Exploitation aurifère au Soudan
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L'exploitation de l'or au Soudan date des années 2010, avec la découverte en 2012 de gisements situés au Djebel Amir. Cet or arrive alors à point nommé pour remplacer le pétrole du Soudan du Sud récemment déclaré indépendant et fournir à l'État des recettes nécessaires.
Rapidement, l'utilisation de cet or est questionnée par certains observateurs, et notamment son export quasiment exclusif en direction de la Russie, dont le Soudan est le principal pourvoyeur.
Par ailleurs, les conditions déplorables de sécurité dans les mines d'or est pointé du doigt, ainsi que la très faible rentabilité du secteur, du fait de la faible qualité du minerai, de la corruption et de la contrebande.
La perte des revenus pétroliers du Soudan du Sud
À la suite du référendum sur l'indépendance du Soudan du Sud, ce dernier fait sécession du Soudan. L'économie du Soudan était jusqu'alors très liée au pétrole, qui se trouve dans son immense majorité dans le nouvel État. Ainsi, les exportations pétrolières du Soudan sont divisées par quinze entre 2010 et 2015, passant de près de dix milliards de dollars annuels à un peu plus de six cents millions[1].
Ce remplacement de la rente pétrolière par l'aurifère était anticipé par l'État soudanais depuis 2004, en cas de déclaration d'indépendance du Sud, ce qui s'est traduit notamment dans le plan stratégique du gouvernement pour la période 2005-2011[2].
Une agence gouvernementale dépendant du ministère des Mines est ainsi créée dans le but de superviser l'ensemble du secteur aurifère[3].
Mise en place d'une technostructure
En est voté le Mineral Ressources and Mining Development Act (Loi sur les ressources minérales et le développement minier) qui se substitue au Mining and Quarries Act de 1972. Il est notamment beaucoup plus favorable aux investisseurs étrangers et à la production industrielle. Il réaffirme en outre très clairement la légitimité exclusive de l'État sur les autorisations de prospection[4],[5].
Peu avant le coup d'État qui met fin à sa présidence, Omar el-Bechir fait construire à Khartoum une des plus grandes raffineries d'or d'Afrique[6].
Le but de cette construction est d'assurer à l'État soudanais, sinon le contrôle de la production, impossible du fait de la prééminence des exploitations traditionnelles, du moins celui de l'exportation. Mais malgré les investissements dans l'outil de raffinage ainsi que les décrets d'interdiction, la contrebande reste très majoritaire ; elle est estimée à 70% du total début 2022[7].
Le , le Soudan durcit sa législation, interdisant tout export d'or sinon par les sociétés concessionnaires opérant dans le secteur minier[7].
Production
À la fin de la décennie 2010, le Soudan devient le troisième pays producteur d'or d'Afrique, après l'Afrique du Sud et le Ghana, avec 93 tonnes extraites en 2016, plus de cent en 2017 et 76 en 2019[6],[8],[9].
Implantation géographique
De nombreuses régions du Soudan disposent de gisements aurifères. C'est par exemple le cas au Kordofan du Sud, qui compte un quart des soixante concessions minières légalement autorisées du pays[10], dans le Darfour du Nord[6],[11]. La plus grande mine, celle d'Ariab, est située à l'est, dans l'État de la Mer-Rouge[12].