Drame de la Pâquerette

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TitreDrame de la Pâquerette
Fait reprochéHomicide
Chefs d'accusationEnlèvement et meurtre
PaysDrapeau de la Suisse Suisse
Drame de la Pâquerette
Titre Drame de la Pâquerette
Fait reproché Homicide
Chefs d'accusation Enlèvement et meurtre
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ville Bellevue
Type d'arme arme blanche
Date
Nombre de victimes 1 : Adeline Morel
Jugement
Statut affaire résolue
Puplinge prison.jpg
Prison de Champ-Dollon.

Le drame de la Pâquerette est une affaire criminelle consécutive au meurtre d'Adeline Morel, sociothérapeute genevoise, assassinée le jeudi à Bellevue[1] par un violeur récidiviste. Celui-ci est détenu à Genève au centre de la Pâquerette, institution novatrice de réinsertion pour détenus dangereux. Adeline Morel y travaille. Elle est égorgée alors qu’elle conduit le détenu à Bellevue pour suivre une thérapie équestre[2],[3],[4],[5],[6]. L'affaire provoque un vaste débat sur le traitement à réserver aux détenus dangereux[6],[7] en Suisse, le centre de la Pâquerette étant une entité administrative des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) chargée de leur réinsertion progressive[8].

Disparition le 12 septembre et découverte du corps le 13 septembre 2013

Adeline Morel
Description de l'image Defaut.svg.
Naissance
Décès (à 34 ans)

Adeline Morel avait obtenu les meilleurs résultats de sa commune pour les examens de maturité fédérale[9]. Elle est diplômée en criminologie et en psychologie et, âgée de 34 ans, travaille comme thérapeute au centre de sociothérapie de la Pâquerette depuis 2007[10]. En 2013, elle est sur le point de donner sa démission[11], déçue du fonctionnement de l'institution. Juan Poy, son compagnon, également employé à la Pâquerette, indique lors du premier procès qu'Adeline veut se tourner vers le soutien aux victimes et regrette de ne pouvoir faire de thérapie véritable auprès des détenus. Les thérapeutes ont notamment interdiction de parler des crimes passés avec les détenus.

Adeline est mère d'une petite fille de 8 mois au moment des faits et souhaite se marier avec son compagnon[12], également employé au centre de réinsertion de la Pâquerette. Ce centre de sociothérapie, qui dépend des Hôpitaux universitaires de Genève, est situé au 4e étage de la prison de Champ-Dollon[13]. Le centre doit être transféré en dans le nouvel établissement pénitentiaire Curabilis[13].

Selon sa mère, Adeline est une personne qui aime les gens et avait trouvé sa voie dans la sociothérapie. Elle est considérée comme compétente et expérimentée, ayant effectué plus de 200 sorties avec des prévenus[14].

Le matin du , elle est chargée d'accompagner seule le détenu Fabrice Anthamatten pour une sortie planifiée. Elle se rend avec lui dans une voiture de service, une Citroën Berlingo blanche et se gare au parking du Mont-Blanc, rue du Marché à Carouge, pour acheter un couteau à parer les sabots de chevaux. L'achat a été autorisé, mais Fabrice, à l'insu de la sociothérapeute, achète un couteau Victorinox en lieu et place de l'outil prévu[15],[16].

Carte de Bellevue : le corps d'Adeline est retrouvé dans le bois d'Avault.

Le jeudi , Adeline Morel, choisie par l'institution pour cette mission en raison de son expérience, accompagne le détenu pour une séance d'équithérapie. Elle est seule, en raison d'un arrêt du Tribunal administratif du [17],[18]. Un détenu fait recours en 2009 contre la décision du Procureur général Daniel Zapelli de faire accompagner les sociothérapeutes, pendant les sorties des détenus, par un surveillant armé. Il obtient gain de cause en [19].

Fabrice Anthamatten s'intéresse aux chevaux et la sortie du jeudi est autorisée par le Service d’application des peines (SAPEM) et par la direction de la Pâquerette. Une première sortie le avec une autre thérapeute, fait l'objet d'une évaluation positive. Ces sorties ont pour but de confronter graduellement les détenus au monde extérieur en vue de leur libération conditionnelle. Pour Fabrice Anthamatten, l'examen de sa sortie conditionnelle est prévu pour , alors qu'il est condamné à 20 ans de réclusion[14]. Selon Panteleimon Giannakopoulos, chef du Département de santé mentale et de psychiatrie aux HUG, le détenu est alors autorisé à sortir sur la base d'un rapport de son psychiatre. Ce rapport est jugé peu objectif, car il ne provient pas d'une expertise indépendante et externe. Ainsi le détenu est autorisé à sortir sur la base de deux avis, émis par son psychiatre et la direction de la Pâquerette[20].

La disparition d'Adeline Morel est constatée le jeudi , car elle ne rentre pas à l'heure prévue, et ne donne plus de nouvelles depuis la fin de la matinée[21]. L'alerte est donnée par la police à 16 h, l'heure de la séance d'équithérapie était fixée à 11h[15] et ni Adeline ni le détenu ne s'y rendent[22]. Un mandat d'arrêt européen[23] est lancé le jeudi soir.

Le corps d'Adeline est retrouvé le vendredi à 11 h 19[24] dans le bois d'Avault, sur le territoire de la commune de Bellevue[25],[26]. Elle est attachée à un arbre et égorgée[22]. Le portable d'Adeline est géolocalisé à Bâle.

Funérailles

300 personnes se rendent aux funérailles d'Adeline Morel à l'église d'Avusy, dont une centaine de ses collègues des Hôpitaux universitaires de Genève[27]. Ces derniers ont également organisé un recueillement à l'Hôpital des Trois-Chênes. Le directeur de la prison de Champ-Dollon est présent.

Les conseillers d'État Charles Beer, Pierre-François Unger et Pierre Maudet sont présents aux funérailles, mais la famille leur demande de ne pas faire de discours.

Enquête

Débats suscités par l'affaire

Références

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