DoTerra
entreprise de vente multi-niveaux controversée
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doTerra (également écrit dōTERRA ou doTERRA) est une entreprise de marketing multi-niveaux[1],[2] controversée basée à Pleasant Grove, en Utah (États-Unis), qui commercialise des huiles essentielles et autres produits connexes, relevant de la médecine non conventionnelle. doTerra a été fondée en 2008[3]. Les produits de l'entreprise sont vendus par l'intermédiaire de distributeurs indépendants appelés « Wellness Advocates » (en français « conseiller bien-être »). Les distributeurs sont éligibles à des commissions basées sur leurs ventes et celles des autres membres qu'ils auront pu recruter[3].
| DoTerra | |
| Création | |
|---|---|
| Fondateurs | David Stirling (d) |
| Siège social | Pleasant Grove |
| Activité | Huile essentielle et médecine non conventionnelle |
| Produits | Huile essentielle |
| Site web | www.doterra.com |
| Chiffre d'affaires | 2 G$ |
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Comme de nombreuses autres firmes de vente multiniveau similaires, elle est suspectée d'être un système frauduleux de type Système de Ponzi, dans lequel des milliers de persones sont recrutées avec des promesses de gains faciles et travaillent pour enrichir une toute petite minorité qui leur fait miroiter fallacieusement un niveau de vie similaire[4],[5]. La société a aussi reçu des avertissements de la Food and Drug Administration et de la Federal Trade Commission pour des allégations trompeuses de ses distributeurs selon lesquelles les produits doTerra pourraient aider à prévenir ou à guérir le cancer, l'autisme, la maladie à virus Ebola et la COVID-19[6],[3],[7],[8].
Histoire

L'entreprise a été fondée en avril 2008 par David Stirling, Emily Wright, David Hill, Corey B. Lindley, Gregory P. Cook, Robert J. Young et Mark A. Wolfert. D'après la marque, son nom serait « d'origine latine et signifie "don de la Terre" », mais cette étymologie est fantaisiste[9].
La plupart des fondateurs sont des anciens de la compagnie très similaire Young Living (Stirling, Wright et Hill étaient d'anciens dirigeants de Young Living[3]), société en procès aux États-Unis pour suspicion de fraude pyramidale[4], et déjà condamnée lourdement pour trafic d'espèce protégées[10],[11],[12]. En août 2013, Young Living a d'ailleurs intenté un procès contre doTerra pour vol de secrets commerciaux[13],[14],[15]. Le tribunal du quatrième district a rejeté les plaintes et les sociétés ont réglé les poursuites entre elles[1]. Une décision ultérieure a ordonné à Young Living de payer les frais juridiques de doTerra, car elle avait agi de mauvaise foi et induit le tribunal en erreur.
Initialement, l'entreprise proposait 25 huiles individuelles et dix mélanges d'huiles[16]. Cinq ans après sa création, doTerra comptait environ 450 employés, dont 350 au siège social de l'Utah et 100 dans ses bureaux de Taïwan, du Japon, d'Australie et d'Europe (en Europe l'entreprise est domiciliée fiscalement en Irlande, un paradis fiscal, tout comme l'Utah). le siège social français est situé Avenue des Champs-Élysées, mais le service client en Pologne.
En 2014, la société vendait plus de 150 produits tels que des suppléments alimentaires, des articles de soins personnels et des huiles essentielles[17]. La société a achevé la construction de son siège social à Pleasant Grove, dans l'Utah, en juillet 2014[18]. Le nombre de « Wellness Advocates » (ou « conseillers bien-être », nom donné à leurs revendeurs indépendants) rejoignant la société a augmenté de plus de 120 pour cent l'année suivante[19]. À la fin de 2015, la société a affirmé avoir généré plus d'un milliard de dollars de ventes[3]. En 2017, doTerra a déclaré avoir environ 1 650 employés d'entreprise et plus de 3 millions de « Wellness Advocates »[20],[21].

En mars 2016, des informations personnelles stockées dans les serveurs ont fait l'objet d'une violation de données par un tiers. doTerra a envoyé des lettres aux distributeurs le mois suivant pour les informer de la violation et leur a proposé 24 mois de surveillance du crédit par l'intermédiaire d'AllClear, une société de surveillance du crédit[22],[23]. Elle a rappelé 1,3 million de bouteilles de ses huiles en raison d'un manque d'emballage à l'épreuve des enfants, les huiles essentielles pouvant être toxiques si elles sont ingérées[24].
En 2020, alors que l'inquiétude (aussi bien sanitaire qu'économique) créée par la pandémie de COVID-19 avait dopé les ventes et adhésions[25], la Federal Trade Commission des Etats-Unis émet un avertissement contre DoTerra, concernant d'une part les allégations médicales de ses revendeurs présentant les huiles essentielles comme un remède ou un prophylactique contre le virus, ainsi qu'au sujet des promesses fallacieuses d'enrichissement rapide faites par la firme à ses revendeurs[26].
En avril 2022, doTerra a conclu un accord de 5 millions de dollars avec l'Université du Mississippi pour la recherche sur les huiles essentielles[27].
Depuis 2023, DōTERRA mène des activités de lobbying au Parlement Européen, par l'intermédiaire de la société Grayling Brussels. Ces activités portent notamment sur quelques thèmes environnementaux, maus aussi « Concurrence, Consommateurs, Douanes » et « Fiscalité »[28].
En avril 2025, doTerra a étendu ses activités au Kazakhstan, en organisant un événement au Palais de la République[29].
Le PDG de l'entreprise Corey B. Lindley s'est retiré en 2024 au profit de Kirk Jowers[30], avec Murray Smith comme président et Emily Wright comme présidente du conseil d'administration[31]. L'entreprise déclare alors 5 000 employés, 3 millions de distributeurs indépendants et un chiffre d'affaires de 2 milliards de dollars[32],[30]. Elle serait aujourd'hui active dans 86 pays, avec des chiffres parfois estimés à 9 millions de revendeurs indépendants[28].
Controverses
Vente multi-niveaux, vente pyramidale ou Système de Ponzi ?

Le modèle commercial de DoTerra est fondé sur le recrutement massif de revendeurs amateurs payants selon le système de la vente pyramidale : il faut acheter à un « parrain » des kits entre 200 et 2 000 €, payer une licence 35 € et une cotisation annuelle à 25 €, puis mettre en place une auto-livraison mensuelle de la marchandise à 50 € minimum. Les vendeurs agréés gagnent ensuite 25 € tous les 100 € de commande du client, puis des commissions sur les ventes de leurs propres « filleuls » - mais chaque « génération » enrichit en fait celle du dessus, et doit recruter toujours plus de filleuls pour espérer rentabiliser son investissement. Ainsi, selon les données partagées par doTERRA en 2019 aux États-Unis, 73 % de ses représentants en bien-être auraient gagné au moins 320 $ par mois, le « top 10 % » a encaissé plus de 1260 $ et le « top 1 % » (essentiellement les fondateurs), plus de 8 793 $. En réalité, la grande majorité des « conseillers » gagnent à peine de 300 à 700 $ par année, et n'enrichissent que le sommet de la pyramide[4], et on estime que 85% des « conseillers » n'ont aucun bénéfice (malgré un travail parfois acharné) voire perdent de l'argent[33]. De manière général, selon un chercheur du Consumer Awareness Institute (Etats-Unis) interrogé par Marie-Claire, « 99% des revendeurs en vente multi-niveaux perdent de l'argent »[34].
Ce système est décrit par l'entreprise comme un simple business modèle coopératif visant à « autonomiser » ses revendeurs indépendants, mais suspecté d'être un montage frauduleux proche d'un Système de Ponzi pyramidal (même si l'entreprise s'en défend ouvertement dans sa communication)[4]. D'après certains commentateurs, récemment « les huiles essentielles sont le terrain de chasse favori des sociétés de MLM [entreprises de vente multi-niveau] », avec des firmes comme Herbalife, Young Living, Younique, Arbonne, Isagenix, Scentsy ou doTERRA[34], dont plusieurs ont déjà été condamnées pour vente pyramidale après avoir ruiné des milliers de revendeurs crédules[35],[36].
Dans le cas de DoTerra, « derrière ses allures de société de ventes d’huiles essentielles classiques, se cache en réalité un ponzi »[5]. Selon le site investir-sur-internet.com, « A l’instar d’une secte, les membres sont briefés afin d’avoir un discours positif sur l’entreprise et les produits Doterra. Ainsi, chaque membre vante la qualité des produits et leurs origines naturelles ainsi que les gains possibles pour attirer ses futurs filleuls. Le discours est bien rodé et il est difficile d’y voir l’arnaque pour un utilisateur non averti »[5]. La vente pyramidale est interdite en France et dans la plupart des pays, mais la vente multi-niveau demeure tolérée, même si la différence est parfois très faible[37]. Selon Messaoud Abda, expert en conformité financière, le modèle d’affaires de doTERRA est clairement de la vente pyramidale, mais avec un léger bémol qui lui permet de rester sous les radars de la loi : « La plupart des ventes pyramidales n’ont pas de produits. Mais eux ont été assez avisés pour offrir un produit qui donnerait lieu à de la vraie vente. C’est juste pour donner un air de légitimité à la transaction »[4].
Bâtie sur le même modèle d’affaires, la compagnie Young Living (dont sont issus la plupart des fondateurs de doTERRA), fait actuellement l’objet d’une action collective aux États-Unis pour fraude pyramidale[4]. De nombreuses autres (Herbalife, LuLaRoe, Advocare...) ont déjà été condamnées, après avoir mené des milliers de « conseillers » et autres « représentants » à la faillite[34].
La majorité des anciens revendeurs interrogés dans le documentaire L'industrie du bien-être : potions et poisons et plusieurs autres enquêtes journalistiques considèrent avoir été victimes d'une fraude[38], et certains se sont retrouvés en situation de banqueroute financière[34].
Relations aux revendeurs
D'après le site investir-sur-internet.com, qui a passé en revue les avis des utilisateurs, « de nombreux utilisateurs dénoncent un marketing mensonger, un produit pas aux attentes de qualités ou encore pire, des menaces par messages après le post d’un commentaire négatif. Le comble étant que les huiles essentielles Doterra sont bien plus chères que de réels produits naturels et de qualités »[5]. Les revendeurs en quête de recrutement cibleraient en particulier, parfois de manière très insistante, les professeurs de yoga, les professionnels du soin non-médical (esthéticiennes, masseurs, coachs bien-être...) et certaines spécialités paramédicales (doulas...)[33]. Le ciblage serait aussi essentiellement concentré sur des jeunes femmes crédules[34] : 90% des « conseillers bien-être » de la firme sont des conseillères[32].
Selon le Dr Máire O Sullivan, maître de conférences en marketing à la Edge Hill University (Royaume-Uni), « Les personnes vulnérables sont attirées par la perspective de gagner facilement de l'argent, d'adapter leur travail à leur emploi du temps et d'intégrer une communauté solidaire. Mais certaines de ces entreprises ont une mentalité inquiétante, proche de celle d'une secte. Elles pratiquent le « love bombing » [« bombardement d'amour »] et encouragent leurs membres à couper les ponts avec toute personne qui ne soutient pas le MLM ou qui émet des réserves sur le modèle économique. Il s'agit là d'un comportement alarmant et abusif »[34].
D'après Nolywé Delannon, professeure à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval et membre du Laboratoire interdisciplinaire de responsabilité sociale des entreprises, le contrat passé entre doTERRA et ses représentants en bien-être montre tous les signes d’un contrat abusif : « On est dans une logique où doTERRA se déresponsabilise de tout, et d’un autre côté, les entrepreneurs indépendants n’ont absolument aucun pouvoir. Le contrat peut être résilié à tout moment par doTERRA, qui ne peut être poursuivie. Ce n’est pas parce que c’est signé par des centaines de milliers de personnes que ça en fait un outil légal et non attaquable devant les tribunaux »[4].
Le , la Federal Trade Commission des États-Unis a publié un avertissement à DoTerra, lui intimant de cesser « d'induire les consommateurs en erreur en leur faisant croire que participer à l'opportunité commerciale doTERRA serait susceptibles de leur générer des revenus importants », considérant que les déclarations de l'entreprise étaient en violation de la loi américaine :
« Les déclarations relatives à une opportunité commerciale, y compris les allégations de revenus, enfreignent l'article 5 de la loi FTC, 15 U.S.C. § 41 et suivants, si elles sont fausses, trompeuses ou non fondées et importantes pour les consommateurs. Les déclarations explicites et implicites concernant les revenus doivent être véridiques et non trompeuses afin d'éviter toute tromperie, ce qui signifie que les déclarations concernant la possibilité d'atteindre un niveau de vie aisé, un revenu équivalent à celui d'une carrière ou un revenu important sont fausses ou trompeuses si les participants à l'opportunité commerciale n'obtiennent généralement pas de tels résultats. Même les témoignages véridiques de participants qui gagnent effectivement un revenu important ou plus sont susceptibles d'être trompeurs, à moins que la publicité n'indique clairement le montant gagné ou perdu par la plupart des participants. Les participants et les représentants de votre opportunité commerciale doivent immédiatement cesser de faire toutes les déclarations explicites et implicites sur les revenus qui seraient fausses ou trompeuses pour les participants actuels ou potentiels. »
— Avertissement de la Federal Trade Commission à DoTerra, 24 avril 2020[26].
Relations aux utilisateurs
Selon de nombreux anciens clients interrogés par le documentaire L'industrie du bien-être : potions et poisons, les huiles DōTERRA seraient de mauvaise qualité et auraient entraîné des complications dermatologiques, outre le fait que les recommandations d'usage poussent à la consommation dans des proportions et des utilisations hors de propos[38]. Les huiles DoTerra sont certifiées « CPTG », « Pures et de Qualité Thérapeutique » (Certified Pure Tested Grade), toutefois cette certification est une invention de la marque elle-même, sans aucun contrôle indépendant[39].
Allégations trompeuses des distributeurs
Le 22 septembre 2014, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a émis une lettre d'avertissement à l'intention de doTerra concernant ses distributeurs commercialisant des huiles essentielles en affirmant qu'il s'agissait de traitements ou remèdes possibles contre Ebola, le cancer, l'autisme et des maladies graves en violation de la loi sur les aliments, les médicaments et les cosmétiques[6],[40],[41]. Des agents du FBI ont alors ouvert une enquête sur les dossiers de doTerra[3].
Certains distributeurs ont promu des produits de la société en affirmant qu'ils avaient des effets sur la purification de l'air contre la pollution et la protection contre les effets de la fumée des incendies de forêt en Californie sur la santé[42]. Il a été allégué en 2018 que certains distributeurs avaient proposé des témoignages personnels à des clients affirmant que les huiles essentielles avaient eu des effets bénéfiques sur leur enfant[7],[3].
En 2020, certains distributeurs doTerra ont tenté de profiter de l'inquiétude du public concernant la COVID-19 en affirmant que les produits de la société avaient des propriétés renforçant le système immunitaire, malgré l'absence d'arguments scientifiques pour étayer ces affirmations[25],[43]. La Federal Trade Commission (FTC) a averti la société qu'elle devait cesser de faire de telles allégations de santé infondées et d'exagérer les bénéfices de ses distributeurs[8].
En 2023, le ministère de la Justice américain, agissant au nom de la FTC, a remporté des procès contre trois distributeurs de doTerra pour avoir affirmé que les huiles essentielles et les compléments alimentaires de la société pouvaient traiter, prévenir ou guérir la COVID-19, en violation de la loi FTC et de la loi sur la protection des consommateurs contre la COVID-19. Selon l'ordonnance du tribunal, les défendeurs se sont vu interdire de continuer à prétendre que les produits doTerra pouvaient prévenir, guérir ou traiter sans l'approbation de la FDA ; ils ont été sommés de fournir des tests cliniques humains fiables pour étayer leurs allégations concernant d'autres maladies ; ils ont été interdits de présenter faussement les bienfaits du produit comme étant scientifiquement ou cliniquement prouvés ; et ont été condamnés à une amende civile de 15 000 $[44].
Relations aux producteurs
Plus d'une douzaine de femmes travaillant pour Asli Maydi, fournisseur d'encens de doTerra au Somaliland, ont signalé des salaires insuffisants, des abus sexuels et des conditions de travail insalubres. Selon le Fuller Project, ces abus ont perduré pendant des années après que les victimes ont contacté doTerra[45]. L'entreprise a suspendu ses activités au Somaliland et a lancé une enquête indépendante sur ces allégations.
Mais certaines des femmes qui disent avoir travaillé pour Asli Maydi et son propriétaire, Barkhad Hassan, affirment que les actions de doTERRA non seulement n'ont pas réussi à leur rendre justice, mais les ont également mises en danger par rapport à leur ancien employeur (23 juillet 2024)[46].
Ces faits ont fait l'objet en 2022 d'un documentaire intitulé « Inside the Wellness Industry’s Controversial Supply Chains » (« Au cœur des chaînes d'approvisionnement controversées de l'industrie du bien-être ») sur la chaîne Vice[47].
Dérive religieuse
De nombreux témoins affirment que la communication interne de DoTerra est empreinte de discours religieux[33], et que le rapport aux vertus supposées des huiles, qui seraient un élixir miraculeux contre toutes les maladies physiques comme mentales y compris les plus graves, s'accompagne d'un discours complotiste contre la médecine qui tient de la dérive sectaire. Plusieurs membres fondateurs sont d'anciens témoins de Jéhovah, et une partie des méthodes de recrutement et d'embrigadement semble similaire[33],[38]. De manière générale, dans son histoire la vente multi-niveaux a souvent été associée aux mouvances religieuses à tendance sectaire[48] : dans un article publié dans le Western Journal of Communication en 2004, Walter J. Carl écrit que « la vente MLM est décrite comme étant une entreprise sectaire (Butterfield, 1985), une forme de vente pyramidale (Fitzpatrick & Reynolds, 1997), ou des organisations gangrénées par des comportements mensongers, trompeurs et contraires à toute forme d'éthique (Carter, 1999), tels que l'utilisation de discours religieux pour promouvoir l'entreprise (Höpfl & Maddrell, 1996), et l'exploitation du réseau d'amis à des fins lucratives (Fitzpatrick & Reynolds, 1997)[49] ». En Chine, des bénévoles qui travaillaient pour sauver des personnes enrôlées dans des réseaux MLM ont été agressés physiquement[50].
En 2007, le rapport au Premier ministre français de la Miviludes mettait déjà en garde contre « les risques inhérents aux réseaux de vente multi-niveaux » et une potentielle « dérive sectaire » des pratiques de ces réseaux[51], et liste « les étapes que l’animateur, à la fois recruteur et délégué local ou régional du réseau va être conduit à développer devant ses consommateurs futurs distributeurs »[51] dans les sociétés ayant des pratiques à risque. En 2012, cette même Miviludes a établi un guide pour donner « aussi bien aux professionnels de la santé qu'aux particuliers »[52] les démarches à suivre en cas de soupçon de « dérives sectaires » quand « la proposition de vente se fait dans le cadre d’un réseau de vente multi-niveaux »[53].
Le mode de marketing et de recrutement fondé sur une adhésion complète à une doctrine inquiète aussi les spécialistes du marketing, qui y voient là aussi une emprise mentale de type sectaire[34].
Fondation doTerra Healing Hands
La doTerra Healing Hands Foundation est une organisation à but non lucratif de type « 501(c)(3) » créée par doTerra en 2012[54]. En 2016, la fondation s'est associée à l'organisation à but non lucratif Choice Humanitarian pour envoyer du personnel et des distributeurs au Népal et au Guatemala afin d'installer des poêles en briques ventilés pour les familles[55].
En 2017, l'organisation doTerra Healing Hands a commencé à collecter des dons auprès de ses distributeurs suite à l'ouragan Harvey afin de couvrir les frais de distribution de kits d'aide contenant des échantillons de ses produits aux personnes évacuées de Dallas. En octobre 2017, Pacific Standard a signalé qu'après avoir collecté des dons, doTerra n'avait pas livré les colis, prétendument en raison des conditions météorologiques, et a décrit l'incident comme « un exemple moderne de malversation déguisée en altruisme – un type d'escroquerie fréquent dans les organisations de marketing à paliers multiples ». Dans une mise à jour de son rapport de mars 2018, Pacific Standard a noté que doTerra avait finalement expédié des colis d'hygiène doTerra aux habitants de Houston[56].
Enquêtes et documentaires
En 2020, une mini-série documentaire produite par Netflix et titré « L'industrie du bien-être : potions et poisons » décrypte le mode de fonctionnement de plusieurs entreprises liées au business du bien-être ; le premier épisode se concentre plus particulièrement sur Young Living et DoTerra, présentant de nombreux interviews d'anciens « conseillers » présentant ces entreprises comme un cas de fraude pyramidale reposant sur une dérive sectaire[38].
En 2022, la chaîne Vice produit un documentaire intitulé « Inside the Wellness Industry’s Controversial Supply Chains » (« Au cœur des chaînes d'approvisionnement controversées de l'industrie du bien-être »), qui met au jour la brutalité des méthodes de production de la firme dans des pays comme la Somalie, au mépris du droit humain[47].
Plusieurs autres enquêtes et reportages ont porté sur des entreprises similaires, comme le documentaire américain Betting on Zero (en) (2016, diffusé aujourd'hui sur Netflix), entreprise condamnée pour vente pyramidale[57].
Documentaires
- « L'industrie du bien-être : potions et poisons », sur Netflix, .
- (en) « Inside the Wellness Industry’s Controversial Supply Chains », sur Youtube, .
Liens externes
- (en) Site officiel
- Ressource relative aux organisations :
- Améli Pineda et Stéphanie Vallet, « Le « marketing multiniveau » de doTERRA, un modèle d’affaires controversé », sur ledevoir.com, .
- (en) Alley Pascoe, « The False Promises And Brutal Reality Of Multi-Level Marketing », sur Marie-Claire, .
- (en) Federal Trade Commission, « Warning Regarding Health and Earnings Claims Related to Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) », sur ftc.gov, .