Djamila Amrane-Minne

historienne, Maître de conférence à l'Université d'Alger From Wikipedia, the free encyclopedia

Djamila Amrane-Minne[1], née Danièle Minne[2], est une écrivaine, poète, militante et professeure des universités née le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et morte le à Alger[3].

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Danièle Minne
Nationalités
Faits en bref Naissance, Décès ...
Djamila Amrane-Minne
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Danièle Minne
Nationalités
Formation
Activités
Mère
Conjoint
Ali Amrane (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Conflit
Directeurs de thèse
Annie Rey-Goldzeiguer, Christian Bec (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Fille et belle-fille d'activistes communistes condamnés à mort, elle est une militante du Front de libération nationale, une porteuse de valise et une poseuse de bombe pour le compte du FLN[4] à Alger durant la guerre d'Algérie. Elle bénéficie de l'amnistie générale de 1962.

Installée en Algérie, après l'indépendance, elle devient le premier professeur en histoire de nationalité algérienne. Mariée durant la guerre à Khellil Amrane[5], tué peu avant le cessez-le-feu, elle épouse en secondes noces le frère de Khellil Amrane, Rabah Amrane[6]. Elle porte en prénom son nom de guerre, Djamila. Durant les années 1990, fuyant la violence en Algérie, elle enseigne l'histoire de la décolonisation en France, à l'université Toulouse II-Le Mirail ; elle est membre du Groupe de recherche sur l'histoire immédiate[1].

Biographie

Famille

Les parents de Danièle Minne, Jacqueline Netter[7], d'origine rouennaise, et Pierre Minne, professeur de philosophie, arrivent en Algérie en 1948. Jacqueline Netter se remarie, en 1950, avec Abdelkader Guerroudj, militant du Parti communiste algérien ; institutrice à Négrier (aujourd'hui Chetouane) puis à Aïn Fezza près de Tlemcen elle adhère au Parti communiste algérien (PCA). En , Jacqueline et Abdelkader Guerroudj sont expulsés pour leurs activités. Après avoir passé quelques mois en France, ils rentrent à Alger et participent à partir de à l'organisation des Combattants de la libération et du Réseau bombes de Yacef Saâdi. Ils sont tous les deux condamnés à mort comme complices de Fernand Iveton, seul Européen guillotiné durant la guerre d'Algérie, mais seront graciés, avec Djamila Bouazza et Djamila Bouhired, le .

L'attentat de l'Otomatic (26 janvier 1957)

Danièle Minne participe en 1956 à la grève des étudiants et rejoint la rébellion des nationalistes algériens sous le nom de Djamila. Membre du « réseau bombes » du FLN durant la bataille d'Alger, elle fait partie du groupe de jeunes femmes poseuses de bombes dans les lieux publics d'Alger, en particulier les cafés fréquentés par la jeunesse, causant la mort de plusieurs personnes.

Le samedi , Danièle qui est encore mineure (17 ans) participe à un triple attentat du FLN dans trois brasseries de la rue Michelet, située dans le quartier européen. Elle accompagne la poseuse de bombe Zahia Kherfallah dans le bar Otomatic à Alger[8], tandis que ses complices déposent d'autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafétéria.

Le bilan de ces attentats est de « quatre femmes tuées, 37 blessés hospitalisés dont 21 femmes, dont deux dans un état alarmant » selon Le Journal d'Alger.

Condamnée le à sept ans de prison, incarcérée à la prison de Barberousse, transférée en suite en France, elle est libérée en du centre pénitentiaire pour femmes de Rennes et amnistiée en application des Accords d'Évian.

Universitaire et poète

Après l'indépendance de l'Algérie, Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila Amrane lors de son mariage en 1964. Elle travaille à l'université d'Alger puis, après un doctorat d'État (1988)[9], devient en 1999 professeur d'histoire et d'études féminines à l'université de Toulouse.

Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l'un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la guerre d'indépendance.

Poésies

Des poèmes de Djamila Amrane figurent parmi ceux de vingt-six auteurs[10] dans Espoir et parole, anthologie de poèmes algériens essentiellement écrits durant la « guerre de libération » et rassemblés par Denise Barrat, que publie en 1963 Pierre Seghers, avec des illustrations d'Abdallah Benanteur.

Trois de ces poèmes ont été écrits à la prison de Pau, Vous m'avez appelée, fenêtres de prison et Pourquoi ? en 1959, Sept années de guerre en . Danièle Amrane a reçu le 1er prix Jeune Afrique en [11].

La nouvelle Le Couscous du rêve de Danièle Amrane a été publiée dans Alger-républicain en 1963[12]. Boqala, publié dans Espoir et parole, a été repris dans Algérie-Actualité en 1967[13].

Essais

Jugement

« Boqala reste un des plus beaux poèmes de la guerre »[14].

Hommage

Le , le Département de la Seine-Saint-Denis donne son nom à la Maison du parc de la Bergère à Bobigny[15]. Après avoir vu sa façade dégradée par des inscriptions racistes, une partie du bâtiment est l'objet d'un incendie volontaire[16].

Notes et références

Annexes

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