse 1515-1516, 1521-1534 », Bulletin de la société Gorini, vol. 2, , p. 39-49, 131-158 (lire en ligne).
- André Chagny, « L'Évêché de Bourg-en-Bresse », Bulletin de la société Gorini, vol. 3, , p. 48-66, 144-176 (lire en ligne).
- André Chagny, « L'Évêché de Bourg-en-Bresse », Bulletin de la société Gorini, vol. 4, , p. 62-84 (lire en ligne).
- André Chagny, Un Évêché bressan au seizième siècle. Étude historique sur son érection, Lyon, s.d..
- Hervé Chopin, « L'éphémère évêché de Bourg-en-Bresse (1515-1535) », dans Vincent Flauraud et Stéphane Gomis (dir.), Les nouveaux territoires diocésains : De l’époque médiévale à nos jours, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, coll. « Histoires croisées », , 57–72 p. (ISBN 978-2-38377-328-3, DOI 10.4000/13hwq, lire en ligne).
- Hervé Chopin, Occupation et utilisation de l'espace dans le monde canonial au Moyen Age : L'exemple du diocèse de Lyon (thèse de doctorat d'histoire), Lyon, Université Lumière Lyon 2, , 683 p. (lire en ligne).
- Marie-Joseph Hamon-Pitre, « L'éphémère évêché de Bourg », Visages de l'Ain, no 17, , p. 32-38.
- Chanoine Pepin, « Les chanoines de Bourg et les syndics de la Cité », Annales de la Société d'Émulation de l'Ain, vol. 61, , p. 3-32 (lire en ligne).