Ediciones Torremozas est une maison d'édition espagnole spécialisée dans la diffusion de littérature écrite par des femmes.
Torremozas a été fondée par la poétesse et essayiste Luzmaría Jiménez Faro en 1982 à Madrid. Dès le début, l’objectif principal était la diffusion de la littérature féminine, en particulier dans le genre poétique; la publication de travaux d’auteures nouvelles et la récupération de l’œuvre de nombreuses écrivaines et intellectuelles oubliées ont été orientés a ce fin. C’était aussi une réponse à un besoin de l’époque: malgré la transition démocratique, les femmes écrivaines continuaient de rencontrer des difficultés pour accéder aux maisons d’édition[1]. Après la mort de Luzmaría Jiménez en 2015, sa fille Marta Porpetta Jiménez a pris la relève à la tête de la firme[2].
Catalogue
Couverture de Cancionero de la enamorada, de Carmen Conde, publié par Ediciones Torremozas
Le quasi-millier de titres que Torremozas avait édités lors de son quarantième anniversaire[3] et ceux qui vendraient ensuite sont distribués dans plusieurs collections qui comprennent différents genres (roman, théâtre, essai, biographie, mémoires, épistolaires)[4], bien que les collections dédiées au lyrique prédominent. En 1982 le fond a été inauguré par le premier volume d'une série poétique, la Collection Torremozas; le volume s'intitulait Poemas (Primera selección de nuevas voces) et réunissait des compositions de quatre poétesses: Lola Deán, Pilar Monzón, Amaranta Ortega et María Carmen Tobajas. Cette volonté manifeste dès le premier titre de faire connaître des auteures émergentes a coexisté avec la récupération de figures consolidées mais souvent oubliées par le monde de l'édition (leurs œuvres étaient introuvables par la pénurie de rééditions) ou directement marginalisées ou ignorées[1].
Dans ce domaine il faut souligner l'attention à l'héritage littéraire de Carmen Conde et Gloria Fuertes. Ce n'est pas fortuit, mais conséquence logique de la relation directe de les deux écrivaines avec Luzmaría Jiménez, qui a été désignée exécutrice testamentaire par Conde et héritière universelle de Fuertes[3]. Il faut citer aussi les volumes poétiques d'auteures contemporaines avec une longue trajectoire, comme Pino Ojeda (El alba en la espalda, 1987), Aurora de Albornoz (Canciones de Guiomar, 1990), Elena Andrés (Talismán de identidad, 1992), Ernestina de Champourcin (Del vacío y sus dones, 1993), Concha Zardoya (El don de la simiente, 1993) y Ana Rossetti (Panabcdario, 2014).
La maison d'édition n'a pas négligé la production de poétesses qui peuvent être considérés classiques: Emily Dickinson, Emily Brontë, l'espagnole Carmen de Burgos, l'argentine Alfonsina Storni, l’uruguayenne Juana de Ibarbourou ou la portugaise Florbela Espanca. Luzmaría Jiménez est également responsable d'une tâche remarquable de compilatrice de la poésie féminine, comme en témoigne la publication à Torremozas de ses quatre volumes (1995-2002) de Poetisas Españolas. Antología general (Volume I. Jusqu'en 1900; Volume II. De 1901 à 1939; Volume III. De 1949 à 1975; Volume IV. De 1976 à 2001)[1].
Notes et références
123(es) Francisco Javier Garcerá Román, «Ediciones Torremozas (1982-)», Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes (consulté le )