Décrétion de Childebert
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Droit romano-germain
| Nommé en référence à | Childebert II |
|---|---|
| Type de document | Décret |
| Législateur | Childebert II |
| Année | |
| Langue | Latin |
La décrétion de Childebert (du latin decretio, « décision ») est un texte qui organise et modernise la justice et la police en Austrasie, réforme la loi salique et instaure l'égalité entre les conquérants francs et la population gallo-romaine. La décrétion fut inspirée et rédigée par la régente Brunehaut (ou Brunehilde) et instaurée par son fils, le roi Childebert II. La décrétion de Childebert fut énoncée et publiée en [1].

Le Royaume des Francs entre en pleins conflits de rivalités pour la possession de territoires et de fiefs entre les différents héritiers du royaume de Clovis. C'est ainsi que peu après le mariage de Brunehaut[2], sa sœur aînée Galswinthe épouse Chilpéric Ier[3], dont une concubine, Frédégonde, aspire fortement à devenir reine.
En 570, le meurtre de Galswinthe est suivi par le remariage de Chilpéric avec Frédégonde. Cet évènement déclenche une longue guerre entre l’Austrasie et la Neustrie, au nom de la faide germanique. Avec l'appui du roi mérovingien Gontran, Brunehaut obtient à titre de compensation (wergeld) la cession à elle-même du douaire[4] de Galswinthe, consistant en plusieurs cités d'Aquitaine. Chilpéric n'accepte pas cette situation et se lance dans une guerre contre Sigebert Ier époux de Brunehaut. En 575, celui-ci réplique en lançant à partir de Paris deux attaques, d'une part vers Rouen, d'autre part vers la Picardie. Chilpéric s'enferme dans Tournai, tandis que Sigebert obtient le ralliement d'une partie de son armée à Vitry, près d'Arras : il est alors « hissé sur le pavois » (reconnu comme roi). Mais il est assassiné[5]par des hommes de mains de Chilpéric. Chilpéric s'empare alors de Paris où Brunehaut est faite prisonnière et emmenée à Rouen[5]. Childebert est proclamé roi à Metz et il reçoit l'appui de la noblesse du royaume de Sigebert et la protection de Gontran, qui devient son tuteur.
En 576, Brunehaut épouse le fils de Chilpéric, Mérovée. Chilpéric réagit à cet acte de rébellion en faisant tonsurer Mérovée qui est ensuite assassiné (577)[5]. Mais cet épisode permet à Brunehaut d'échapper à Chilpéric. Brunehaut rejoint son fils à Metz. Elle se heurte alors à une forte opposition des grands du royaume, dont les principaux, Aegidius, évêque de Reims et le duc Gontran Boson.
En 584, Chilpéric Ier est assassiné, laissant un fils âgé de seulement quatre mois, Clotaire.
En 585, la majorité de Childebert est proclamée, ce qui permet à Brunehaut de retrouver une meilleure position. Un rapprochement avec Gontran a lieu en 587, avec le traité d'Andelot[6] : au cas où un des deux rois mourrait sans fils, l'autre hériterait de son royaume (les droits éventuels de Clotaire, fils de Chilpéric, étant donc laissés de côté).
À la mort de Gontran en 592, Childebert hérite comme prévu de la couronne de Burgondie et sa mère Brunehaut règne de fait sur l’Austrasie et sur la Burgondie, mais doit faire face aux attaques de Frédégonde, régente de Neustrie pour le compte de son fils Clotaire II âgé de 8 ans.
Childebert meurt en 596, très probablement empoisonné, peut-être à l’instigation de Frédégonde, laissant deux fils, Thibert (ou Théodebert) en Austrasie et Thierry (ou Théodoric) en Burgondie.

