Esclaves (roman)

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Esclaves
Auteur Kangni Alem
Pays Drapeau du Togo Togo
Genre Roman
Éditeur Éditions Graines de Pensées (2003),Éditions Jean-Claude Lattès(2009)
Nombre de pages 255
ISBN 978-2-7096-3324-6

Esclaves, est un roman historique de l’écrivain togolais Kangni Alem, publié pour la première fois à Paris en 2009 aux Éditions Jean-Claude Lattès puis réédité à Lomé en 2024 aux Éditions Graines de Pensées. L’ouvrage constitue le premier tome d’une trilogie consacrée à la traite atlantique et à la mémoire des Afro-Brésiliens, descendants d’esclaves revenus en Afrique de l’Ouest[1],[2].

Le récit s’ouvre sur le naufrage d’un navire, le James Matthew, au large des côtes australiennes en 1841. Ce bateau, autrefois connu sous le nom de Don Francisco, avait servi à transporter des captifs africains vers le Brésil. L’un de ces esclaves, le Maître des rituels du royaume du Dahomey, trahi et vendu à la suite d’intrigues politiques, aurait jeté une malédiction sur le navire. L’histoire principale se déroule en 1818, au royaume du Dahomey (actuel Bénin), alors que la traite atlantique continue malgré son interdiction. Le roi Adandozan, favorable à l’abolition, est renversé par son frère Guézo, soutenu par le négrier Francisco Félix de Souza, dit Chacha, installé à Ouidah. Le fidèle maître des rituels du roi est capturé et vendu. Déporté au Brésil, il reçoit le nom de Miguel, puis se convertit à l’islam sous le nom de Sule Djibril. Il participe à la révolte des esclaves de Bahia en 1835, avant d’être expulsé vers l’Afrique. De retour à Agoué (actuel sud du Bénin) en 1836, il s’installe plus tard à TiBrava (le Togo dans la fiction) et meurt en 1857, après vingt-quatre années d’esclavage et d’exil[3],[4],[5],[6],[7].

Contexte et genèse

Kangni Alem a mené plusieurs années de recherches au Brésil et au Bénin pour nourrir son roman. Il s’est notamment inspiré des figures historiques du roi Adandozan, de Guézo et du négrier Francisco de Souza, acteur majeur de la traite sur la côte des Esclaves au XIXᵉ siècle. L’auteur s’inscrit dans une réflexion sur la responsabilité partagée dans la traite négrière, évoquant autant la participation des puissances européennes que celle des élites africaines. Dans plusieurs entretiens, Alem a déclaré vouloir « démêler l’écheveau de l’esclavage des deux côtés de l’Atlantique » et « redonner une voix aux Agudas, ces Africains revenus du Brésil porteurs d’une culture métissée afro-brésilienne »[4],[8],[2].

Structure

Le roman est divisé en trois parties :

  • Temps anciens — la cour du Dahomey et la chute d’Adandozan ;
  • Nouveau Monde — la captivité au Brésil et la révolte de Bahia ;
  • Temps mêlés — le retour sur la côte africaine et la confrontation avec un monde transformé[1],[4],[8],[2].

Thèmes

L’œuvre aborde les thèmes de:

L’écriture de Kangni Alem mêle fresque historique, récit initiatique et poétique de la mémoire. Plusieurs critiques ont souligné sa proximité stylistique avec les œuvres de Maryse Condé (Ségou) ou de Wilfried N’Sondé (Un océan, deux mers, trois continents)[1],[4],[8],[6],[2].

Réception critique

Le roman a été salué pour son ambition historique et la richesse de sa documentation. Le journal Le Monde le qualifie de « superbe roman qui met en scène la complexité de la traite négrière, des côtes du Dahomey jusqu’au Brésil ». Le critique Koffi Anyinefa de Université de Lomé y voit « une fresque lucide et courageuse sur la collaboration des élites africaines à la traite esclavagiste ». Des chercheurs, comme Alcione M. Amos, ont établi des parallèles entre certains personnages du roman et des figures historiques réelles, notamment la famille Olympio, issue d’Afro-Brésiliens revenus au Togo[8],[2].

Adaptations

Le roman a été adapté pour la scène sous le titre Cabaret Brésil, une création présentée à la Scène Bella Bellow de l’Université de Lomé en . La mise en scène, fruit d’une collaboration entre la compagnie Gakokoé (France) et la Coalition togolaise pour la diversité culturelle, mêle théâtre, musique et danse afro-brésilienne. Kangni Alem a lui-même participé à l’adaptation avec les metteurs en scène Marcel Djondo et Gaétan Noussouglo[9].

Suite et trilogie

Esclaves constitue le premier volet d’une trilogie:

Éditions

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

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