Eric Schiller
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 63 ans) Palo Alto |
| Nom de naissance |
Eric Andrew Schiller |
| Nationalité | |
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| A travaillé pour | |
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| Sport | |
| Titre aux échecs |
Maître de la Fédération internationale des échecs (à partir de ) |
| Classement Elo |
1 989 () |
| Site web |
Eric Schiller est un joueur d'échecs et linguiste américain né le à New York et mort le [1] à Palo Alto[2] d’une maladie cardio-vasculaire. Il est l'auteur ou le co-auteur de très nombreux ouvrages, notamment sur les échecs (plus d'une centaine), mais aussi en linguistique.
Palmarès
En 1974, Schiller a été champion junior de l'état de l'Illinois[2]. Il a été désigné capitaine d'équipe aux jeux mondiaux des étudiants de 1981.
Il a été à plusieurs reprises membre de l'équipe de l'Université de Chicago aux championnats d'échecs inter-collèges pan américains[2]. En 1986, il a fait partie de l'équipe victorieuse[2].
En 1988, il a partagé la première place avec le Grand maître international Dmitry Gurevich aux championnats par classes de l'Illinois[2].
Il a remporté les championnats d'action[Quoi ?] et de blitz de l'état de Hawaï en 1988/1989[2],[3].
Il a fini premier du championnat Calchess de Californie du Nord en 1995[4].
Schiller a affirmé qu'il se souciait plus de produire du beau jeu que de gagner des tournois : « J'ai toujours été séduit par la tentation du sacrifice »[5].
Maître USCF et FIDE
Parmi ses accomplissements en face-à-face figurent l'obtention des titres de Maître national USCF et maître de la Fédération internationale des échecs (FIDE).
En 1986, il est parvenu à son classement Elo record : 2370[4],[2].
Entraîneur
Eric Schiller a été au cours de sa vie :
- « entraîneur de bon nombre des meilleurs jeunes joueurs américains »[6], y compris, avec Jeremy Silman et Pal Benko, de la délégation américaine aux championnats du monde juniors 1996 et 1998,
- instructeur d'échecs dans des écoles de Californie du Nord,
- capitaine de plusieurs équipes inter-collèges panaméricaines.
En 2013, même s'il a été amputé du pied et du bras droits pour cause de diabète en 2010[2], il était l'entraîneur d'échecs du Fremont Summer Chess Camp à Fremont, en Californie[2].
En outre, il a proposé des cours d'échecs par visioconférence sur internet. Il était le rédacteur en chef du magazine en ligne gratuit chesscity.com (maintenant disparu).
Organisateur pour la FIDE
Eric Schiller a été directeur de tournois et organisateur international pour la FIDE. Il a organisé plus de deux douzaines de tournois à normes ainsi que trois tournois internationaux à Hawaii. En 1983, il a organisé le Championnat du monde par équipes juniors à l'Université de Chicago[2]. De 1994 à 1998, il a contribué à l'organisation du festival d'échecs international de Hawaii[2], incluant l'US Open de 1998 à Kona[7].
En 2000, il a reçu le titre d'organisateur international[2].
Journaliste
En 1986, grâce à l'appui de Raymond Keene, il a dirigé la salle de presse à Londres lors de la première moitié du Championnat du monde d'échecs entre Kasparov et Karpov[2]. Il s'est vu interdire l'entrée en URSS pour la seconde moitié du match. Son visa lui a été refusé[2]. Schiller a déclaré qu'à la demande de Florencio Campomanes, les autorités soviétiques avaient marqué sur sa fiche qu'il avait eu une conduite inappropriée lors de son séjour de 1984 pour le compte d'Associated Press. Eric Schiller dément[8].
En 1990, il a été officier de presse lors du Championnat du monde d'échecs entre Kasparov et Karpov qui s'est tenu à New York[2]. Un article du New York Times du [9] le présente ainsi : « Eric Schiller, le porte-parole du match, âgé de 35 ans, qui connaît bien les deux joueurs et dont les talents linguistiques et échiquéens semblaient être des atouts importants pour faire face aux exigences de la presse internationale. Je parle couramment le russe, l'allemand et le khmer, et je peux communiquer dans de nombreuses autres langues. ».
Lors de ce même match, il a aussi été interviewé et cité par le New York Times du pour un billet humoristique[10].
Arbitre
En 1980, Schiller a reçu le titre d'arbitre international[2].
Schiller a été un des arbitres lors de plusieurs matchs et championnats notables, dont le Championnat du monde d'échecs 2000 (classique) (arbitre-adjoint sous la direction de Youri Averbakh et avec Andrzej Filipowicz (en)). Il a également arbitré le Championnat du monde de la Fédération internationale des échecs 2000. Alors que le Champion du Monde 2000 Classique nouvellement couronné Vladimir Kramnik, et son adversaire d'alors, Garry Kasparov, joueur le mieux classé au monde et précédent Champion du Monde Classique, ont choisi de ne pas participer à l'événement, ils avaient tous deux soutenu Schiller pour ce rôle sensible pendant les phases de planification[11]. En 2006, il a été l'un des arbitres du Festival international d'échecs Gibtelecomà Gibraltar[2]. et il a également arbitré le Mémorial Staunton à Simpson's-in-the-Strand (en) en 2005, 2007 et 2008[12].
En , les organisateurs du Challenge Homme contre Machine Brains in Bahrain (en) ont annoncé la nomination de Raymond Keene comme Directeur du match, et celles d'Enrique Irazoqui et de Schiller comme arbitres. Il s'agissait du match entre le champion du monde Vladimir Kramnik et le programme informatique Deep Fritz[13]. Quand Brain Games a vendu les droits du match au groupe Einstein Group PLC[14], ce dernier a engagé Malcolm Pein (en) pour assumer le rôle précédemment occupé par Raymond Keene, et la participation de Schiller a été refusée par l'équipe de Fritz.
Développeur informatique
Eric Schiller a été partie prenante au développement de logiciels et de didacticiels pour l'enseignement des échecs. Il a contribué à Kasparov's Gambit en 1993[2], à Chessmaster 5000[15] (pour Windows) et est l'auteur du logiciel d'enseignement des échecs Dr. Schiller's Chess[16], qui intègre les innovations de Jeff Mallett en matière de moteur d'échecs[17].
Publications échiquéennes
La vulgarisation à grande échelle
Eric Schiller est, après Raymond Keene, qui a lancé la carrière de Schiller en tant que journaliste (voir ci-dessus), arbitre (Olympiade d'échecs de Malte en 1980) et écrivain[18], l'auteur le plus prolifique du monde échiquéen : il a publié plus de 100 livres sur les échecs parmi lesquels Batsford Chess Openings[19], The Big Book of Busts[20] réédité chez l'éditeur très respecté New in Chess sous le titre Taming Wild Chess Openings[21], Winning with the Hypermodern[22], How To Win With Hypermodern Chess Strategy[23], Kasparov's Opening Repertoire[24], Play the Tarrasch[25], Secrets of the King's Indian Defense[26], Secrets of the Sicilian Dragon[27] et World Champion Openings[28].
Des livres de qualité déplorable et déplorée
Eric Schiller a une très mauvaise réputation en tant qu'auteur. N'étant même pas maître international, et consacrant peu de temps à la rédaction de chaque livre, il est accusé de bâcler ses ouvrages, jugés par ailleurs superficiels.
Mauvaise qualité des livres
Edward Winter écrit : « dans notre livre Kings, Commoners and Knaves, nous avons signalé des dizaines d'erreurs historiques et autres (y compris des fautes de frappe) dans son livre World Champion Combinations (dans lequel, par exemple, le chapitre sur Capablanca a six parties et quatre positions, avec des bourdes factuelles évidentes dans chacune d'entre elles) »[29].
Pour son ouvrage Encyclopedia of Chess Wisdom, un de ses succès commerciaux, Edward Winter pointe des fautes d'orthographe, des diagrammes erronés, de mauvais coups, des coups impossibles, et que Schiller fait parler des morts[30].
Schiller admet lui-même les lacunes des éditions Cardoza en matière de correction des épreuves et de mise en page, cette société n'ayant pas de responsable éditorial pour les échecs. Cardoza est de fait spécialisée dans les livres sur le poker, et non les échecs, mais Schiller, en restant chez son éditeur, cautionne les pratiques de ce dernier.
Outre les fautes d'orthographe et les erreurs typographiques omniprésentes, on note l'aspect « bas de gamme » des analyses : dans ses livres-répertoires, Schiller couvre plus que les auteurs réputés les déviations que ceux-ci rejettent d'un revers de la main mais que l'on rencontre entre amateurs. Au contraire, dans ses livres généralistes sur les ouvertures[31] Schiller couvre moins de lignes, mais avec plus de prose, que les auteurs de livres pour joueurs avancés : à la différence d'Alexandre Kotov, il ne liste pas les coups-candidats et n'examine pas méthodiquement suivant un arbre d'analyse les différentes sous-variantes. De fait, Schiller reconnaît lui-même qu'il arrivait à écrire tant d'ouvrages parce qu'il se contentait d'insérer des annotations faciles à comprendre avec juste un soupçon de tactique pour expliquer les idées[2].
Un lectorat nécessairement de faible niveau
Malgré la qualité généralement reconnue comme médiocre de ses livres, Schiller est un auteur populaire. Il a de nombreux fans parmi les joueurs débutants et de club[32]. Surtout, ses livres sont bien accueillis par les éditeurs. Certains ont dépassé les 15 000 exemplaires vendus[33].
Un lecteur[34] écrit que : « cela dépend vraiment de votre niveau de jeu. Si vous êtes un joueur relativement faible (disons, avec un classement Elo de 1400 ou moins), je suis sûr que vous pouvez tâter la température de l'eau du bain en utilisant ce livre. ». Un autre qu'il est néfaste pour la suite de ne pas commencer par de « bons auteurs » et acquérir des bases saines. De ce point de vue, l'ultra-vulgarisation pratiquée par Schiller ne comble pas forcément un vide dans la production échiquéenne.
Critiques très négatives
La critique par Carsten Hansen du livre de Schiller The Frankenstein-Dracula Variation in the Vienna Game, parue sur le site ChessCafe.com (en) dit : « J'ai vu des milliers de livres d'échecs au fil des ans, mais ce livre est de loin le pire livre que j'aie jamais vu. Je n'ai pas de mots pour exprimer le degré de dégoût que je ressens. C'est triste que quelqu'un veuille mettre son nom sur de telles ordures, mais pour certaines personnes, ce n'est qu'une question d'être payé ; ils sont prêts à tout pour de l'argent. »
Toujours sur le site ChessCafe.com[35], le compte-rendu de la lecture par Taylor Kingston de Learn from Bobby Fischer's Greatest Games (publié chez Cardoza) était le suivant : « C'est la pire œuvre que nous ayons jamais vue comme livre d'échecs. Nous le recommandons uniquement aux membres d'intelligence inférieure à la moyenne des plus jeunes générations qui aiment être infantilisés, ou peut-être pourrait-on l'offrir à un rival honni mais prometteur que l'on souhaite dissuader d'étudier les échecs ».
Taylor Kingston est d'avis que « l'écriture de Schiller est non seulement indigente, mais elle démontre qu'il est soit ridiculement incompétent, soit très malhonnête »[36].
Le commentaire de Tony Miles, lui-même adepte des défenses excentriques, dans le magazine Kingpin sur le livre de Schiller Unorthodox Chess Openings tient en deux mots : « Totalement merdique »[37].
Accusation de plagiat
Edward Winter a même accusé Schiller d'être un plagiaire : « Le livre Encyclopaedia of Chess Middlegames (Chess Informant, Belgrade, 1980) a été pillé par Eric Schiller dans son volume The Big Book of Combinations (Hypermodern Press, San Francisco, 1994). Il est de coutume que les auteurs de telles œuvres « empruntent » largement les uns aux autres, mais Schiller est allé bien au-delà de cela. Il a reproduit des centaines (de nombreuses centaines) de positions, et s'est trahi en répétant sans discernement d'innombrables erreurs du volume précédent. La plupart des combinaisons dans le livre de Schiller ont été recopiées, sans un mot de crédit, de l'Encyclopaedia »[29].
Outrance commerciale
Alors que ses ouvrages sont écrits par un joueur au classement Elo record de 2370 nécessairement à destination des joueurs peu expérimentés et des joueurs mal classés, Eric Schiller est présenté comme beaucoup plus compétent qu'il ne l'est : on lit dans les quatrièmes de couverture de nombre de ses livres (ceux publiés chez Cardoza) que, « largement considéré comme l'un des principaux analystes, écrivains et professeurs d'échecs »[38], il est « le plus grand écrivain au monde sur les ouvertures d'échecs ». Il est censé être l'auteur d'« éditions définitives » sur celles-ci.
D'autres estiment qu'un livre sur les ouvertures datant des années 1980 / 1990 est obsolète, et que les ouvrages de Schiller manquent de profondeur : ils sont destinés aux joueurs occasionnels qui veulent avant tout se divertir et n'apportent rien aux joueurs avancés, ou ceux qui sont en quête des meilleurs résultats possibles, ce qui exige d'importants efforts.
Schiller pointe le fait que le battage publicitaire sur une couverture de livre vient toujours de l'éditeur, et non de l'auteur[39], mais sa décision de continuer à publier chez l'éditeur Cardoza démontre son mépris à ce sujet.
Publications en linguistique
En 1991, Schiller a obtenu un PhD en linguistique de l'Université de Chicago. Sa thèse était intitulée An autolexical account of subordinating serial verb phrase constructions[2].
On compte parmi ses publications dans ce domaine :
- An Autolexical Account of Subordinating Serial Verb Constructions
- On the Definition and Distribution of Serial Verb Constructions
- Introduction to Autolexical Grammar
- Parts of Speech in Southeast Asian Languages : An Autolexical View
- Which Way Did They Grow? (Morphology and the Austro-Tai(Macro)Austric Debate)
Divers
Schiller est intervenu en 1995 en tant que conseiller échiquéen du groupe de rock progressif Phish[2], qui a fait intervenir le jeu d'échecs dans certaines de ses performances.
Schiller a étudié la direction musicale à Vienne, Salzbourg et Hancock (Maine). Il était un habitué des répétitions du New York Philharmonic Orchestra[2].
Politiquement très actif, il était, selon ses propres dires, très à gauche[40]. Il a été personnellement impliqué dans les luttes de pouvoir entre Florencio Campomanes et Garry Kasparov ; il a non seulement pris parti pour Kasparov, mais il le comptait parmi ses amis[41]. Cela n'a pas empêché Vladimir Kramnik, confiant dans l'objectivité en tant qu'arbitre de Schiller, de le sélectionner comme l'un des arbitres pour son match de championnat du monde contre Garry Kasparov. Par ailleurs, Eric Schiller est connu pour ne pas mâcher ses mots ; il a notamment révélé les dessous du tournoi de qualification de Cadaqués entre Deep Fritz et Deep Junior qui a suscité une controverse[42] (en 2001, Fritz a battu Junior dans le tournoi qualificatif pour les matchs "Man vs. Machine", d'où le vainqueur a affronté Vladimir Kramnik dans le match Brains in Bahrain (en) en 2002, et Garry Kasparov a joué en 2003 contre le perdant lors d'un match surnommé Championnat du monde Man vs. Machine[43]).
Troubles de santé et fin de vie
À partir de 2008, Schiller a connu de graves problèmes de santé, notamment l'amputation de sa main et son pied droits en raison de complications liées au diabète. Néanmoins, il est resté actif et mobile à l'aide d'un déambulateur et a enseigné avec assiduité et dévouement, en affiliation avec Bay Area Chess[44], les échecs dans plusieurs écoles élémentaires de Mountain View (Californie), où il a vécu les dernières années de sa vie. Il a dispensé des cours particuliers d'échecs sur Internet via visioconférence.
Ces troubles de santé ont poussé Schiller à se tourner plus encore vers l'enseignement, et à orienter plus son écriture de livres vers les débutants[45]. Il était profondément passionné par les échecs et par le partage de ses connaissances avec un large public ; cette passion pour les échecs lui a apparemment donné de l'allant face aux problèmes de santé. On peut finalement porter à son crédit le fait qu'il a promu le jeu et le plaisir qui va avec.