Dunlop Railroute
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| Désignation | 6782 AN 1 |
|---|---|
| Surnom | Railroute |
| Type | autobus rail-route |
| Constructeur(s) |
Dunlop Hotchkiss |
| Effectif | 1 |
| Écartement | standard (1 435 mm) |
|---|---|
| Puissance | 17 ch |
Le Railroute est un prototype d'autobus rail-route développé par Dunlop au début des années 1930. Il est construit sur la base d'un châssis d'automobile Hotchkiss carrossée en petit autobus. Il s'agit d'un véhicule automobile prévu pour rouler sur route ou sur rail grâce à des galets semblables à de petites roues ferroviaires. L'engin est présenté et essayé avec succès le en présence du ministre des Travaux publics et des directeurs des grands réseaux français.
En 1933, Dunlop reçoit de la part de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et du Midi (PO-Midi) une commande pour un autorail monté en partie sur pneumatiques. L'autorail Dunlop-Fouga est ainsi livré au PO-Midi en 1935.
La fin des années 1920 marque l'émergence puis le succès des premières michelines[1]. Ces autorails novateurs conçus par Michelin séduisent de plus en plus les grandes compagnies françaises. Ils sont notamment caractérisés par une conception très légère, rendue nécessaire par l'utilisation de pneurails en lieu et place des essieux ferroviaires classiques en acier et offrant une meilleure adhérence roue-rail[1].

Devant le succès naissant des michelines, l'entreprise britannique Dunlop cherche à travers sa filiale française à entrer également sur le marché de la construction ferroviaire et se lance dans quelques expérimentations[2]. Elle équipe ainsi au début des années 1930 une camionnette pick-up Berliet avec deux essieux ferroviaires de guidage encadrant le véhicules[2],[3]. Les roues à pneumatiques de la camionnette sont conservées et servent à propulser l'engin en reposant sur les rails[2]. La camionnette pèse 1 900 kg à vide et peut transporter 1 200 kg de charge utile[3]. Les roues ferroviaires de guidage sont solidaires des roues d'origine de la camionnette grâce à des demi-ressorts et sont reliées entre-elles par un câble en tension. La fonction de ces roues ferroviaires est triple[3] : assurer le guidage de l'engin, supporter son poids en cas de crevaison et au besoin assurer le retour de courant pour le shuntage des circuits de voie[4]. Ce principe de guidage séparé est essayé sur les voies de l'usine Dunlop de Montluçon-Saint-Jacques[2].
Pour poursuivre cette expérimentation, Dunlop modifie un châssis d'automobile Hotchkiss carrossée en petit autobus afin d'en faire un autobus rail-route. L'engin est ainsi surnommé Railroute par son constructeur. Ce prototype est présenté aux officiels venus inaugurer la ligne de La Ferté-Hauterive à Gannat le [3],[5]. Il est ainsi emprunté en ligne par Édouard Daladier, alors ministre des Travaux publics, et par certains dirigeants des anciennes compagnies venus assister à la démonstration[6].

Les bonnes performances du Railroute sont saluées et cette solution est vue comme une alternative intéressante aux autorails classiques[3],[7],[8]. Dunlop planche ainsi sur plusieurs configurations de véhicules routiers adaptés pour rouler sur rail permettant de contenir les prix de vente[2],[3]. Ces dessins reprennent en général les galets directeurs expérimentés sur le Railroute couplés aux roues à pneus. En 1933, le PO-Midi commande à Dunlop un autorail monté en partie sur pneumatique[9]. Dunlop s'associe à Fouga pour la construction de l'engin qui est livré en 1935[9]. Le PO-Midi l'affecte à Montluçon, à proximité des usines Dunlop[2],[9]. Il est radié par la SNCF peu après la Seconde Guerre mondiale[9].