Donatus de Bagaï
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| Donatus de Bagaï | |
Schisme donatiste aux IVe et Ve siècles, Atlas of Christian History (Tim Dowley, pp. 20‑21) et The Palgrave Atlas of Byzantine History (John Haldon, p. 49) | |
| Date de décès | Printemps ou été 347 |
|---|---|
| Activité | Évêque |
| Lieu d'activité | Bagaï |
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Donatus de Bagaï, également connu sous le nom de Donatus de Aurasium, est un ancien évêque donatiste et martyr chrétien dont la vie et les actions ont joué un rôle significatif dans le paysage religieux complexe de la Numidie du IVe siècle. Bien qu'il soit principalement connu à travers des récits hostiles, notamment ceux présents dans l’ouvrage d’Optat de Milève intitulé Traité contre les donatistes, Contre Parménien[1], Donatus a laissé une empreinte durable sur le mouvement donatiste.
En 321, l’empereur Constantin Ier, confronté à l’échec de la campagne contre les donatistes et à des préoccupations militaires plus pressantes, suspendit temporairement les lois qui les visaient. Cela inaugura une période d’un quart de siècle (321–346) durant laquelle donatistes et catholiques cohabitèrent dans un modus vivendi, certaines régions étant majoritairement catholiques et d’autres donatistes[2].
Le donatisme prospéra sans interférence étatique significative jusqu’en 346, Bagaï étant l’une des deux villes saintes du donatisme, avec Timgad dans le sud de la Numidie, où se tinrent d’importants conciles donatistes[3].
Campagne de Macarius et reprise des troubles (346-348)
L’empereur Constant Ier tenta de rétablir l’unité de l’Église en Afrique du Nord par plusieurs moyens. Selon les affirmations des donatistes, la persécution de la partie dissidente faisait probablement partie de son plan. En 346, Donatus Magnus, l’éponyme du mouvement, s’adressa à l’empereur pour obtenir une reconnaissance. Constant Ier ne rejeta pas immédiatement cette demande. En 347, il envoya deux commissaires, Paulus et Macarius, avec une somme importante destinée à être répartie équitablement entre les Églises donatiste et catholique. Aux yeux de Donatus de Bagaï, cet acte constituait déjà une avancée vers la reconnaissance ; il rejeta donc ce qu’il considérait comme un « insolent pot-de-vin » et interdit à ses partisans de l’accepter. Il cita à cette occasion les célèbres paroles de Tertullien : « Qu’a donc l’empereur à faire avec l’Église ? »[4],[5].
Le voyage de Paulus et Macarius devint réellement problématique : lorsque les commissaires traversèrent la région des Aurès entre Théveste et Thamugadi, la réaction des communautés locales se montra ouvertement hostile, et les envoyés impériaux durent solliciter une assistance militaire pour enquêter et pacifier la région[6].
Les donatistes réagirent. Donatus, évêque de Bagaï, fit appel à ceux qu’on appelait les « circumcellions », qui se retranchèrent dans une basilique. Celle-ci fut prise d’assaut par les soldats, et Donatus ainsi que ses défenseurs furent massacrés. Lorsque d’autres évêques donatistes protestèrent, Macarius les fit flageller et, plus tard, l’évêque donatiste Marculus de Timgad fut martyrisé en 347[7].
Un décret proclamant l’unité des deux Églises sous Gratus de Carthage provoqua des émeutes à Carthage, qui furent réprimées, faisant une douzaine de martyrs.
Après la tentative infructueuse d’acheter la paix par une forte somme destinée aux donatistes et après les affrontements, Constance II recourut à la force et à l’oppression contre les donatistes par l’intermédiaire de son commissaire Macarius. Le résultat de la campagne de Macarius (346–348) fut la reprise des conflits sectaires, la création d’une nouvelle vague de martyrs et la composition de nouveaux récits donatistes de martyre[2].