Décret des Orphelins

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Au Yémen, le Décret des Orphelins autorise l'État zaïdite à prendre sous sa protection et à éduquer dans la religion musulmane tous les enfants dhimmi (non-musulmans) dont les parents sont morts quand il ou elle était mineur.

Tout d'abord introduit (ou ré-introduit) au cours du XVIIe siècle[1], le décret fut ignoré lors de la domination ottomane du Yémen (1872-1918), mais il a été de nouveau mis en œuvre sous le gouvernement de Yahya Muhammad Hamid ed-Din (1918-1948)[2]. Ce décret n'a d'équivalent dans aucun autre pays[3].

Bien que la conversion forcée ne soit pas largement reconnue dans les lois islamiques, l'historien Shelomo Dov Goitein estime qu'une conversion forcée des orphelins aurait pu être justifiée par les propos attribués à Mahomet qui énonce : « Chaque personne est née de religion musulmane et ce sont ses parents qui font de lui un juif ou un chrétien »[1].

Il y a seulement quelques histoires fragmentaires et isolées sur la mise en œuvre du décret des Orphelins avant la domination ottomane. Il n'a pas été appliqué de manière égale dans toutes les régions du Yémen. Il y avait des endroits où les juifs étaient en mesure de cacher les enfants orphelins et de les protéger d'une conversion forcée à l'islam[1]. Néanmoins, il existe bel et bien des récits de l'application du décret[1].

Shalom Shabazi, un poète juif qui vécut au XVIIe siècle au Yémen, écrit sur le sujet du « vol d'orphelins » dans l'un de ses poèmes. Une traduction du poème est ainsi : « Des milliers d'âmes d'orphelins, garçons et filles, ont été arrachées des bras de leurs parents, grand-père et grand-mère, par la force, par les nations, tous les jours, des nombreux rois du Yémen ».

Le rabbin Haïm Habshush écrit qu'à la fin du règne d'Al-Mansur Ali en 1809 l'imam construit des palais pour ses fils "et quand il installe ses fils dans les palais, il ordonne que les enfants juifs orphelins soient saisis et convertis pour en faire les serviteurs et les scribes de ses palais. « Dans le même récit, Haïm Habshush témoigne qu'il y en avait certains "qui cachaient les enfants dans leur maison jusqu'à ce qu'ils atteignent la majorité ».

Un autre récit est daté de 1850. L'érudit juif Amram Qorah relate une histoire concernant son père orphelin, qui fut caché par une famille juive dans leur maison et échappa ainsi à une conversion forcée[1].

Après la domination ottomane

Articles connexes

Notes et références

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