Fabrice Balanche
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| Directeur Groupe de Recherches et d'Études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (d) | |
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| Directeur Observatoire urbain du Proche-Orient (d) | |
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Prix du livre géopolitique (d) () Prix Monsieur et Madame Louis-Marin () |
Fabrice Balanche, né le à Belfort[1], est un universitaire français, arabisant spécialiste de la géographie politique du Proche-Orient, en particulier de la Syrie et du Liban[2].
Docteur agrégé en géographie, il est l'auteur d'une thèse sur la communauté Alaouite syrienne.
Régulièrement cité dans les médias à propos de la guerre civile syrienne, son analyse est controversée, une partie de ses écrits étant contestés par d'autres chercheurs.
En juin 2024, il reçoit le Prix du livre de géopolitique pour son ouvrage Les Leçons de la crise syrienne. Il est aussi conseiller municipal LR à Caluire-et-Cuire.
Il passe son enfance et son adolescence à Lure (Haute-Saône), où son père exerce la profession de bijoutier[3].
En 2000, il soutient sa thèse Les Alaouites, l'espace et le pouvoir dans la région côtière syrienne : une intégration nationale ambiguë, qui sera reprise et publiée en 2006 sous le titre La région alaouite et le pouvoir syrien[4].
Docteur en géographie politique de l'université de Tours (2000)[5] et agrégé de géographie.
Le , il obtient l'habilitation à diriger des recherches sur le thème : Le facteur communautaire dans l’analyse des espaces syriens et libanais[6].
Il a été maître de conférences en géographie, professeur adjoint de géographie et directeur de recherche[7] à l'université Lyon 2[réf. nécessaire], où il a dirigé le Groupe de Recherche sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO) jusqu'à son départ fin 2015[5],[8],[9].
En 2012, il publie l'Atlas du Proche-Orient arabe, ouvrage consacré aux quatre États du Bilad el-Cham qui, selon Confluences Méditerranée, amène « dans un paysage éditorial déjà fourni [...] une réelle valeur ajoutée » notamment grâce à sa cartographie « originale et pédagogique »[10].
En 2014, la Géopolitique du Moyen-Orient paraît à la Documentation française[11],[12].
En 2015, Fabrice Balanche décide de se mettre en disponibilité de Lyon 2 et de s'expatrier aux États-Unis où il est chercheur invité au think tank Washington Institute for Near East Policy[13] de 2015 à 2017, puis à la Hoover Institution, un think tank affilié à l'université Stanford.
L'Atlas du Proche-Orient arabe est publié en anglais par Brill sous le titre Atlas of the Near East : State Formation and the Arab-Israeli Conflict, 1918-2010. En , Fabrice Balanche publie un ouvrage sur le conflit syrien en anglais : Sectarianism in Syria's Civil War, dans lequel il insiste sur les aspects communautaires de la guerre en Syrie[14].
En , il est interrompu par des militants pro-palestiniens, affiliés au groupe radical Lyon2 Autonome, masqués et encapuchonnés lors d’un cours à l’université Lyon 2, aux cris de « sioniste », « raciste », « islamophobe »[15],[16]. Le parquet de Lyon ouvre une enquête pour « entrave à l'exercice de la fonction d'enseignant ». Il est placé sous « protection fonctionnelle »[17],[18],[19]. Le , Isabelle von Bueltzingsloewen, présidente de l'université de Lyon 2 renouvelle son soutien institutionnel à l'enseignant, face à ces faits qu'elle qualifie d'« intolérables ». Elle déplore cependant des propos de l'enseignant qu'elle qualifie de « mensongers », des « paroles affligeantes, complotistes et délétères pour l’université »[20], ce qui, selon Le Point, suscite l'indignation de collègues de Fabrice Balanche[15]. En réaction, le président de la région sollicite une « mission d’inspection indépendante sur les dérives préoccupantes ayant lieu au sein de l’université Lyon 2 »[16]. Cinquante universitaires appellent, dans Le Figaro, à la démission de la présidente, qui reçoit en revanche le soutien de France Universités et du sénateur écologiste Thomas Dossus[21],[22],[23]. À la suite de cette polémique, Isabelle von Bueltzingsloewen reçoit des menaces de mort, une enquête est ouverte[24].
Fabrice Balanche rédige, à la demande de la défense de l'entreprise Lafarge, un rapport rémunéré sur la situation syrienne au moment des faits visés par l’enquête concernant l'accusation de financement de terrorisme par l'entreprise. En , appelé par la défense à témoigner lors du procès, il affirme que « les gens étaient très contents que la cimenterie continue de tourner » et que les citoyens syriens n’étaient pas si mécontents d’être sous la coupe de l’État islamique et de Jabhat al-Nosra, retrouvant « de l’ordre et de la sécurité », et ajoute qu'il y aurait encore, en 2025, une « nostalgie de la période Daech ». Ces affirmations de Fabrice Balanche vont à l'encontre des témoignages, nombreux, de salariés syriens de Lafarge, qui décrivent « les périls immenses encourus à cause du pacte passé entre l’entreprise et des groupes terroristes », dont, dès 2013, les multiples exactions sont documentées : attentats-suicides, enlèvements et disparitions forcées, arrestations arbitraires, pratique de la torture, décapitations et massacres de civils[25]. Selon Fabrice Balanche, les Syriens vivaient déjà plus ou moins sous le régime de la charia, ce qui est contesté au procès, y compris par le témoignage d'un ancien agent de la DGSI, à qui on demande son avis sur le point de vue de Fabrice Balanche et répond « à ma connaissance, il n’y avait jamais eu de crucifixions, de lapidations des femmes adultères et d’homosexuels jetés dans le vide avant l’arrivée de l’État islamique »[26].
Prises de positions
Il dépose un recours administratif pour avoir été écarté en de la candidature à un poste de maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Lyon[27],[28],[13].
Il fustige une « vision totalitaire de la recherche », un « islamisme rampant », un « néo-féminisme radical », un « islamo-gauchisme » dont il se dit victime, et qualifie l'écriture inclusive de « dogme » dans le milieu universitaire « soumis à une idéologie totalitaire », un « terrorisme intellectuel »[29].
En 2016, il accompagne des personnalités d'extrême droite et élus dont André Bercoff, Thierry Mariani et Julien Rochedy en Syrie, à l'invitation de l'organisation Al Karma, dirigée par Hala Chaoui, proche du régime de Damas et en coopération avec SOS Chrétiens d'Orient, et rencontre à cette occasion Bachar el-Assad[30].
Lors de la guerre civile syrienne, il est présenté comme « une voix discordante » et dit avoir été accusé par « la grande majorité des islamologues français » d'être pro-Assad, ce dont il se défend en s'affirmant « réaliste »[31].
Fabrice Balanche estime que la Syrie était surpeuplée en 2011 par rapport à son économie, ce qui serait selon lui une cause majeure de la révolution. À propos du déplacement et de l'exil des Syriens, il évoque la perspective d' « une Syrie « aérée » d'une dizaine de millions de personnes », comme d'« objectif atteignable » en quelques années et qui, selon lui, « ne dérange nullement Assad ».
Il précise que les personnes ayant quitté le pays sont en particulier issues des classes populaires sunnites et explique que « le vide laissera des opportunités économiques »[32].
Selon la journaliste Claire A. Poinsignon, lors d'un entretien qu'il accorde à la chaîne France 24 en 2018, il expliquerait « l’épuration ethnique que pratique le régime syrien par la volonté de lutter contre l’explosion démographique des minorités ethniques et confessionnelles, considérée comme « dangereuse » pour le pouvoir et les communautés sur lesquelles il s’appuie »[33],[34].
Concernant la chute du régime de Bachar El Assad, il juge :
« Tous les Syriens, quelle que soit leur origine, sont soulagés de la chute de Bachar al-Assad, car il avait réussi à se faire détester par tout le monde en raison de la corruption et de la prédation extrêmes qui y prévalaient. Mais aussi parce que les Syriens ont pris conscience que son intransigeance à l’égard de la Turquie, son refus de négocier une transition politique et son arrogance envers les monarchies du Golfe ont entravé toute résolution de la crise. L’arrivée au pouvoir de Ahmed al-Charaa et de la Hayat Tahrir al-Cham (HTC) suscite différents sentiments en fonction des différences sociologiques et communautaires. Les Arabes sunnites des classes populaires sont enthousiastes, les alaouites craignent une vengeance généralisée, les Kurdes redoutent la perte de leur autonomie, tandis que les progressistes et les laïcs de toute origine religieuse et ethnique s’inquiètent de l’autoritarisme et de l’islamisme présumés des nouveaux dirigeants » [35]
Il est conseiller municipal LR à Caluire-et-Cuire[36].
Réception de ses travaux
Les chercheurs Adam Baczko, Gilles Dorronsoro et Arthur Quesnay récusent ses analyses concernant la participation de la population syrienne aux contestations pacifistes de 2011 reposant sur une lecture ethno-religieuse. En effet, selon Fabrice Balanche les quartiers qui se soulèvent seraient des « territoires exclusivement sunnites et plus précisément [...] arabes sunnites », ce qui n'est pas le cas, selon les chercheurs qui pointent le rôle décisif de la bourgeoisie d'Alep, Damas, Deraa et Homs dans les manifestations, la participation d'autres ethnies tels les Kurdes, d'autres religions tels les Druzes. Ils écrivent aussi que son analyse reposant sur des critères de pauvreté et de marginalité des populations soulevées est « pour le moins à nuancer » et fustigent son impasse sur le discours politique « évacuant ainsi la subjectivité des acteurs » et affirment que son « hypothèse économico-communautaire échoue à analyser ce qui se joue dans les protestations », « interdisant toute intelligibilité de la trajectoire du mouvement syrien »[37].
Sectarianism in Syria’s Civil War est qualifié de « mine d'informations », mais également d'étude discordante, contenant de nombreuses contradictions et des « hypothèses qui vont à l'encontre de certaines affirmations de son texte » et « sans nuance », selon Elizabeth Picard[14].
Rami Abou Diab rappelle la participation au soulèvement des Druzes, via deux symboles : le premier chant révolutionnaire de Samih Choukeir (ar), écrit en , et l'implication de Muntaha al-Arrash, fille de sultan, « malgré la propagande du régime » qui a selon elle, « opté pour la manipulation confessionnelle », et ces symboles, selon Diab, relativisent les propos de « Fabrice Balanche qui a considéré que « la province de Sweida ne s'est pas du tout solidarisée avec les habitants sunnites de Deraa » » et écrit que les faits contredisent cette affirmation[38].
Le , il reçoit le Prix du livre de géopolitique des mains de l'ancien président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Bourlanges, pour son ouvrage Les Leçons de la crise syrienne, préfacé par Gilles Kepel[3],[39],[40],[41],.