Emma Dusong

artiste, compositrice française From Wikipedia, the free encyclopedia

Emma Dusong, née en 1982 aux Lilas, est une plasticienne, compositrice et réalisatrice française[1],[2]. En France, elle fait partie des précurseurs du journal vidéo à la fin des années 1990 puis de la voix chantée au sein des arts plastiques au début des années 2000[3]. Son médium principal est la voix qui prend différentes formes : le film documentaire, la performance, la vidéo, le son, l’installation, les objets modifiés parfois motorisés et la gravure en taille-douce.

Naissance
Nationalité
Autres activités
Faits en bref Naissance, Nationalité ...
Emma Dusong
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Directrice de thèse
Françoise Parfait (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Site web
Fermer

Elle vit et travaille à Paris et à Chamonix-Mont-Blanc.

Biographie

Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec les félicitations du jury en 2008[4], Emma Dusong est également docteur en science de l’art et esthétique depuis 2011[5].

Elle commence à présenter son travail au début des années 2000 avec les projections de ses films dans des festivals en France et à l’étranger. Son journal filmé Ailleurs, réalisé en 1998-2002 lors de son année passée aux États-Unis durant son adolescence, et d’autres réalisations sont diffusés au festival international du film de La Rochelle en 2004[6],[7].

Elle oriente ses premiers films autour d’un questionnement de soi et des autres et de la force des individus qu’elle prend comme sujets. Elle travaille notamment sur la notion du « face à face », remettant en question les normes sociales qui régissent les rapports humains et révélant la douleur que l’on cache, avec son documentaire et installation Face à la douleur (2006)[8]. En 2008, elle reçoit le prix Agnès b. pour sa première œuvre vocale motorisée déclenchée par une performance[9] et entame une résidence au Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo[10].

En 2020-2021, elle est membre artiste de la Casa de Velázquez[11].

Distinction

La voix

Le désir de chanter d'Emma Dusong part d’une envie de prendre un risque dans son travail plastique en y intégrant une pratique nouvelle, ce qu’elle explique dans Les Carnets de la création, émission de France culture dirigée par Aude Lavigne[13]. L’artiste, ayant choisi ce médium car il lui semblait vivant[14], s’interroge sur la voix et sa place, ses significations et ses caractéristiques propres[15]. Marie Gayet considère que l’artiste cherche à « décloisonner les pratiques de la musique à travers le chant et celle des arts plastiques[16] ». Son travail explore les différentes fonctions sensibles et physiques du médium vocal et remet en question son statut, le liant à l’espace et au champ de la scénographie. Alexandre Castant, spécialiste des arts sonores, inscrit Emma Dusong dans la lignée de Kristin Oppenheim et Susan Philipsz (en)[3]. D'autres voix que la sienne apparaissent amplement dans ses œuvres chantées à partir de 2020[17].

Elle explore le médium de la performance chantée en le transformant en une interrogation continue sur la présence nécessaire du corps et l’imprédictibilité qui en découle, découvrant une temporalité nouvelle avec les installations[15]. Régis Durand lie ce travail sonore et vidéographique à la performance qui selon lui propose une prise de « possession de l'espace », « un espace-temps non réversible », « une aventure narrative »[18]. Quand il s’agit d’installation sonore débutant par un chant en direct, l’artiste préfère le terme de « déclenchement », « activation » ou « amorce » car ce qui l’intéresse est « d’engendrer une durée[19]. » Invitée à recommander un artiste du futur, l’artiste Annette Messager décrit le rituel de l’initialisation des installations sonores d'Emma Dusong : elle chante en direct puis les machines le font[20].

Thématiques

L'artiste aborde des thèmes comme le vivant et le deuil, l’enfance et la vieillesse, la liberté et le rapport aux pouvoirs qui régissent la société, les questions environnementales et la place de l’individu face aux autres[21]. Elle travaille régulièrement avec des objets modifiés et tirés de la vie du quotidien, soulevant des problématiques liées aux émotions et représentations qui s’y rattachent[22]. De par la transformation des objets inanimés en objets chantants, son travail prend une dimension onirique[23] et aborde la question de la métamorphose[24]. Elle travaille également sur des œuvres parlées, explicitement engagées. Dans L’appel, performance participative, l’artiste appelle les visiteurs à répondre de leur présence par les noms d’individus ayant marqué l’histoire par un geste contestataire. Avec Les décisions, réalisé dans un centre de postcure de désintoxication, l’artiste invite les patients et l’équipe thérapeutique à confier à une grotte une décision importante pour leur avenir[25]. Son travail sur l’écologie et notre rapport à l’environnement est également visible dans sa pièce Larmes, finalisée en 2018, moulages d’un visage pleurant soit des larmes de glace ou de miel, rappelant aux visiteurs la menace devenue réalité de la disparition du vivant[26]. Avec 面向汝 (Měing-hyong nȳ), une installation vidéo réalisée sur les Îles Matsu, elle s'interroge sur les moyens de faire face aux peurs et aux menaces[27].

Expositions

Au sein d’expositions collectives ou lors de performances, le travail d’Emma Dusong est présenté dans des institutions et espaces tels qu’au Musée d'Art contemporain de Taipei, MoCA Taipei, au palais de Tokyo, au musée Bourdelle[28], à la fondation d'entreprise Ricard[29],[30], au château d'Avignon[31], au musée de la chasse et de la nature[32], à l'Espace culturel Louis Vuitton, au Total Museum of Contemporary Art (Séoul)[33], au musée Gassendi[34], au centre Pompidou[1], Cultural Foundation of Tinos (Grèce)[35], à la Kunsthalle Mulhouse[36], au fonds de dotation Maison Bernard[37] et au musée d'Art contemporain du Val-de-Marne[38], ainsi qu'à l'occasion d'évènements comme Nuit blanche[39].

En 2016, elle fait l’objet de deux expositions personnelles consécutives. Suivre sa voix, au Centre régional d’art contemporain Occitanie à Sète[40] et Source Sonore, présenté au Centre d’art informel de recherche sur la nature (CAIRN), à Digne-les-Bains, à l’issue d’une résidence artistique[41]. La même année, elle participe à l’exposition Polyphonies à Paris au Centre Pompidou[1], où elle présente Robines (2016). Parallèlement elle donne un cycle de conférences au Centre Pompidou sur l’importance du chant dans l’art et le cinéma[1].

De 2015 à 2017, elle est invitée par le fonds de dotation Maison Bernard à investir l’architecture d’Antti Lovag. Elle réalise une œuvre in situ, Et O, où sa voix se mêle aux formes organiques de la maison pour la faire chanter[42],[37].

Dans La voix libre, en janvier 2019, à la galerie Les Filles du Calvaire, l’artiste décline la voix comme médium artistique à travers trois de ses œuvres majeures, Classe, L’Observatoire et Et O et développe son questionnement sur le chant, la liberté, et l’introspection[43]. La dimension scénographique est importante pour l’artiste. Loïc Le Gall, commissaire indépendant et attaché de conservation au Centre Pompidou, revient sur le titre de l’exposition, La voix libre, où l’artiste propose selon lui un espace affranchi des contraintes[44].

En 2021-2022, Emma Dusong participe à l'exposition When Islands Dream autour des Îles Matsu au MoCA, le Musée d'art contemporain de Taipei[45] . À cette occasion, elle compose pour la première fois pour d'autres voix et en dialecte Matsu[27].

Enseignement et recherche

Emma Dusong enseigne en tant que maîtresse de conférences à l'université de Picardie Jules-Verne à Amiens. Elle a été directrice de la licence d’arts plastiques au sein de la faculté des arts de 2018 à 2019[46]. Depuis sa thèse sur la place de la voix chantée dans l’art contemporain et le cinéma[47], elle publie et fait régulièrement des conférences sur ce sujet. Sa recherche donne une place importante à la parole des artistes au travers d’échanges, études d’archives et entretiens[15] : Vito Acconci, Kristin Oppenheim, Claude Lévêque, Shilpa Gupta, Dominique Robin, Christian Boltanski, Laurie Anderson[48], Meredith Monk[48], Félicia Atkinson, Dominique Petitgand, Thierry Kuntzel, Chris Marker.

Collections publiques

Collection privée

  • Fonds de dotation Maison Bernard[42].

Principales expositions personnelles

  • 2003 : Ailleurs, Espace Croisé, Centre d’art contemporain de Roubaix[50].
  • 2004 : festival international du film de La Rochelle[2].
  • 2012 : Classe, École nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine, Nuit blanche, Paris[51].
  • 2014 : Seuils silencieux, Laleh June Galerie, Bâle[52].
  • 2015 : Des espoirs, La cuisine, Centre d’art et de design, Nègrepelisse[53].
  • 2016 : Suivre sa voix, Centre régional d’art contemporain Occitanie, Sète[54].
  • 2016 : Source sonore, Centre d’art informel de recherche sur la nature, Digne-les-Bains[55].
  • 2017 : inauguration de Et O, Fonds de dotation Maison Bernard, Théoule-sur-Mer[42].
  • 2019 : La voix libre, galerie Les Filles du Calvaire, Paris[56].

Résidences artistiques

  • 2008-2009 : Le Pavillon, laboratoire de création du Palais de Tokyo, Paris[57].
  • 2014-2015 : La cuisine, Centre d’art et de design, Nègrepelisse.
  • 2015-2016 : Centre d’art informel de recherche sur la nature, Digne-les-Bains.
  • 2016-2017 : Fonds de dotation Maison Bernard, Théoule-sur-Mer.
  • 2020-2021 : Casa de Velázquez, Madrid[11].

Prix

  • 2001 : premier prix du documentaire à L’Aventure des premiers films, Forum des Images.
  • 2008 : prix agnès b., association des amis des Beaux-Arts de Paris[9].
  • 2010 : dotation, Audi Talents Awards, Foire internationale d'art contemporain, jury dirigé par Jennifer Flay[58].
  • 2011 : finaliste du prix Paris jeunes talents.

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI