Edgar Feuchtinger

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Décès (à 65 ans)
Berlin, Allemagne
OrigineDrapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Empire allemand (jusqu'en 1918),
République de Weimar (jusqu'en 1933),
Troisième Reich
Edgar Feuchtinger
Edgar Feuchtinger
Generalleutnant Edgar Feuchtinger, le 30 mai 1944

Naissance
Metz, Alsace-Lorraine
Décès (à 65 ans)
Berlin, Allemagne
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Empire allemand (jusqu'en 1918),
République de Weimar (jusqu'en 1933),
Troisième Reich
Grade Generalleutnant
Années de service 1914 – 1945
Commandement Kommandeur de la 21e Panzerdivision
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de Normandie
Campagne de Lorraine
Distinctions Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes
Autres fonctions Renseignement

Edgar Feuchtinger, (Metz le - Berlin-Ouest, le ) est un général de division allemand de la Seconde Guerre mondiale. Largement décoré, il fut pourtant condamné à mort par un tribunal militaire nazi, pour défaitisme, en [note 1]. Après-guerre, Edgar Feuchtinger fut par ailleurs mêlé à une affaire d’espionnage[1], dans le contexte de la guerre froide.

Première Guerre mondiale

Edgar Feuchtinger naît le , à Metz, une ville de garnison animée d'Alsace-Lorraine[2]. Avec sa ceinture fortifiée, Metz est alors la première place forte du Reich allemand[3], constituant une pépinière d'officiers supérieurs et généraux[note 2]. Attiré par la carrière des armes, comme ses compatriotes Hans-Albrecht Lehmann, Kurt Haseloff et Theodor Berkelmann, le jeune Edgar rejoint, en 1907, une école des cadets, à Karlsruhe. Il se distingue rapidement par ses capacités militaires. C'est donc naturellement qu'il s'engage en [4].

Pendant la Première Guerre mondiale, Edgar Feuchtinger combat avec le 14e régiment d'artillerie à pied en Russie et en France, où il participe notamment à la bataille de Verdun, à la bataille de la Somme et à la bataille de l'Aisne. Promu Leutnant, sous-lieutenant, en , Feuchtinger termine la guerre comme officier subalterne. Au cours de ce conflit, il fut décoré à plusieurs reprises, notamment par les croix de fer de 2e et 1re classes[4].

Entre-deux-guerres

Après guerre, Feuchtinger poursuit sa carrière dans la Reichswehr, l'armée allemande de la République de Weimar. Affecté dans des régiments d'artillerie, il gravit un à un tous les échelons hiérarchiques. Oberleutnant en , Feuchtinger est promu Hauptmann, capitaine, en et Major, commandant, en . En , il prend le commandement du 3e bataillon du 26e régiment d’artillerie. Le , le commandant Feuchtinger est promu Oberstleutnant, lieutenant-colonel. Il est nommé commandant du 227e régiment d’artillerie, le , à la veille de la Seconde Guerre mondiale[4].

Seconde Guerre mondiale

Le commandant Becker, le général Feuchtinger et Erwin Rommel au printemps 1944.

Au début la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-colonel Feuchtinger participe à l’invasion de la France à la tête du 227e régiment d’artillerie, recevant pour son action l’agrafe de la croix de fer[4]. Son régiment est ensuite stationné en France. À l'automne 1941, le 227e Artillerie-Regiment est envoyé sur le front de l'Est. Alors qu'il se bat dans le nord de la Russie, Feuchtinger est promu Oberst, colonel, en . Placé dans la Führerreserve en , il est nommé chef du Kampfgruppe A, composé principalement d'éléments de la 10e Panzerdivision dans le courant de l'automne[4]. Le , Feuchtinger reçoit le commandement de la Schnelle Brigade West, la 931e brigade d'artillerie motorisée. Le , il reçoit la croix allemande en argent et prend le commandement de la 21e Panzerdivision[note 3], reformée à Rennes autour de sa brigade rapide[4].

Promu Generalmajor, général de brigade, le , Feuchtinger est officiellement nommé Kommandeur de la 21e Panzerdivision. Cette unité dépend alors du Groupe d'armées B du Generalfeldmarschall Erwin Rommel[5]. Après une inspection de la 21e Panzer Division à Falaise, Rommel ne peut s'empêcher de penser que l'ingénieux Feuchtinger est peut-être apprécié du parti, mais que la discipline militaire lui semble totalement étrangère, à lui comme à ses officiers[6]. Le jour du débarquement, alors que sa division est en alerte au sud de Caen, Feuchtinger est d'ailleurs en permission à Paris, pour faire la fête[6] avec sa maîtresse, une danseuse noire[7].

L'ironie de l'histoire veut que Rommel ait été lui-même en permission auprès de sa famille le Jour J. Cette permission devait lui permettre de fêter l'anniversaire de sa femme, mais aussi de convaincre Hitler de la nécessité de mettre les divisions de Panzer près de la côte, Rommel ayant compris que si le débarquement réussissait, la maîtrise des airs des Alliés sur le continent européen leur assurerait la victoire[8]. Contrairement au général von Salmuth, son compatriote, Feuchtinger comprend très vite qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre de diversion des Alliés, mais d’un véritable débarquement[note 4]. Il engage immédiatement ses troupes dans la Bataille de Normandie. À la tête de sa division blindée, il contre-attaque au nord de Caen[9]. Un mois plus tard, le , Feuchtinger reçoit ainsi la croix de chevalier de la croix de fer pour sa bravoure au combat. Le , il est promu au grade de Generalleutnant, général de division, avec effet rétroactif au [4].

Reformée autour de la 112e brigade blindée, la 21e Panzerdivision est envoyée en Lorraine, dans le secteur de Charmes - Épinal, pour contrer l'offensive Alliée. Alors qu'il est Kampfkommandant de Baccarat, où stationne sa division, le général Feuchtinger est obligé de battre en retraite devant la 2e DB du Général Leclerc, qui attaque en force le .

En , alors que sa division est impliquée dans des combats acharnés dans la région de Sarrelouis, le général Feuchtinger s’affiche volontairement à Celle en compagnie de sa maîtresse, ne cachant plus ses doutes quant à l’issue de la guerre. Il est naturellement arrêté le , et jugé par un tribunal d’exception[4]. Le général Feuchtinger est alors condamné à mort pour trahison[10], mais finit par échapper in extremis à cette sentence[note 5]. Il se constitue finalement prisonnier auprès des Alliés à Hambourg [11].

Après-guerre

Le général Feuchtinger reste prisonnier jusqu'en [4]. Dans les années cinquante, en tant qu'acteur de la bataille de Normandie, il donne des conférences sur le sujet, notamment le , sur le champ de bataille de Caen, devant des élèves-officiers de l'école britannique d'état-major[12]. Dans le contexte de la guerre froide, Edgar Feuchtinger est par ailleurs mêlé à une affaire d’espionnage[1]. Il aurait recruté, pour les services de renseignements soviétiques, des officiers d'état-major allemands, notamment le colonel Otto von Hinckeldey[12]. Il est aussi suspecté d'avoir remis des informations sur le réarmement de l'Allemagne au GRU, la Direction générale des renseignements soviétiques[4].

Edgar Feuchtinger s'éteindra le à Berlin-Ouest.

Commandements

  • Kommandeur de la 21e Panzerdivision ( - et - ).

Promotions

Leutnant18 août 1915
Oberleutnant
Hauptmann
Major
Oberstleutnant
Oberst
Generalmajor
Generalleutnant

Distinctions

Notes et références

Sources

Liens externes

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