Dominique Waquet

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Dominique Waquet, né le à Rennes, est un économiste et historien français. Enseignant et chercheur, il a dirigé plusieurs établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle puis se consacre à la recherche en histoire moderne et contemporaine.

Naissance (81 ans)
Rennes
Diplôme
Docteur d'État en sciences économiques
Activité principale
Recherche en histoire moderne et contemporaine
Ascendants
Faits en bref Naissance, Diplôme ...
Dominique Waquet
Description de l'image Portrait Dominique Waquet.jpg.
Naissance (81 ans)
Rennes
Diplôme
Docteur d'État en sciences économiques
Activité principale
Recherche en histoire moderne et contemporaine
Ascendants
Conjoint
Marie Lamaison
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Biographie

Dominique Waquet est le fils de Pierre Waquet (1915-2008), magistrat, directeur de l’École nationale de la magistrature et de Claude Gautier (1920-2006). Il est le cousin de Jean-Claude Waquet (né en 1952), historien français, directeur d'étude et président de l'École pratique des hautes études de 2006 à 2011, le neveu de Philippe Waquet (1933-2021), magistrat, doyen honoraire à la Cour de cassation, le petit-neveu d'Henri Waquet, archiviste paléographe, directeur des Archives départementales du Finistère et l'un des descendants directs de Jacques Guermeur (1750-1798), député du Finistère à la Convention nationale et membre du Conseil des Anciens.
Avec son épouse Marie Lamaison (née en ), traductrice[1], fille d’Henri Lamaison (1918-2000), président d’Esso-France (1973-1981), ils ont trois enfants, Emmanuelle (née en ), Véronique (née en ), Nicolas (né en )[2].

Formation et Diplôme

À Rennes, parallèlement à son cursus de Sciences-économiques, Dominique Waquet, dans le cadre d’enseignements délivrés par les professeurs Jean Meyer et Michel Denis, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, obtient plusieurs certificats d’études supérieures en histoire moderne et contemporaine. Docteur d’État en Sciences-économiques en , il consacre sa thèse à l’analyse de la relation entre croissance et exportations[3] sur la base de l’effet d’entraînement[4] dont il a reçu les principes directement de son concepteur, le professeur François Perroux, lors d'un stage à l’Institut de Science Économique Appliquée qui, sur un autre thème, avait conduit à une publication dans la revue de l’ISÉA[5].

Carrière dans l’enseignement supérieur et la recherche appliquée

  • En 1975, il est appelé à la direction des études de l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers (ESSCA), dont il assure ensuite la direction générale de à [6]. Au cours de son mandat, il met en place la formation par alternance, l’une des premières expériences dans l’enseignement supérieur français, positionne définitivement le recrutement des élèves par un concours post-bac et fait ouvrir corrélativement un recrutement par admission parallèle en seconde année aux titulaires d’une licence[7]. Il fait évoluer les programmes, la pédagogie et la composition du corps enseignant pour permettre à l’école de délivrer un diplôme reconnu par l’État[8].
  • De à , parallèlement et grâce à son immersion dans le monde économique en tant que directeur marketing de CCMC-Informatique de gestion, Dominique Waquet ouvre un nouveau cycle de cours de marketing industriel au sein du groupe ESSEC. Cet enseignement est dispensé en option de fin de cursus dans le programme grande école et proposé dans la palette marketing de l’offre de formation continue présentée par l’ISSEC.
  • En , Pierre Bergé, président de l’Institut français de la mode (IFM), confie à Dominique Waquet la mise au point définitive du projet pédagogique original de ce nouvel établissement de troisième cycle puis l’en nomme directeur général[9]. Accompagné par Didier Grumbach, directeur des études, Dominique Waquet assure le lancement de l’IFM, sans toutefois obtenir dans la durée le soutien de Pierre Bergé qui met fin à ses fonctions à l’été .
  • À l’automne les instances professionnelles du secteur de l’habillement nomment Dominique Waquet directeur général du Centre technique des industries de l’habillement (CETIH), à charge pour lui de réorganiser cet organisme de recherche appliquée et de perfectionnement, dans le cadre de la stratégie de reconquête industrielle alors définie par le Ministère de l’Industrie et le Comité de développement et de promotion du textile et de l'habillement (DEFI – La Mode de France)[10]. La dissolution du CETIH à la fin de l'année , conséquence de la création de l'Institut français du textile et de l'habillement par fusion avec l’Institut textile de France, également dissous, entraîne son départ[11].
  • Dominique Waquet retrouve l’enseignement supérieur en lorsqu’il prend la direction générale du groupe d’écoles Reims Management School (RMS). Chargé par la Chambre de commerce et d'industrie de Reims (CCIR) d'élaborer un plan de croissance du groupe, d'extension de ses partenariats, de renforcement de ses financements et d'évolution de la gouvernance, il remet l'année suivante aux instances consulaires un projet de développement incluant prioritairement le rapprochement des écoles de RMS avec le monde industriel français et européen, à qui, est-il souligné, plus de place devrait être laissée dans les instances de gouvernance. Des divergences fondamentales étant apparues entre les instances de la CCIR et Dominique Waquet, tant sur les propositions d'orientations stratégiques du projet que sur celles de sa mise en œuvre, celui-ci quitte RMS en [12]. Il enseigne ensuite dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur dont l'Institut supérieur spécialisé de la mode (Mod'Spé).
  • Depuis Dominique Waquet se consacre à la recherche en histoire en privilégiant d'une part la période charnière entre la fin de l'Ancien régime et 1807, le tournant de l'Empire, d'autre part les débuts du XXe siècle, incluant la Grande Guerre. En , la nature de ses travaux amènent le Laboratoire de Démographie et histoire sociale (UMR 8558 EHESS-CNRS) du Centre de recherches historiques de l'École des hautes études en sciences sociales à lui proposer une collaboration permanente en tant que membre correspondant[13].

Travaux et recherches en économie et histoire

Traductions et direction de collection

J.-B Say, Catéchisme ...
  • Dès ses débuts dans l’enseignement supérieur Dominique Waquet, outre ses recherches personnelles, réalise plusieurs traductions d’ouvrages économiques concernant les marchés de devises[14] et la théorie microéconomique[15]. Il collabore également à la Revue économique pour des traductions de recensions d’ouvrages[16].
  • En , la maison Mame, dans une recherche de diversification hors du domaine religieux, lui confie le lancement et la direction d’une collection d’ouvrage d’économie au format de poche, nommée « Repères Économie »[17]. De à , « Repères Économie » publie 14 titres dont quatre traductions et une réédition remarquée du Catéchisme de Jean-Baptiste Say[18]. Au début des années , les Éditions La Découverte reprennent le terme Repères comme titre d'une nouvelle collection consacrée aux sciences économiques et sociales, sans lien avec la précédente.

Sur la mode et le costume

  • Dès , Dominique Waquet occupe une position privilégiée d’acteur et d’observateur du vaste secteur français de l’habillement, de la haute-couture, de la fabrication et de la distribution des vêtements, placé dans un contexte international hautement concurrentiel tant dans la création que dans la production. Ses interrogations sur l’importance d’un phénomène de mode propre à la France, l’amènent à proposer à la fin des années , en collaboration avec Marion Laporte, alors chargée de mission design-mode au Ministère de l’Éducation, une synthèse socio-économique originale sur « La Mode », elle-même phénomène de mode[19]. À la même époque, sur le volet économico-industriel du secteur français textile-mode, il suggère aux professionnels d’adopter des positions plus volontaristes face aux bouleversements provoqués par des délocalisations plus subies que maîtrisées[20].
  • Au croisement de ses recherches sur la symbolique du costume et celles des comportements individuels et habitudes sociales pendant la Révolution française, Dominique Waquet publie ses réponses aux interrogations suivantes :

- « Le costume a-t-il un sens politique sous le Directoire ? »[21].
- « Les images du costume produites pendant la Révolution représentent-elles la réalité des modes de cette période ? »[22].

Au centre de Paris dans la période révolutionnaire

Trois numéros pour la même maison, rue Saint-Honoré à Paris.
  • Comment situer un immeuble désigné successivement par trois numéros différents ?

Désirant répertorier les noms et adresses des résidences parisiennes des députés bretons à la Convention nationale, Dominique Waquet cherche à localiser les hôtels et les particuliers qui les accueillent le temps de la législature. Toutefois, entre et un immeuble parisien est successivement identifié par trois numéros distincts. Le principe de numérotage par section instauré en se substitue obligatoirement à la première identification imaginée et mise en place par Kreenfeldt de Storcks en , avant d’être lui-même remplacé en par le système « pair -impair » décrété par Napoléon et toujours en vigueur au XXIe siècle. L'exemple ci-contre pour cette maison de la rue Saint-Honoré montre le no 234 tel qu'il aurait pu être apposé par Kreenfeldt en , puis le no 1406, éventuellement peint par un commis de la section de la Butte-des-Moulins, fin - début , enfin le no 254 apposé en , ce dernier étant encore valable aujourd'hui.
L’étude de la numérotation des immeubles de la rue Saint-Honoré pendant la période révolutionnaire permet à Dominique Waquet de mettre au point la méthode de mise en concordance des trois types de numéro pour un même immeuble, où qu'il soit situé dans Paris[23].

  • La rue Saint-Honoré de à

La rue Saint-Honoré, la plus longue voie de la rive droite à la fin de l’Ancien régime, est le théâtre de nombreux événements historiques et l’un des lieux de résidence et d’activité commerciale les plus connus de la capitale. Des données rassemblées pour élaborer la méthode de concordance des numéros d’immeubles, Dominique Waquet a extrait les éléments constitutifs de ses publications consacrées à la rue Saint-Honoré de la fin de l’Ancien régime à l’Empire :
- le Wiki Saint-Honoré est créé en sur un support informatique conçu par le Laboratoire de démographique et d'histoire sociale (LaDeHis) du Centre de recherche historique de l’EHESS dans le cadre du projet geohistoricaldata. Chaque page du wiki, mis à jour en permanence, est consacrée à un immeuble de la rue et du cloître Saint-Honoré, à l’histoire de sa parcelle, à la biographie de ses propriétaires et occupants successifs pendant les 20 ans courant des dernières années de l’Ancien régime aux débuts du Premier Empire[24].
- le Dictionnaire des habitants, occupants et propriétaires de la rue et du cloître Saint-Honoré () regroupe près de 6 000 notices biographiques et prosopographiques d'hommes et de femmes, des plus illustres aux plus modestes, témoins et parfois acteurs de six régimes politiques, qui ont laissé au moins une trace de leur présence dans cette rue au cours des vingt années les plus mouvementées de la vie de la capitale française, à la charnière de deux siècles[25].

Les unités d’autos-mitrailleuses de la Première guerre mondiale

Le 12e Groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons à Bacouël (Oise) (1er avril 1918).

Partant de quelques photos d’autos-mitrailleuses aux légendes énigmatiques pour constituer progressivement un imposant corpus de sources authentiques et de témoignages d’époque, Dominique Waquet construit d’abord l’historique individuel de chacun des 19 groupes français d’autos-mitrailleuses et autos-canons de la Première Guerre mondiale. Ces narrations, pour la moitié des groupes, se poursuivent dans les années de l’immédiat après-guerre quand ils sont envoyés sur les théâtres d’opérations extérieures (Allemagne, Constantinople, Haute-Silésie, Maroc, Moyen-Orient), dans le cadre du Traité de Versailles et de plusieurs autres traités internationaux de l'après-conflit[26]. Les historiques des GAMAC répertorient les noms et souvent une courte biographie des centaines d’hommes ayant servi dans ces petites unités. De toutes ces histoires individuelles et collectives des groupes d’autos-mitrailleuses, de leurs composantes administratives, techniques et offensives Dominique Waquet a retiré une synthèse originale : À bord des autos-mitrailleuses de la Grande Guerre[27].

Publications

Liens externes

Notes et références

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