Exercices de style
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| Exercices de style | |
Page de titre de l'édition de 1964. | |
| Auteur | Raymond Queneau |
|---|---|
| Pays | |
| Éditeur | Gallimard |
| Collection | Blanche |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1947 |
| Nombre de pages | 200 |
| ISBN | 978-2070253104 |
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Exercices de style est l'un des ouvrages les plus célèbres de l'écrivain français Raymond Queneau. Paru en 1947, ce livre singulier raconte 99 fois la même histoire, de 99 façons différentes.
Exercices de style est paru en 1947 chez Gallimard. Inspiré de L'Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach, l'ouvrage de Raymond Queneau consiste en une petite histoire anodine racontée de 99 façons différentes[1],[2].
Douze premiers exercices sont écrits en , sous le titre de Dodécaèdre, du nom de la forme géométrique à douze faces. Ces douze exercices, refusés en 1942, sont les premiers du livre publié ultérieurement[2].
La structure de l’œuvre, à l'image d'un thème et variations en musique, consiste en un premier exercice, Notations, qui est suivi de 98 variations, dont chacune se base sur la même histoire : le narrateur rencontre dans un bus un jeune homme au long cou, coiffé d'un chapeau mou orné d'une tresse tenant lieu de ruban ; l'homme échange quelques mots vifs avec un autre voyageur puis va s'asseoir à une autre place ; plus tard, le narrateur revoit le même jeune homme cour de Rome devant la Gare Saint Lazare en train de discuter avec un ami qui lui conseille de recoudre un bouton de son pardessus[3],[2].
Contrainte littéraire et plaisir ludique
Exercices de style est un exemple de contrainte littéraire (écrire 99 fois la même histoire) en tant que moteur créatif. Il constitue à ce titre un texte précurseur de l'Ouvroir de Littérature Potentielle, que Raymond Queneau fondera avec François le Lionnais en 1960. La présence d'une deuxième contrainte (chaque version de l'histoire doit illustrer un genre stylistique bien particulier) apparaît à la lecture des titres des 99 versions de l'histoire :
- Notations, En partie double, Litotes, Métaphoriquement, Rétrograde, Surprises, Rêve, Pronostications, Synchyses, L'arc-en-ciel, Logo-rallye, Hésitations, Précisions, Le côté subjectif, Autre subjectivité, Récit, Composition de mots, Négativités, Animisme, Anagrammes, Distinguo, Homéotéleutes, Lettre officielle, Prière d'insérer, Onomatopées, Analyse logique, Insistance, Ignorance, Passé indéfini, Présent, Passé simple, Imparfait, Alexandrins, Polyptotes, Aphérèses, Apocopes, Syncopes, Moi je, Exclamations, Alors, Ampoulé, Vulgaire, Interrogatoire, Comédie, Apartés, Paréchèses, Fantomatique, Philosophique, Apostrophe, Maladroit, Désinvolte, Partial, Sonnet, Olfactif, Gustatif, Tactile, Visuel, Auditif, Télégraphique, Ode, Permutations par groupes croissants de lettres, Permutations par groupes croissants de mots, Hellénismes, Ensembliste, Définitionnel, Tanka, Vers libres, Translation, Lipogramme, Anglicismes, Prosthèses, Épenthèses, Paragoges, Parties du discours, Métathèses, Par devant par derrière, Noms propres, Loucherbem, Javanais, Antonymique, Macaronique, Homophonique, Italianismes, Poor lay Zanglay, Contrepèteries, Botanique, Médical, Injurieux, Gastronomique, Zoologique, Impuissant, Modern style, Probabiliste, Portrait, Géométrique, Paysan, Interjections, Précieux, Inattendu.
Umberto Eco, qui a traduit les Exercices de style en italien en 1983[2], fait remarquer que Queneau détourne volontiers les valeurs esthétiques associées aux figures de rhétorique afin de pouvoir mener ses propres explorations parodiques et ludiques de la langue[4]. Eco observe aussi que l'acte de traduction, en introduisant une contrainte supplémentaire, fait naître un nouveau plaisir : « Je sais donc quel plaisir on éprouve à souffrir sur une phrase qui vous résiste, qu'il faut trahir en respectant les intentions de son auteur[5]. » Cette part faite au jeu et au plaisir a visiblement été goûtée par un large public et a valu aux Exercices de style une abondante postérité.


