Mourad Bourboune
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Mourad Bourboune |
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Mourad Bourboune est un poète, romancier et scénariste algérien de langue française né le à Jijel.
Après des études de lettres à Constantine puis à Tunis[1], Mourad Bourboune s’inscrit à la Sorbonne à Paris, où il participe à la grève des étudiants de 1956[2]. Membre de la Commission de presse et de l’information de la Fédération de France du FLN à partir de 1959 puis adjoint au Comité fédéral, il rencontre en 1961 Mohamed Boudia[3]. Son premier roman Le mont des genêts qui dépeint l'éclatement du monde colonial paraît à Paris en .
Après l'indépendance de l'Algérie Mourad Bourboune devient rédacteur en chef de l’organe central du FLN, El Moudjahid puis chef de cabinet du ministre du travail et des Affaires sociales, Bachir Boumaza. Il dirige en la Commission culturelle créée par le Bureau politique au sein du FLN[4]. Tandis que Mohamed Boudia développe les activités du Théâtre national algérien, Mourad Bourboune anime la revue Novembre et participe aux débats sur la culture nationale qui s’expriment dans Révolution africaine dirigée par Mohammed Harbi. Il est parmi les fondateurs, le , de l’Union des écrivains algériens, auprès notamment de Mouloud Mammeri, Jean Sénac, Lâadi Flici et Djamel Amrani, dirigeant la Commission culturelle créée par le Bureau politique au sein du FLN[5].
En 1964 Mourad Bourboune est présent dans l'anthologie Espoir et parole[6] et participe à la tentative du journal Alger-Ce soir fondé par Mohamed Boudia. Il préface l'exposition collective Peintres algériens au Musée des arts décoratifs de Paris en et la première exposition de l’UNAP à Alger en juin.
« Peut-il y avoir un droit de propriété sur une langue ? Est-ce que pour le français et à notre insu un brevet d'invention a été déposé ? Une langue venue de la colonisation est-elle nécessairement une langue colonisatrice ? Une langue appartient à qui sait la manier, la briser et la plier aux exigences de la création, la force à exprimer son émoi profond. En utilisant la langue des "colonisateurs", les écrivains algériens n'ont pas commis une "littérature colonisée", mais imposé une littérature libre et libérée, une littérature qui leur est propre et qui n'est pas l'arrière-salle ou le prolongement exotique de la littérature française. », écrit-il en [7].
Après le Coup d'État de 1965 en Algérie de Houari Boumédiène, Mourad Bourboune s'installe en France, journaliste pendant quelque temps à Demain l'Afrique. Son second roman, Le Muezzin, publié en 1968, dénonce la « révolution avortée » et la confiscation du pouvoir algérien depuis 1965,
L'œuvre
Dans l'Anthologie de la nouvelle poésie algérienne qu'il publie en 1971[8] Jean Sénac distingue une première génération d'écrivains qui, à partir de 1954, « allait pendant quelques années mettre le verbe au service de la libération du territoire » et mener « une insurrection de l'esprit »»[9]. Depuis l'indépendance « une nouvelle génération s'est manifestée qui, bien que profondément marquée par la guerre, a essayé d'exprimer ses préoccupations, ses problèmes, son ambition, dans des œuvres au ton souvent direct et parfois agressif », poursuit Sénac, plaçant Mourard Bourboune parmi ses principaux représentants[10].
Esquissant durant la décennie suivante dans Les Mots migrateurs le parcours historique de cette poésie algérienne de langue française, Tahar Djaout, qui précise que Jean Amrouche pourrait constituer à lui seul une « génération » antérieure, réunit pour celle « des poètes nés autour des années 20 ou 30 » les mêmes noms. Il analyse ensuite l'originalité des écrivains nés autour des années 40, dont Mourad Bourboune, qui « ont commencé à poser les questions vitales et à dévoiler les contradictions d'une société politiquement indépendante »[11].
Les poèmes de Mourad Bourboune figurent dans la plupart des anthologies de poésie algérienne de langue française.