Ernesius (archevêque de Césarée)
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Ernesius, mort en 1175, fut archevêque de Césarée de 1158 jusqu'à sa mort.
Ernesius était le neveu de Guillaume de Messines[1], originaire de Flandre et nommé patriarche latin de Jérusalem par le roi Baudouin II de Jérusalem[2]. Il devint chancelier de son oncle[1], un rare exemple de népotisme au sein du clergé du royaume de Jérusalem[3]. Le patriarche Guillaume mourut en 1145[4] et Ernesius conserva son poste de chancelier sous le patriarche suivant, Foucher d'Angoulême[5]. En tant que chancelier de Foucher, Ernesius soutint la reine Mélisende dans sa lutte contre le roi Baudouin III[6]. Ernesius s'était initialement opposé à la nomination d'Amaury de Nesle au patriarcat, en 1157 ou 1158, mais il finit par coopérer avec lui[7].
Ernesius fut nommé archevêque de Césarée en 1158, succédant à l'archevêque Baudouin II[8]. Il fut décrit par le chroniqueur Guillaume de Tyr comme « sage et doué d'éloquence »[9]. En 1160, alors que Mélisende était gravement malade, Ernesius et plusieurs autres furent réadmis à la cour royale[10].
Le roi Amaury Ier de Jérusalem chargea Ernesius et le bouteiller, Hugues de Saint-Amand, de négocier un mariage pour le roi avec une parente de l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène. L'ambassade partit donc pour la cour byzantine de Constantinople en 1165[11],[12]. Ernesius et Eudes revinrent près de deux ans plus tard avec une épouse, la petite-nièce de l'empereur, Marie Comnène[13].
En 1169, une ambassade composée du patriarche Amaury de Nesle, de l'archevêque Ernesius et de l'évêque d'Acre Guillaume fut chargée de transmettre des lettres du roi Amaury Ier à l'empereur Frédéric Barberousse, aux rois Louis VII de France et Henri II d'Angleterre, à la reine de Sicile Marguerite de Navarre, ainsi qu'aux comtes Philippe Ier de Flandre, Thibaut V de Blois et Henri Ier de Champagne. Les prélats furent repoussés à Acre par une violente tempête après deux jours de mer, puis en raison du risque, ils refusèrent de reprendre la mer[14]. La seconde tentative fut confiée à l'archevêque de Tyr, Frédéric de La Roche, et à l'évêque de Banias, Jean[14].
Ernesius mourut en 1175 et fut remplacé comme archevêque par Héraclius d'Auvergne[15].
Références
- 1 2 Hamilton 1980, p. 117.
- ↑ Hamilton 1980, p. 68.
- ↑ Hamilton 1980, p. 124.
- ↑ Hamilton 1980, p. 85.
- ↑ Hamilton 1980, p. 124-125.
- ↑ Mayer 1972, p. 153.
- ↑ Kool 2007, p. 188.
- ↑ Mayer 1972.
- ↑ Edbury et Rowe 1990, p. 94.
- ↑ Mayer 1972, p. 177.
- ↑ Barber 2012, p. 242.
- ↑ Hamilton 1980, p. 133.
- ↑ Barber 2012, p. 246.
- 1 2 Runciman 1952, p. 384.
- ↑ Hamilton 2000, p. 96.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Emmanuel Guillaume-Rey, Les familles d'outre-mer de du Cange, Paris, Imprimerie Impériale, , 998 p. (lire en ligne).
- P.W. Edbury et J.G. Rowe, William of Tyre: Historian of the Latin East, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Medieval Life and Thought: Fourth Series », (ISBN 978-0-521-40728-1, lire en ligne)
- (en) Malcolm Barber, The Crusader States, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-11312-9).
- (en) Bernard Hamilton, The Latin Church in the Crusader States : The Secular Church, Routledge, (réimpr. 2016) (ISBN 978-1-351-88705-2 et 9780860780724, lire en ligne).
- Bernard Hamilton, The Leper King and His Heirs: Baldwin IV and the Crusader Kingdom of Jerusalem, Cambridge University Press, (ISBN 9780521017473, lire en ligne)
- (en) Peter W Edbury, William of Tyre: Historian of the Latin East, Cambridge University Press, (ISBN 978-0521267663, lire en ligne).
- (en) Robert Kool, « A Deposit of Twelfth-century Medieval Seals at Caesarea: Evidence of the Cathedral Archive of St. Peter », dans I. Shagrir, R. Ellenblum, J.S.C. Riley-Smith et B.Z. Ḳedar, In Laudem Hierosolymitani, Ashgate, coll. « Crusades--Subsidia » (no 1), (ISBN 978-0-7546-6140-5)
- (en) Steven Runciman, A History of the Crusades, vol. II : The Kingdom of Jerusalem and the Frankish East, 1100-1187, Cambridge University Press, (ISBN 0241298768).
- (en) Hans Eberhard Mayer, « Studies in the History of Queen Melisende of Jerusalem », Dumbarton Oaks Papers, vol. 26, , p. 93–182 (ISSN 0070-7546, DOI 10.2307/1291317, lire en ligne, consulté le ).