Famille Poncher
famille française de robe originaire de Touraine
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La famille Poncher, également rencontrée sous la forme Ponchier, est une famille française de noblesse de robe, issue de la bourgeoisie tourangelle, active dans les milieux de la finance royale, de l'administration municipale et de l'Église aux XVe et XVIe siècles.
| Famille Poncher | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'or au chevron de gueules chargé en chef d'une tête de Maure de sable, bandée d'argent, et accompagné de trois coquilles de sable. | |
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| Période | XVe et XVIe siècles | |
| Origine | Tours, Touraine | |
| Pays | Royaume de France | |
| Charges | Garde des sceaux de France Secrétaire du roi Trésorier de France Argentier du roi Maire de Tours |
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| Fonctions ecclésiastiques | Évêque de Paris Archevêque de Sens Évêque de Bayonne Archevêque de Tours |
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Elle a notamment donné Étienne Poncher, évêque de Paris, archevêque de Sens et garde des sceaux de France, Louis Poncher, trésorier de France en Languedoïl, Jean Poncher, financier royal et maire de Tours, François Poncher, évêque de Paris, ainsi qu'un autre Étienne Poncher, évêque de Bayonne puis archevêque de Tours.
Histoire
Origines tourangelles
La famille Poncher est connue à Tours dès le début du XVe siècle. La notice de la thèse de Monique Garand-Zobel consacrée à Étienne Poncher indique que le premier membre connu de la famille est garde de la monnaie de Tours en 1422, et que Martin Poncher, père d'Étienne Poncher, appartient à la bourgeoisie tourangelle. Marié à Catherine Belin, elle aussi issue de ce milieu, Martin Poncher exerce des activités de banque sous l'appellation de « marchand » et fait carrière dans l'administration des finances royales[1].
Le Dictionnaire de la noblesse consacre une notice à la famille Poncher, qu'il présente comme une famille de robe de la province de Touraine. La notice mentionne notamment des chambellans, gouverneurs de provinces, maîtres des requêtes, évêques de Paris et de Bayonne, archevêques de Tours et de Sens, et fait commencer la filiation connue avec Jean Poncher, garde de la monnaie de Tours en 1422[2].
Cette trajectoire sociale s'inscrit dans le contexte des familles de marchands tourangeaux engagées dans les offices de finances à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle[3]. La notice de Monique Garand-Zobel rattache les enfants de Martin Poncher à plusieurs carrières administratives et ecclésiastiques de premier plan, notamment Étienne, Jean et Louis Poncher[1].
Finances royales et offices municipaux
Jean Poncher appartient au milieu des officiers des finances de la fin du XVe siècle. Le programme universitaire Partours le présente comme issu d'une famille tourangelle influente et comme ayant commencé sa carrière à la boutique de l'argenterie. Il travaille avec Jacques de Beaune, puis prend la tête de l'affaire après le départ de ce dernier en 1491, avant de s'associer à Regnault Briçonnet, Macé Binet et Martin Fame[4].
Jean Poncher est élu maire de Tours en 1502. La même fiche indique qu'il est ensuite de nouveau au service des finances royales comme trésorier des guerres, avant d'être entraîné dans la chute des grands financiers du début du XVIe siècle et condamné en 1535[4].
Louis Poncher, frère d'Étienne Poncher, est également lié aux offices financiers de la monarchie. Le musée du Louvre l'identifie comme notaire et secrétaire du roi de 1493 à 1521 et trésorier de France en Languedoïl de 1510 à 1520[5].
Prélats et service de l'État royal
Étienne Poncher, né à Tours en 1446 ou au début de 1447, fait carrière dans l'Église et dans le gouvernement royal. La notice de Monique Garand-Zobel le présente comme l'aîné de la famille et rappelle que ses frères Jean et Louis ont également laissé un nom dans l'histoire[1].
Il est évêque de Paris, puis archevêque de Sens. Le ministère de la Justice le mentionne parmi les gardes des sceaux de France, avec une charge exercée de 1512 à 1514[6]. Il participe ainsi au gouvernement monarchique sous Louis XII.
Les carrières d'Étienne Poncher et de François Poncher illustrent la proximité de la famille avec le pouvoir royal et avec les milieux ecclésiastiques du premier XVIe siècle[7]. François Poncher, fils de Louis Poncher, succède à son oncle Étienne comme évêque de Paris en 1519[7]. La notice de Monique Garand-Zobel indique qu'après la mort d'Étienne Poncher, François Poncher dispute au chancelier Antoine Duprat l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, puis meurt au château de Vincennes en 1532 pendant l'instruction de son procès[1]. Catholic-Hierarchy le donne comme évêque de Paris de 1519 à sa mort en 1532[8].
Un autre Étienne Poncher, appartenant à la génération suivante, est présenté par Partours comme fils de Jean Poncher, trésorier général, et petit-fils de Jean Poncher, argentier, trésorier des guerres et maire de Tours. Après des études en droit canon, il devient évêque de Bayonne en 1532, puis archevêque de Tours en 1550[9].
Patrimoine artistique et manuscrits
La famille Poncher est associée à plusieurs œuvres de la première Renaissance. Le tombeau de Louis de Ponchier et de son épouse Robine Le Gendre, réalisé entre 1521 et 1525, est conservé au musée du Louvre. Le musée attribue l'ensemble à Guillaume Regnault et Guillaume Chaleveau et précise qu'il provient de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris[5].
La notice du Louvre identifie plusieurs éléments du monument, dont la statue de Louis de Ponchier, les armoiries du défunt et celles de Robine Le Gendre[5]. La base AGORHA de l'Institut national d'histoire de l'art décrit Louis de Ponchier revêtu d'une armure sur laquelle flotte un tabard aux armes des Poncher[10].
Un article de Louis de Grandmaison, publié en 1897, est consacré aux auteurs du tombeau des Poncher conservé au Louvre[11].
Les Heures Poncher, conservées au J. Paul Getty Museum, témoignent également du patronage artistique de la famille. Le musée présente ce livre d'heures comme un exemple remarquable de personnalisation d'un manuscrit enluminé pour sa commanditaire, Denise Poncher[12].
Liens de filiation entre les personnalités
- Martin Poncher, bourgeois de Tours, échevin de Tours, grenetier de Tours, receveur des aides au pays du Maine en 1474. Il épouse Catherine Belin[13].
- Étienne Poncher (1446-1524), évêque de Paris, archevêque de Sens et garde des sceaux de France[1],[6].
- Jean Poncher, seigneur de Limours, argentier de Charles VIII et de Louis XII, trésorier des guerres en 1505. Il est maire de Tours en 1502[4]. Le , il épouse Perrine Briçonnet[14].
- Jean Poncher, seigneur de Jouy-en-Josas, de Limours et du Tremblay-le-Vicomte. Pendu le au gibet de Montfaucon, général des finances. Le à Paris, il épouse Catherine Hurault.
- Denise Poncher, commanditaire des Heures Poncher, manuscrit enluminé conservé au J. Paul Getty Museum[12].
- Étienne Poncher (mort en 1553), évêque de Bayonne puis archevêque de Tours[9].
- Jean Poncher, seigneur de Jouy-en-Josas, de Limours et du Tremblay-le-Vicomte. Pendu le au gibet de Montfaucon, général des finances. Le à Paris, il épouse Catherine Hurault.
- Louis Poncher (mort en 1521), notaire et secrétaire du roi, trésorier de France en Languedoïl[5],[15].
- François Poncher (1480-1532), évêque de Paris de 1519 à 1532[8].
Armes
Les armes attribuées à la famille Poncher se blasonnent : d'or au chevron de gueules chargé en chef d'une tête de Maure de sable, bandée d'argent, et accompagné de trois coquilles de sable[2],[10].
Une variante simplifiée, relevée dans plusieurs représentations, donne : d'or au chevron de gueules accompagné de trois coquilles de sable[16].