Diplomatie des otages

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La diplomatie des otages désigne une pratique consistant, pour un État à arrêter et détenir des ressortissants (ou des doubles nationaux) afin d’exercer une pression sur leur pays d’origine, ou sur une nation ou alliance tierce en s’en servant comme levier de négociation ou monnaie d’échange pour obtenir des faveurs politiques. Cette pratique, née dans l’Antiquité et le plus souvent attribuée à la République islamique d'Iran, à la Chine, à la Corée du Nord, au Venezuela ou à la Russie est aujourd’hui largement condamnée par la communauté internationale, bien qu’aucun traité ne l’interdise officiellement.

Dans son ouvrage Otages : une histoire. De l’Antiquité à nos jours, l’auteur et historien Gilles Ferragu souligne que l’utilisation de prisonniers comme “monnaie d’échange” a toujours été un rouage essentiel des relations entre États. Au XIXe siècle, il se produisit encore que des prisonniers soient même utilisés comme boucliers humains, jusqu’en 1945, quand la pratique devint illégale. Néanmoins, cette pratique est aujourd’hui utilisée par certains groupes terroristes, comme le FARC en Colombie ou l'État islamique.

On retrouve aussi des traces de cette pratique dans la Chine antique, pendant la période des Zhou orientaux. Dans ce cas précis, les États vassaux échangeaient volontairement des otages, en signe de confiance mutuelle. Ces otages étaient surnommés zhìzǐ (質子) soit “fils otage”, car ces otages étaient les fils des dirigeants de leur État vassal de provenance.

Dimension Juridique

Bien que la pratique de diplomatie des otages soit aujourd’hui largement condamnée par la communauté internationale, aucun traité ne l'interdit officiellement. Cependant, il existe bien une convention internationale qui criminalise la prise d’otages. En effet, La convention internationale contre la prise d'otages (en) (adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le en tant que résolution 34/1461) définit la prise d’otages comme une infraction pénale internationale et impose aux États de coopérer pour prévenir et punir ce crime, sous peine de recevoir des sanctions.

La plupart des instruments relatifs au droits de l’Homme condamnent la coercition et la détention arbitraire. Le principe « No one shall be subjected to arbitrary arrest or detention  » figurant dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) sert ainsi d’outil de contradiction à ce genre de pratiques. En , le Canada lançait une Initiative contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État (hostage diplomacy). Le G7, dans un communiqué en , a explicitement condamné ce type de détention comme contraire au droit international des droits de l’homme.

Les États et le droit international face à la coercition

Les moyens dont disposent les États pour contrer la diplomatie des otages sont réduits en cela que cette pratique n’est pas illégale, mais ils existent tout de même. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Working Group on Arbitrary Detention, WGAD) peut être saisi pour prodiguer une expertise sur la nature du caractère arbitraire d’une détention afin de renforcer la pression diplomatique.

Les États ou des alliances internationales peuvent aussi imposer des sanctions ciblées (gel d’avoirs, interdiction de voyager, coupure des coopérations commerciales, universitaires, militaires) contre des responsables ou des institutions d’un pays détenteur qui pratiquent ou facilitent la détention arbitraire. Les États ou les familles peuvent également saisir la Cour Internationale de Justice. Des ONG, des particuliers ou des associations peuvent aussi sensibiliser en public en publiant des rapports mettant en cause l’usage de cette pratique, à nouveau dans une optique d’exercer une pression diplomatique.

Exemples modernes

Références

Sources

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