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Dépression des personnes autistes

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La dépression des personnes autistes survient fréquemment au cours de la vie, tant chez les enfants[1] que chez les adultes.

Faits en bref
Dépression des personnes autistes
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La symptomatologie de la dépression recoupe partiellement le comportement d'une personne autiste, ce qui rend son identification difficile. La prévalence de la dépression est élevée dans cette population (23 à 37 % des personnes autistes sont concernées par une dépression majeure au cours de la vie, avec des symptômes souvent persistants), ce qui souligne l'importance de soutiens précoces pour lutter contre la solitude, aborder la participation sociale et développer les habiletés sociales.

Causes

Pour Tony Attwood, l'association entre dépression et syndrome d'Asperger ne provient pas d'un aspect propre à cette forme d'autisme, mais est une conséquence de toutes les expériences de vie négatives des personnes concernées[2]. Il décrit des épisodes dépressifs « particulièrement sévères, longs et récurrents » dans sa clinique Minds and Hearts en Australie[2].

Une corrélation a été démontrée entre survenue d'épisodes dépressifs, haut score de quotient intellectuel et faible estime de soi ; cela amène diverses pistes explicatives, telles qu'une possibilité que l'intelligence augmente le risque dépressif, mais aussi un moins bon soutien social des personnes autistes à QI élevé, et une perception plus importante de leur part des discriminations sociales qu'elles vivent[3].

Signes cliniques

L'identification de la dépression chez une personne autiste est complexifiée en raison d'un chevauchement de symptômes : le comportement d'une personne ayant des troubles du spectre de l'autisme masque en effet partiellement la symptomatologie de la dépression[1]. C'est particulièrement le cas pour ce qui concerne le retrait social, les troubles de l'alimentation et les troubles du sommeil, qui sont des symptômes fondamentaux à la fois de l'autisme et de la dépression[4]. D'après Katherine M. Magnuson et John N. Constantino, il existe aussi des symptomatologies atypiques de la dépression chez les enfants autistes[1].

Certains symptômes fréquemment associés à l'autisme, tels que l'obsession et l'automutilation, peuvent être aggravés pendant un épisode dépressif[4].

Parmi les facteurs prédictifs (facteurs de risques) figurent : un QI plus élevé, un diagnostic d'autisme plus tardif, des traits autistiques marqués — notamment les comportements restreints et répétitifs — et les séquelles post-traumatiques d'expériences sociales négatives, dont le harcèlement, le viol ou des violences subies dans l'enfance ont été associés à un risque accru, une conscience de ses propres déficits, une capacité d'introspection, le temps de l'adolescence et l'alexithymie, tandis que des interactions sociales positives semblent protectrices[5].

La littérature repose toutefois encore beaucoup surtout sur des études transversales, les données longitudinales étant rares, souvent centrées sur les adultes ou basées sur de petits échantillons, d'où l'intérêt d'études prospectives visant à identifier les facteurs individuels, familiaux et environnementaux associés à l'émergence ultérieure de symptômes dépressifs chez les jeunes autistes[6].

Prévalence, fréquence

Le Dr Mohammad Ghaziuddin estime, en 2002, que la dépression est probablement le trouble psychiatrique le plus fréquemment associé aux troubles du spectre de l'autisme[7]. En raison des difficultés d'identifications, la fréquence des dépressions chez les personnes autistes est difficile à estimer avec précision[1]. Stewart et al. estiment, en 2006, que ce tableau clinique est « fréquent »[4].

Les résultats de l'étude de Susan Dickerson Mayes et collègues, en 2011, suggèrent un lien direct entre l'anxiété, la dépression, et l'autisme, avec une composante développementale (la fréquence de la dépression augmentant avec l'âge et le QI des personnes autistes)[8]. La dépression est présente chez environ la moitié des 627 enfants autistes étudiés[8].

En 2019, la recension de littérature publiée par Hollocks et collègues conclut qu'entre 23 et 37 % des personnes autistes sont concernées par une dépression majeure[9].

Chez les jeunes autistes, la dépression figure parmi les comorbidités les plus fréquentes : une méta‑analyse indique qu'ils sont quatre fois plus susceptibles d'en souffrir que leurs pairs non autistes et davantage exposés aux tentatives de suicide[10],[5]. L'état dépressif dégrade fortement leur qualité de vie et le fonctionnement global dans l'autisme[6].

La prévalence augmente avec l'âge (comme dans la population générale) et les études ne montrent pas de différence selon le sexe alors que dans la population générale les femmes sons plus touchées[6].

Notes et références

Annexes

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