Ernest Chevalier
magistrat et homme politique français
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Ernest Armand Chevalier, né le à Villers-en-Vexin et mort le à Chalonnes-sur-Loire[1], est un magistrat et homme politique français.
| Ernest Chevalier | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (2 ans et 25 jours) |
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| Élection | 4 octobre 1885 |
| Circonscription | Maine-et-Loire |
| Législature | IVe (Troisième République) |
| Groupe politique | Union des droites |
| Successeur | Charles Nicolas Lacretelle |
| Maire Chalonnes-sur-Loire | |
| – (5 ans, 11 mois et 17 jours) |
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| Prédécesseur | Henri de Douvres |
| Successeur | Léon Cousin |
| Conseiller général de Maine-et-Loire | |
| – (16 ans) |
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| Prédécesseur | Barthélémy de Las Cases |
| Successeur | Léon Cousin |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Villers-en-Vexin |
| Date de décès | (à 67 ans) |
| Lieu de décès | Chalonnes-sur-Loire |
| Nationalité | Française |
| modifier |
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Biographie
Docteur en droit, Ernest Chevalier fait carrière dans la magistrature, qu'il débute à Calvi et termine à Angers comme procureur général de la cour d'appel. Révoqué le , il commence une carrière politique, est élu conseiller général et maire de Chalonnes-sur-Loire puis, en 1886, député conservateur de Maine-et-Loire. Il meurt en cours de mandat.
C’est l'amitié passionnée de Gustave Flaubert qui le fait passer à la postérité. Ils se lient très jeunes au collège de Rouen. L’édition électronique de la Correspondance de Flaubert, de l'université de Rouen-Normandie , met à disposition l'intégralité de ses lettres conservées, reçues ou envoyées, parfois avec les manuscrits originaux. La première lettre conservée du jeune Flaubert à Ernest Chevalier date de 1829 ou 1830, alors qu'il n'a que 8 ou 9 ans[2].
Dans une correspondance considérable, Flaubert exalte leurs idées, leurs projets, leur imagination[3] ainsi que son attachement.
Après 1850, il exprime son dépit à l'égard de son ami, sans toutefois rompre totalement avec lui :
« Ce brave Ernest ! Le voilà donc marié, établi et toujours magistrat par-dessus le marché ! Quelle balle de bourgeois et de monsieur ! Comme il va bien plus que jamais défendre l’ordre, la famille et la propriété ! Il a du reste suivi la marche normale.
Lui aussi, il a été artiste, il portait un couteau-poignard et rêvait des plans de drames. Puis ç’a été un étudiant folâtre du quartier latin ; il appelait « sa maîtresse » une grisette du lieu que je scandalisais par mes discours, quand j’allais le voir dans son fétide ménage. Il pinçait le cancan à la Chaumière et buvait des bischops de vin blanc à l’estaminet Voltaire. Puis il a été reçu docteur. Là, le comique du sérieux a commencé, pour faire suite au sérieux du comique qui avait précédé. Il est devenu grave, s’est caché pour faire de minces fredaines, s’est acheté définitivement une montre et a renoncé à l’imagination (textuel) ; comme la séparation a dû être pénible ! C’est atroce quand j’y pense ! Maintenant je suis sûr qu’il tonne là-bas contre les doctrines socialistes. Il parle de l’édifice, de la base, du timon, de l’hydre.
Magistrat, il est réactionnaire ; marié, il sera cocu ; et passant ainsi sa vie entre sa femelle, ses enfants et les turpitudes de son métier, voilà le gaillard qui aura accompli en lui toutes les conditions de l’humanité. Ouf ! parlons d’autre chose[4]. »
Le site de sa correspondance conserve 2 lettres d'Ernest Chevalier, et 126 de Flaubert, de 1829-30 à 1867[2].
Pour approfondir
Bibliographie
- « Ernest Chevalier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Flaubert, Correspondance, Paris, Louis Conard, 1926-1954.
- Flaubert, Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris : t. 1 (1830-1851), 1973 (ISBN 978-2-07010-667-7) ; t. 2 (1851-1858), 1980 (ISBN 978-2-07010-668-4) ; t. 3 (1859-1868), 1991 (ISBN 978-2-07010-669-1)
- René Descharmes, Flaubert, sa vie, son caractère et ses idées avant 1857, F. Ferroud, Paris, 1909, 616 p., p. 52 et suiv.
Liens externes
- Ressources relatives à la vie publique :