Don Martina
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Dominico Felipe « Don » Martina ( – ) est un homme politique curacien, Premier ministre des Antilles néerlandaises de à puis de à [1].
Jeunesse et premiers engagements
Dominico Martina est né à Curaçao le . Il étudie à l'École technique supérieure (nl) de Haarlem, puis à l'Université des Indes occidentales et à l'Université Columbia, dont il sort avec un MSc en management et ingénierie civil[2]. Après les émeutes de 1969 à Curaçao, il participe à la fondation du Mouvement Antilles nouvelles (MAN) le . Le groupe s'oppose au népotisme et à la corruption sur l'île, qui, selon eux, persistent après les événements de 1969. Lors des élections aux Conseil insulaires de 1971 (en), Don Martina est élu au Conseil insulaire de Curaçao. De 1972 à 1976, il est commissaire à la justice[2].
Premier gouvernement Martina
Lors des élections générales de 1979, le Parti MAN devient le premier parti aux États des Antilles néerlandaises, il forme une coalition avec le Mouvement électoral du peuple (MEP) d'Aruba et l'Union patriotique bonairienne (UPB) et Don Martina devient Premier ministre[1],[3]. En ou 1980, le Parti démocratique se joint également à la coalition.
En 1981, des pourparlers s'engagent sur l'avenir politique d'Aruba avec une table ronde réunissant 65 délégués, des Antilles néerlandaises et de ses six îles et des Pays-Bas. Don Martina et Fons van der Stee, Ministre pour les Affaires des Antilles néerlandaises, se relayent à la présidence des réunions. Les négociations entre les Antilles néerlandaises, les Pays-Bas et Aruba n'avançant pas, le Mouvement électoral du peuple quitte la coalition et les ministres MEP déclarent que les éventuelles recettes pétrolières provenant des gisements situés près des îles reviendront exclusivement à Aruba. Mais Martina conserve sa majorité parlementaire grâce à l'adhésion du Parti démocratique de Saint-Martin (nl) (DP (SM)) à sa coalition. Au début de l'année 1982, un membre du DP (SM) retire son soutien au gouvernement. En , de nouvelles élections générales sont organisées pour sortir de l'impasse, mais il faut attendre octobre pour que Martina forme un nouveau gouvernement[4],[3].
En , une solution est trouvée pour répondre aux aspirations indépendantistes d'Aruba : l'île obtient un statut particulier à partir de 1986, devenant ainsi un pays constitutif du Royaume des Pays-Bas. La coalition qui soutenait Martina se brise en lorsque plusieurs députés du MAN, dont le président des États, Roy Markes, quittent le parti et retirent leur soutien à la coalition, officiellement parce que le gouvernement de Martina n'a pas approuvé assez vite une subvention à l'équipe des Antilles néerlandaises qui devait se rendre au Championnat junior d'athlétisme d'Amérique centrale et de la Caraïbe de 1984 (en) qui avait lieu à San Juan de Porto Rico[5]. Cela conduit Maria Liberia-Peters, du Parti national du peuple, à devenir Premier ministre des Antilles néerlandaises le .
Second gouvernement Martina
Lors des élections législatives aux Antilles néerlandaises de 1985, le Parti MAN, sous la direction de Martina, fait campagne contre la taxe de crise de 10 % sur les revenus qui avait été instaurée par Liberia-Peters. Il s'oppose en outre à plusieurs mesures concernant la scission d'Aruba et des Antilles néerlandaises, telles qu'un accord de coopération et la norme de répartition de l'or et de la monnaie[6]. Le Parti MAN obtint moins de députés qu'aux élections de 1979, mais Martina réussit néanmoins à redevenir Premier ministre après l'échec de Liberia-Peters à former un gouvernement[3].
En 1986 et 1987, la situation économique des Antilles néerlandaises s'aggrave avec le départ d'Aruba et la baisse des recettes provenant des industries pétrolière et financière. Le gouvernement de Martina met alors en place des mesures d'austérité[3]. En 1986, Claude Wathey (en) de Saint-Martin souhaite obtenir pour son île un statut à part similaire à celui d'Aruba ou l'indépendance. En 1989, Martina déclare son soutien à une réforme des Antilles néerlandaises, avec des liens moins forts entre les cinq îles restantes[1]. En , son gouvernement perd le soutien du Parti démocratique de Saint-Martin (nl) (DP (SM)) et du Front ouvrier de libération du 30 mai. Maria Liberia-Peters remplace alors Martina comme Premier ministre des Antilles néerlandaises le [1].
Après le gouvernement
Après avoir occupé le poste de Premier ministre, Don Martina continue à diriger le Parti MAN et son groupe parlementaire[7]. Lors des élections générales des Antilles néerlandaises de 1994, son parti obtient 2 des 22 sièges et participe au premier gouvernement de Miguel Pourier[8].
Depuis les élections du conseil insulaire de Curaçao en 1995 (nl), le Parti MAN de Martina est membre de la coalition gouvernementale avec le Parti pour la restructuration des Antilles (PAR). Lors des élections du conseil insulaire de Curaçao en 1999 (nl), le Parti MAN a perd quatre de ses six sièges et Martina annonce son retrait de la vie politique active[9].
En 2011, Martina et ses fils quitté le Parti MAN, mécontents de la direction prise par le parti[10]. Il critique également la collaboration avec le Mouvement pour l'avenir de Curaçao (MFK) et le parti Peuple souverain (PS). En , après la prise de contrôle du parti par Hensley Koeiman, Martina et ses fils réintégrent le parti[11].
En tant que président de la Fundashon Rehabilitashon Tula, Martina fait campagne pour la réhabilitation et la déclaration comme héros national de Tula (en), qui a mené la révolte des esclaves de Curaçao (en) et a été exécuté en 1795. En 2013, Tula est déclaré héros national[12],[13].
Don Martina reçoit en 2020 un Doctorat honoris causa de l'Université des Indes occidentales à Trinidad. En 2023, il devient ministre d'État de Curaçao, un titre honorifique décerné à un homme politique ayant eu une longue carrière. Il meurt à Curaçao le [13].
Notes et bibliographie
- 1 2 3 4 (en) « Martina, Don », dans Phil Gunson and Greg Chamberlain, with additional material by Andrew Thompson, The dictionary of contemporary politics of Central America and the Caribbean, Londres, Routledge, , 397 p. (ISBN 0-415-02445-5, lire en ligne), p. 210.
- 1 2 (nl) « "Martina, Dominico Felipe », sur http://curacao-encyclopedia.com, (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en) « The Netherland Antilles », dans The Europa World Year: Kazakhstan - Zimbabwe, Londres, Taylor & Francis, (ISBN 1-85743-255-X, lire en ligne), p. 3098-3109.
- ↑ (nl) Gert Oostindie et Inge Klinkers, Knellende koninkrijksbanden : het Nederlandse dekolonisatiebeleid in de Caraïben, 1975-2000, vol. 3, Amsterdam, Amsterdam University Press, , 668 p..
- ↑ (en) « The government of the Netherlands Antilles », sur UPI, (consulté le ).
- ↑ (nl) « Antilliaanse verkiezingsstrijd draait om interne verhoudingen », Reformatorisch Dagblad, , p. 9 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) « Ministers veelal positief ontvangen », Reformatorisch Dagblad, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) « Kiezen voor 22 zetels in Staten van Antillen », NRC Handelsblad, , p. 6 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) « Curaçao naar de stembus: voor of tegen de premier », NRC Handelsblad, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) Leoni Leidel-Schenk, « Don Martina weg bij MAN », sur /www.versgeperst.com/, (consulté le ).
- ↑ (nl) « Familie Don Martina in gesprek met de MAN over mogelijke terugkeer », sur http://www.de-surinaamse-krant.com, (consulté le ).
- ↑ (nl) « Tula, aanvoerder slavenopstand Curaçao », sur https://historiek.net, (consulté le ).
- 1 2 (nl) Robert Slagt, « ‘Don Martina was een gezaghebbend premier, niet van de soundbites en altijd bedachtzaam’ », NRC Handelsblad, (lire en ligne, consulté le ).