Exploitation aurifère en République centrafricaine
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L'exploitation de l'or en République centrafricaine ne date que du milieu du XXe siècle. Pratiquée aux débuts par des entreprises européennes liées à la colonisation, elle est essentiellement au XXIe siècle le fait d'entreprises chinoises, ainsi que du groupe Wagner.
Ceux-ci sont accusés de pratiquer l'orpaillage de manière semi-légale, souvent sans permis, avec des complicités politiques. Mais l'exploitation est surtout source de pollution des eaux par le mercure et de déforestation.
L'extraction et l'exportation de l'or représentent environ un dixième du produit intérieur brut de la République centrafricaine.
Débuts
La découverte du potentiel aurifère de la République centrafricaine est faite vers 1920, alors que le pays fait encore partie de l'Afrique-Équatoriale française. L'extraction de l'or commence vers 1950 mais décroît fortement avec l'indépendance, de nombreuses entreprises occidentales quittant alors le pays[1]. Ainsi, la production d'or en 2010 n'est que de 56 kilogrammes. En 2011, cette production s'élève à 73 kilogrammes, ce qui représente une valeur de 1,25 milliard de francs CFA. À cette date, la production et l'exportation illégales sont estimées vingt fois supérieures, représentant 95 % des sorties, soit environ deux tonnes d'or[2]. L'exploitation, menée partiellement de manière industrielle sous le régime colonial, devient très majoritairement artisanale à partir des années 1960. Dans les années 2000, ce sont encore 84 % de l'or extrait qui le sont selon des procédés artisanaux[3].
Développement
À la suite de la crise financière de 2007-2008, la valeur du diamant est jugée trop volatile et plusieurs entreprises se tournent préférentiellement vers l'or, jugé plus stable[2]. À cette époque, le seul acteur industriel présent est l'entreprise canadienne AXMIN, implantée dans la préfecture de Ouaka en 1996 par le biais de ses filiales Société des Mines d’Or de la Ouaka et Aurafrique SARL La première obtient trois permis d'exploitation en , valables pour vingt-cinq ans, la seconde deux permis de trois ans, renouvelables chacun deux fois. L'exploitation commence en 2014[4],[5].
Au début des années 2010, le Front populaire pour le redressement de Baba Laddé est suspecté de tirer certains de ses revenus de l'exploitation illégale de l'or, bien que l'essentiel de son activité économique repose sur l'élevage bovin[6].
Implantation géographique
L'or est surtout présent près de Bouar, dans l'ouest du pays à proximité de la frontière camerounaise[3].
Il existe une douzaine de sites d'extraction de l'or en République centrafricaine, dont Bossangoa, Yoaloke, Garga, Gallo, Bossembele, Nola, Sosso Nakombo. Sur 19 chantiers ouverts, seuls trois sont dotés d'un permis valable, et la corruption est très présente[7].
Il existe aussi une mine d'or à ciel ouvert à Ndassima, au centre du pays[8].
Rôle économique
L'extraction aurifère représente environ 10 % du produit intérieur brut de la République centrafricaine, ce qui en fait la seconde ressource minière en importance après le diamant[9].
Au début des années 2010, l'or est taxé à hauteur de 5,25 %, ce qui en fait un produit moins onéreux à l'export que le diamant, taxé à hauteur de 12 %[10]. Ce taux est encore moins élevé au Cameroun. Par ailleurs, les bijoux en or produits en Centrafrique doivent être purs à au moins 18 carats, quand le Cameroun se contente de 12. Ces deux faits expliquent que l'immense majorité de l'or extrait traverse illégalement la frontière camerounaise, juste après laquelle de nombreux bureaux d'achat d'or sont situés, avant d'être expédié sur les marchés internationaux[11].
Prise de contrôle par Wagner
La mine d'or de Ndassima est ouverte en 2006. Celle-ci est à ses débuts exploitée par la société canadienne Axmin, qui y investit environ 760 millions d'euros. La troisième guerre civile centrafricaine permet à la faction Seleka de prendre le contrôle de la mine en . La situation n'évolue plus jusqu'en . À cette date, Axmin apprend que ses permis d'exploitation mini, prévues pour vingt-cinq ans, ont été retirés pour « violation de la loi ». Ce permis est dans la foulée réattribué à une société écran malgache, Malgache Final Leandric Rabenatoandro, travaillant pour le compte d'une société russe identifiée comme étant le groupe Wagner[8],[12],[13].