Famille de Maistre (Savoie)

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BlasonnementD'azur à trois soucis d'or
DeviseFors l'honneur, nul souci
PériodeXVIIIe siècle - XXIe siècle
Famille de Maistre (Savoie)
Image illustrative de l’article Famille de Maistre (Savoie)
Armes de la famille
Blasonnement D'azur à trois soucis d'or
Devise Fors l'honneur, nul souci
Période XVIIIe siècle - XXIe siècle
Origine Comté de Nice,
Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Allégeance Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
(Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne),
Drapeau de la France France,
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Demeures Château de Beaumesnil
Château de Puiseux
Château de Guiry
Le Moulin (Seine-Port)
Château de Bissy
Château du Maizeray
Charges Président du Souverain Sénat de Savoie
Ministre plénipotentiaire du Roi de Sardaigne
Député
Maire de Saint-Martin-du-Mesnil-Oury
Fonctions militaires Général
Fonctions ecclésiastiques Chanoine de la basilique de Superga
Évêque non consacré d'Aoste
Récompenses militaires Ordre royal et militaire de Saint-Louis, Ordre de Saint-Vladimir, Ordre de Sainte-Anne, Grand-croix de l'ordre des Saints Maurice-et-Lazare, Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade, Épée d'or pour le courage, l'épée d'honneur pour la bravoure, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, croix de guerre 1914-1918, Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance.

La famille de Maistre est une famille subsistante de la noblesse savoyarde, originaire du comté de Nice, devenue française en 1860, année de l'annexion de la Savoie à la France. Son fondateur, François-Xavier Maistre, anobli par fonction en 1740, reçut du duc de Savoie le titre héréditaire de comte en 1778.

Depuis l'annexion de la Savoie à la France, sous le Second Empire, la famille de Maistre a opté en 1860, comme la plupart des familles nobles de Savoie, pour son rattachement à la France. Elle fait partie depuis cette date des familles subsistantes de la noblesse en France[1]. Elle est inscrite à l'ANF depuis 1942[2].

Elle compte parmi ses membres le philosophe Joseph de Maistre et l'écrivain Xavier de Maistre. La Savoie a célébré les deux frères en érigeant leur statue au seuil du Château de Chambéry.

La famille de Maistre est originaire du comté de Nice, qui faisait partie des États de Savoie depuis le XVe siècle, sous le règne du duc Amédée VIII de Savoie. Elle est membre de la noblesse du duché de Savoie[3], depuis le , année de son accession au Sénat de Savoie[4],[5],[6].

Au XVIIe siècle, elle a pour ancêtre un père de famille nombreuse exerçant le métier de meunier[7], au bord du torrent le Paillon, qui débouche sous l'actuelle promenade des Anglais, à Nice[8].

Au XVIIIe siècle, le fondateur de cette famille savoyarde subsistante est François-Xavier Maistre, né le à Aspremont, second président du Souverain Sénat de Savoie, fait comte en 1778, mort le à Chambéry.

Son cousin germain, Jean-François Maistre (1698-1760), est le fils de Jean Maistre (Giovanni Maistre), second consul de la ville de Nice. Il est second président de la cour royale des comptes de Turin, fait comte de Castelgrana. Il est le fondateur d'une branche piémontaise désormais éteinte.

François-Xavier Maistre fait ses études à Nice, dans un collège de Jésuites et au collège des jurisconsultes[9]. Puis, après des études de droit à l'Université de Turin, il devient avocat fiscal à Nice, avant d'être nommé sénateur au Sénat de Savoie de Chambéry, en 1740. Il est nommé second président du Sénat de Savoie en 1764 et participe activement aux réformes institutionnelles des États de Savoie. Le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, lui accorde, par lettres patentes du , le titre de comte héréditaire, en raison « des louables qualités qui ont déjà rendu illustre cette famille »[10].

François-Xavier Maistre est le père de deux célèbres écrivains, Joseph de Maistre et son frère cadet Xavier de Maistre. Ces derniers furent très influents à travers l'Europe : le premier correspondit avec François-René de Chateaubriand[11] et inspira Tolstoï pour l'écriture de son roman Guerre et Paix[12]. Le second côtoya Alexandre Souvorov et un poème de Lamartine (Le Retour) lui sera dédié. La ville de Chambéry a élevé devant le château des souverains de Savoie, par souscription publique, un monument à ces deux illustrations de la Savoie. Le comte Rodolphe de Maistre, fils de Joseph de Maistre, ancien gouverneur de Nice, chevalier de l'Ordre de l'Annonciade, a laissé une nombreuse postérité qui continue avec la plus grande distinction[10].

Au début du XXIe siècle, les généalogistes ont recensé 1480 descendants de cette famille savoyarde, dont plus de 800 subsistants (alliances comprises), lors d'une grande réunion généalogique organisée en 2001 par Magali Isoard de Chénerilles (1924-2008), veuve de Xavier-Eugène-François de Maistre (1919-1995), au château de Puiseux-le-Hauberger, dans le département de l'Oise[13].

Généalogie

Les origines nissardes de la famille de Maistre ont été développées notamment par Georges Doublet (1863-1936), professeur niçois agrégé, lors de la conférence du président François Vermale, intitulée « L’ascendance niçoise de Joseph et Xavier de Maistre », enregistrée en 1928 à la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie de Chambéry[14].

Filiation

  • Antoine Maystre (v.1535), muletier de Nice (mulio de Nissia)[15].
    • Pierre Maistre (ou Maystre), mort avant 1612, citoyen de Nice, muletier[15].
      • Jean Maistre, mort en 1630, meunier sur le Payon, citoyen de Nice. Il avait acheté une maisonnette près des remparts Nord de Nice et en a fait un moulin à eau sur le torrent Le Payon[15].
        • Michel Maistre (1588-avant 1651), marchand d'étoffes à Nice, marié en 1617 à Bertine Castello (morte en 1675), d'où douze enfants baptisés à la cathédrale Sainte-Réparate de Nice[15].
          • François Maistre (1630-1674), marchand d'étoffes à Nice, marié en 1656 à Catherine Dalmassi (morte en 1717), d'où huit enfants dont trois entrés en religion[15].
            • André Maistre (1661-1722), marchand d'étoffes à Nice, second syndic de Nice, marié en 1693 à Angèle Berangero, d'oû 12 enfants, dont 9 baptisés en la cathédrale sainte Réparate de Nice[15].
              • François-Xavier Maistre (1705-1789), épouse Christine Demotz de La Salle (1727-1774), d'où dix enfants[16].
                • Joseph de Maistre (1753-1821), marié à Françoise de Morant (1759-1839), d'où trois enfants[16].
                  • Rodolphe de Maistre (1789-1866), marié à Charlotte Espérance du Plan de Sieyès (1799-1881), d'où 11 enfants[16].
                    • Joseph de Maistre (1826-1861), marie à Mary Christine O'Byrne (1831-1900), d'où 1 enfant.
                      • Ignace de Maistre (1860-1955), marié à Henriette du Bourg de Luzençon (1867-1940), d'où 9 enfants.

Rodolphe de Maistre est l'auteur de toute la famille savoyarde de Maistre subsistante. Elle n'a aucun lien de parenté avec la famille homonyme de Maistre de Vaujours, originaire du Languedoc[17].

Personnalités

Armoiries et devise

Famille de Maistre

Les armes de la famille de Maistre se blasonnent ainsi : d'azur à trois soucis d'or[10],[28].
Devise : « Fors l'honneur, nul souci »[10]
Le comte Joseph de Maistre écrit dans ses Carnets, à la date du  : « Samedi 30. Terribles nouvelles d'Italie arrivées aujourd'hui. Tout paraissant perdu pour moi, n'ayant plus ni patrie, ni fortune, ni même un souverain, à proprement parler, j'ai fait graver autour de mes armoiries, qui portent des fleurs de soucis, la devise : Fors l'honneur nul souci. Je n'ai plus que cette devise à léguer à mes enfants. C'est à eux de ne pas répudier l'hoirie[29]. »

Alliances

Notes et références

Voir aussi

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