Miguel Pourier
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Miguel Arcangel Pourier (, Rincon – , Curaçao) est un homme politique des Antilles néerlandaises, Premier ministre des Antilles néerlandaises à deux reprises, de 1994 à 1998 et de 1999 à 2002[1].
Miguel Pourier est né à Rincon, sur l'île de Bonaire, le . Il y suit l'école primaire, puis obtient en 1957 son diplôme de HBS au Radulphus College (pap) de Curaçao. À partir 1957, il étudie à l'Académie fiscale nationale (nl) aux Pays-Bas, dont il sort diplômé en 1962. Il entre l'année suivant dans l'administration fiscale de Curaçao et finit part être nommé directeur des Impôts en 1969[2]. Il fait ses débuts en politique sur son île natale, au sein de l'Union patriotique bonairienne (UPB). À partir de 1973, il occupe le poste de ministre de la Coopération au développement dans le cabinet de Juancho Evertsz, puis celui de ministre des Finances et des Affaires économiques[3]. Il est Premier ministre des Antilles néerlandaises après la démission de Boy Rozendal en 1979[4].
En 1993, le gouvernement de Maria Liberia-Peters organise un référendum à Curaçao sur l'avenir politique de l'île (en), recommandant à la population de voter en faveur du statut distinct semblable à celui d'Aruba. Miguel Pourier défend le maintien et la « restructuration » des Antilles néerlandaises. Finalement, la population vote à une large majorité pour le maintien des Antilles néerlandaises, à la suite de quoi le gouvernement démissionne et de nouvelles élections sont organisées. Pourier y participe comme chef de file d'un nouveau parti, le Parti pour une restructuration des Antilles (PAR) et dénonce la corruption et à la mauvaise gestion du gouvernement précédent. Le PAR remporta les élections du avec une majorité absolue des voix et 8 des 14 sièges de Curaçao au Parlement des Antilles néerlandaises. Pourier devient alors Premier ministre avec une coalition coalition composée du PAR, du Mouvement Antilles nouvelles (MAN), du Parti démocratique bonairien (DPB), de l'Alliance patriotique saint-martinoise (en), du Parti démocratique de Saint-Eustache (en) et du Mouvement populaire des Îles-du-Vent (WIPM). En , les habitants des autres îles ont également pu se prononcer par référendum sur le maintien des Antilles néerlandaises. Sur toutes les îles, la grande majorité vote pour, seule Saint-Martin voit une minorité significative de 33 % voter pour un statut distinct. Lors des élections aux conseils insulaires de 1995 (en), le PAR remporte de nouveau remporté une large victoire (8 des 21 sièges) et a forme une coalition au niveau insulaire avec le MAN.
Miguel Pourier est le premier Premier ministre du Parti pour la restructuration des Antilles (PAR). Pendant son mandat, les Antilles néerlandaises procèdent à d'importantes mesures d'austérité afin de pouvoir bénéficier de l'aide du Fonds monétaire international. Le FMI exigeait notamment une réduction de la fonction publique. Le PAR de Pourier y parvient, notamment en licenciant massivement dans la fonction publique, qui a subi d'importantes coupes budgétaires. Cela a entraîné une hausse du chômage et un mécontentement croissant parmi la population. Une taxe sur le chiffre d'affaires est également introduite.
Lors des élections législatives de 1998, le PAR de Pourier perd la moitié de ses sièges, mais reste le premier parti. L'opposition forme alors une coalition contre le PAR sous la direction de la tête de liste du Parti national du peuple, Suzanne Römer qui devient Premier ministre des Antilles néerlandaises. Mais en , la coalition s’effondre, entre le PNP, qui reconnaissait la nécessité de réformes demandées par le FMI, et le Front ouvrier de libération du 30 mai (FOL) et le Parti travailliste croisade populaire (PLKP), qui s'opposaient à des mesures d'austérité sévères. Pourier prend alors l'initiative de former une nouvelle coalition entre le PAR, le PNP et le MAN et redevient Premier ministre des Antilles néerlandaises.
Le nouveau gouvernement Pourier décide de poursuivre le programme de redressement mis en place afin d'aider les Antilles néerlandaises à se relever économiquement. Cependant, malgré les accords conclus avec le FMI, le cabinet Kok II ne respecte son engagement à apporter une aide financière[4]. Pourier se sent personnellement trahi par le secrétaire d'État Gijs de Vries (en) et décide de se retirer de la vie politique après les élections de 2002 (en)[1]. Lors de ces élections, le FOL remporte une large victoire, signe de la perte de confiance de la population envers les Pays-Bas.
Après avoir mis fin à sa carrière politique active, Pourier continue à jouer un rôle consultatif pour son parti, le PAR, dans les coulisses. Il décède à l'âge de 74 ans d'un cancer de la prostate.
Notes et références
- 1 2 (nl) « Oud-premier Pourier (74) overleden », sur NOS Nieuws, (consulté le ).
- ↑ (nl) « Ministers in kabinet Evertsz », Amigoe di Curacao: weekblad voor de Curacaosche eilanden, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Miguel Pourier was of great significance for our Country », Curaçao Chronicle, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 (nl) Niels Posthumus, « ‘De dijkbewaker’ is overleden – wie was Miguel Pourier precies? », sur NRC Handelsblad, (consulté le ).