Disulfure de vanadium
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Le disulfure de vanadium est le composé chimique de formule chimique VS2. C'est le plus courant des sulfures de vanadium. Caractérisé par une structure en feuillets 2D, liés par les interactions de Van der Waals, il possède des propriétés électromagnétiques variées, utilisées notamment dans le domaine du stockage d'énergie ou de la catalyse[1],[2].
Synthèse par dépôt en phase vapeur (CVD)
Le disulfure de vanadium peut être synthétisé par diverses méthodes chimiques comme le dépôt en phase vapeur (CVD), les voies hydrothermales, la synthèse solvothermale (en) ou l’exfoliation (chimie) (en) (permettant d'obtenir différentes morphologies tels que les nanofeuillets, nanotubes ou microsphères)[3],[4],[5] ainsi que l'épitaxie par jets moléculaires.
La synthèse du VS2 par la méthode APCVD (dépôt chimique en phase vapeur à pression atmosphérique) se déroule comme le schéma suivant le montre.

Il existe différentes conditions expérimentales pour la synthèse par méthode CVD selon le type de précurseurs, la température et la durée de l’expérience.* Précurseurs : Le trichlorure de vanadium (VCl3) et le soufre solide (S) sont placés en amont du four.
- Substrats : Plusieurs types de support sont positionnés en aval. Le dioxyde de silicium sur silicium (SiO2/Si), ou du nitrite de bore hexagonal (h-BN/SiO2/Si) peuvent être utilisés.
- Transports et réaction : Un flux continu de gaz porteur, composé d'un mélange d'argon (Ar) et de dihydrogène (H2), entraîne les vapeurs des précurseurs vers la zone de réaction.
| Produits | Méthode | Précurseurs | Température | Durée | Morphologie |
|---|---|---|---|---|---|
| VS2 | CVD | S, VCl3 | 650 °C | 20 min | Nanofeuillets[7] |
| VS2 | CVD | S, VCl3 | 600 °C | 10 min | Nanofeuillets[8] |
| VS2 | CVD | S, VCl3 | 550 °C | 10 min | Nanofeuillets[9] |
| VS2 | CVD | S, VCl3, papier CNT | 750 °C | 10 min | VS2
nanofeuillets sur papier CNT[10] |
Synthèse par méthode hydrothermale
Le disulfure de vanadium peut être synthétisé par la méthode hydrothermale.

La synthèse repose sur la réaction de précurseurs en solution au sein d'un milieu clos.
Précurseurs : Le métavanadate d’ammonium (NH4VO3) est utilisé comme source de vanadium, dissous dans un mélange d'eau déminéralisée et d'ammoniaque. Le thioacétamide (CH3C(S)NH2) est ensuite ajouté en tant que précurseur de soufre.
Traitement thermique : Le mélange homogène est placé dans un autoclave en acier revêtu de téflon. La réaction s'effectue à une température de 180 °C pendant une durée de 20 heures.
Post-traitement : Après un refroidissement à température ambiante, le produit solide est récupéré par lavage à l'eau déminéralisée, puis séché à 60 °C.
Il existe différentes conditions expérimentales pour la synthèse par méthode hydrothermale selon le type de précurseurs, la température et la durée de l’expérience.
| Produits | Méthode | Précurseurs | Température | Durée | Morphologie |
|---|---|---|---|---|---|
| VS2 | Hydrothermale | NH4VO3, TAA, NH3· H2O | 180 °C | 20h | Nanofeuillets |
| VS2 | Hydrothermale | NH4VO3, TAA, NH3· H2O | 180 °C | 20h | Semblable à une fleur[11] |
| VS2 | Hydrothermale | NH4VO3, TAA, NH3· H2O, PVP | 180 °C | 20h | Nanofeuillets[12] |
| VS2 | Hydrothermale | NH4VO3, TAA, NH3· H2O, PVP | 180 °C | 20h | Nanofeuillets empilés couche par couche[13] |
Synthèse par exfoliation
Une méthode très connue permettant d’obtenir des nanofeuillets de sulfure de vanadium est l'exfoliation (chimie) (en). Cette étape intervient après la synthèse de particules de VS2. Elle permet de séparer les différentes couches d’un matériau afin d’obtenir des feuillets en rompant les interactions de Van der Waals entre les couches empilées.

Il existe différentes conditions expérimentales pour l’exfoliation du VS2 selon le type de précurseurs, la température et la durée de l’expérience.
| Produits | Méthode | Précurseurs | Température | Durée | Morphologie |
|---|---|---|---|---|---|
| VS2 | Exfoliation | VS2· NH3 | 0 °C | 3h | Nanofeuillets ultra-fins[15] |
| VS2 | Exfoliation | Bulk VS2, formamide | 0 °C | 3h | Nanofeuillets[16] |
| VS2 | Exfoliation | Bulk VS2, formamide | 0 °C | 3h | Nanofeuillets[17] |
Autres méthodes
Il existe aussi différentes conditions expérimentales pour d’autres voies de synthèse selon le type de précurseurs, la température et la durée de l’expérience permettant d’obtenir des morphologies différentes.
| Produits | Méthode | Précurseurs | Température | Durée | Morphologie |
|---|---|---|---|---|---|
| VS2 | Recuit | Nanotubes d’oxyde de vanadium | 225 °C (H2S) | 22 h | Nanotubes[18] |
| VS2 | Hydrothermale, recuit | NH4VO3, TAA, NH3· H2O | 180 °C, 300 °C | 20 h, 2 h | Nanofeuillets[19] |
| VS2 | Solvothermale | NH4VO3, TAA, octylamine | 160 °C | 24 h | Nanofeuillets riches en défauts[20] |
| VS2 | Solvothermale | NH4VO3, TAA, 2-éthylhexylamine | 160 °C | 16 h | Nanofleurs[21] |
| VS2 | Solvothermale | VO(acac)2, cystéine, NMP | 200 °C | 8 h | Assemblages de nanofeuillets[22] |
D’autres sulfures de vanadium peuvent être obtenus notamment par épitaxie par jet moléculaire. Cette technique permet alors de contrôler finement la formation de différentes phases bidimensionnelles dérivées de VS2 en ajustant la couverture en vanadium et la pression de soufre lors du recuit.
Structure
Le disulfure de vanadium possède une structure atomique atypique parmi les chalcogénures de métaux de transition, caractérisée par des couches atomiques de type feuillets organisées en plan bidimensionnel 2D.
Structure cristalline et organisation en feuillets des phases 2D
Le VS2 adopte une structure lamellaire se caractérisant par une très forte anisotropie. Dans cette configuration, chaque atome de vanadium est situé entre deux plans d’atomes de soufre, formant des feuillets Soufre - Vanadium - Soufre (S-V-S)[1]. Ces feuillets sont empilés les uns sur les autres et maintenus grâce à des forces de Van der Waals faibles, ce qui permet d’obtenir des monocouches atomiques ou nanofeuillets ultra fins[1],[23].
L’espacement inter-couches est d’environ 5,76 Å, ce qui confère au matériau une anisotropie structurale, avec des propriétés différentes selon les directions parallèles ou perpendiculaires aux feuillets[24].


Coordination du vanadium et état d’oxydation

Dans le VS2 chaque atome de vanadium est généralement coordonné de manière octaédrique par six atomes de soufre, formant un motif répétitif dans chaque feuillet[1]. Cette coordination octaédrique est caractéristique des dichalcogénures métalliques en structure 2D et contribue à la stabilité des feuillets[23].
L’état d’oxydation du vanadium est majoritairement +4, ce qui détermine la répartition des électrons dans les orbitales 3d et influence donc plusieurs propriétés telles que la conductivité ou la réactivité chimique du matériau[1],[24].

Autres phases du sulfure de vanadium
En absence partielle de soufre, des lacunes se forment spontanément et s’organisent en réseaux unidimensionnels, conduisant à une phase appauvrie en soufre de stoechiométrie V₄S₇, dont la structure atomique est identifiée grâce à la combinaison de microscope à effet tunnel et de calculs DFT[23]. En conditions riches en soufre, des couches ultraminces dérivées de V5S8 sont obtenues. Elles sont caractérisées par la présence de couches de vanadium intercalées et l’apparition d’une onde de densité de charge, qui confère des propriétés électroniques spécifiques[23].


Le tétrasulfure de vanadium (VS4) cristallise dans le groupe d’espace monoclinique C2/c et possède une structure quasi-unidimensionnelle en chaînes atomiques. Dans cette structure, les atomes de vanadium sont liés le long d’une direction horizontale, formant une chaîne de polyèdres ou les interactions des atomes de soufres et de vanadium se succèdent. Les interactions de type Van der Waals entre les chaînes sont faibles ce qui leur confère une anisotropie marquée.
