Faubourg (Charleroi)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Quartiers limitrophes

Le Faubourg est entouré par les quartiers de la Neuville à Montignies-sur-Sambre à l'est, la ville-haute de Charleroi au sud, la Broucheterre à l'ouest, le Gros-Fayt à Lodelinsart et Gilly-Haies au nord.

Rues et places

Le quartier du Faubourg possède les rues et place suivantes : rue de l'Alouette, rue Barvais, sentier Bauthière (disparu), rue Bayet appelée autrefois « sentier de la Chapelle Bayat »[1][2], rue de Bethléem, sentier Bodart (disparu), rue du Bois del Bol, rue Carpet, rue de la Cayauderie, rue Casimir Lambert, rue du Daring Club, rue Dourlet, sentier des Écoliers ou des Écoles, place Élie Delferrière, rue Émile Vandervelde, rue de l'Enseignement (devenue sous le nom de rue Isabelle Gatti de Gamond), rue Fréché, Grand'Rue, rue du Gurgeat, rue de l'Hospice (à la limite avec Montignies-sur-Sambre), rue Joseph Wauters (devenue rue d'Himeji), rue Jules Destrée (devenue rue Marie Danse), rue Barry, rue Laviolette, rue de Lodelinsart, rue Motte, place du Nord Michel Levie, rue Omer Lefèvre, rue Petit Pige, rue du Pinson, rue du Presbytère, rue du Prince, rue Quinet, rue du Roton, rue Stassart, rue Stassin, rue de la Terre al'danse, rue du Terril, rue de la Tourette, rue des Verreries (devenue rue de Pittsburgh) et rue du Warmonceau.

Histoire

Quand le village de Charnoy fut rasé pour faire place à la forteresse de Charleroi, son territoire et ses habitants se répartirent entre les futurs citadins qui allaient bientôt occuper la nouvelle ville en construction à l’intérieur des remparts, et ceux du faubourg qui restèrent dans cette zone extérieure, formant les quartiers du Spiniat, du Rossignol, de la Cayaudrie, du Pige-au-Croly, de la Broucheterre, de la Garenne et de Bethléem, qui allaient garder longtemps leur caractère rural et artisanal[3].

Le premier cadastre de la ville, établi en 1769, révèle que le centre-ville de Charleroi comptait 313 maisons, contre 180 dans les faubourgs où les surfaces qui sont non bâties se répartissaient de terres labourable, de prés, de bois et de terres en friche, de jardins et de vergers[3]. L’importance des faubourgs continua de croître pendant plus d’un siècle. En 1780, on comptait 440 maisons et 2247 habitants au centre-ville, contre 240 maisons et 1171 habitants dans les faubourgs[4]. Après la Révolution française, le quartier porta le nom de « Quartier de l'Égalité »[5][6].

Les faubourgs connurent une expansion rapide au XIXe siècle : entre 1830 et 1860, on construisit tellement que le nombre de maisons doubla. Les écarts de modes de vie et de mentalités entre citadins et habitants des faubourgs se creusèrent au point que, à deux reprises, en 1843 et en 1874, certains habitants réclamèrent que le faubourg devienne une commune indépendante[7] sous l'appellation de Sainte-Barbe[8].

Le eut lieu le premier meeting socialiste des mineurs du Faubourg, réunissant environ 400 personnes. Ce furent encore les mineurs qui, fin , organisèrent la première grève à Charleroi-Nord[9]. Le , les « Chevaliers du Travail » tinrent à Charleroi-Nord une réunion où mineurs et verriers élaborèrent ensemble un ambitieux programme d’action sociale[10].

En 1881, l’évêque de Tournai créa la paroisse Saint-Éloi, et l’église fut bénie le de la même année par le chanoine Jean-Baptiste Van Geersdaele, curé-doyen. Dès le lendemain, elle ouvrit ses portes au culte[11].

En 1886, lors des émeutes qui agitaient la région de Charleroi, les verreries du Faubourg furent saccagées, faisant des blessés et des morts[10].

En 1894, le Conseil communal de Charleroi décide de créer un nouveau cimetière à l’emplacement du caya Bethléem, sur des vergers et un champ de blé qui s’étendaient jusqu’au chemin de fer, remplacé depuis par l’actuelle autoroute[12].

Le , des « Mosquitos » de l’aviation alliée en patrouille, pris pour cible depuis le sol, lâchèrent quelques bombes au début de la rue de Bayemont (actuelle rue Émile Maufort). Plusieurs immeubles furent touchés et détruits, causant la mort de six personnes et faisant plusieurs blessés[13].

Industries

La Porte de Waterloo au début du XXe siècle.

Les habitants de Charnoy, comme tous les ruraux, vivaient naturellement de l’agriculture[14]. Mais depuis longtemps, ceux qui, dans leurs champs, avaient eu la chance de découvrir de la terre-houille l’exploitaient de manière artisanale. Depuis au moins le XIIIe siècle, les habitants creusaient des « cayas » pour en extraire un combustible destiné au chauffage domestique. Au fil du temps, l’extraction et la vente de la houille ont conduit au développement d’un autre métier artisanal, la clouterie, encouragé par la présence de minerais de fer dans l’Entre-Sambre-et-Meuse[15].

Dès le XVe siècle, on trouve déjà des traces de clouteries à Charnoy. Vers la fin du XVIIe siècle, la fabrication de clous commencera peu à peu à s’industrialiser, mais ce sont surtout les industries du charbon et du verre qui, au Faubourg, prendront de l’essor et feront progressivement disparaître le caractère rural du lieu[15].

Charbonnages

À mesure que les puits s’enfonçaient davantage pour extraire le charbon, l’évacuation de l’eau, inévitable dans les galeries, devenait un défi. Le système des « seûwes » (conduits souterrains en pente vers les vallées voisines), utilisé dès le XVIIe siècle, montra vite ses limites, surtout sur les terrains à faible déclivité comme au Faubourg, où ce procédé n’était pas toujours possible[16].

Ce n’est qu’en 1764 que la première « machine à feu » fut érigée au Faubourg pour le compte de la Société de la Bawette ; la seconde y fut installée entre 1778 et 1780. On pouvait descendre jusqu’à 62 mètres avec une « seuwe », jusqu’à 99 mètres avec une « machine à chevaux » et jusqu’à 177 mètres avec une machine à vapeur[16].

Ces installations, plus sophistiquées et donc plus coûteuses, avaient conduit les propriétaires et exploitants à se regrouper en associations de « maîtres parçonniers » qui, selon l’importance de leur « part », embauchaient des ouvriers pour extraire la houille. Au XVIIe siècle, ils durent faire appel à des capitalistes, lesquels exigèrent la création de sociétés bien organisées, contrôlées et administrées[17].

Au départ, le charbon était surtout destiné à la consommation domestique et industrielle locale. Mais la navigation sur la Sambre et la Meuse permit aux exploitants de Charleroi de commercer avec Maubeuge, Namur, Charleville et Sedan. La construction de la chaussée reliant Charleroi à Bruxelles en 1720 ouvrit de nouvelles opportunités vers le nord, et dès 1810, le charbon se vendait jusqu’à Paris[18].

La Société du Gurgeat

Elle vit le jour en 1665 grâce à l’autorisation d’Isabelle de Mérode, comtesse d’Isenghien, pour exploiter un caya[19][17]. Mais les guerres qui ravagèrent le pays à la fin du XVIIe siècle furent désastreuses pour les houilleurs : entre 1683 et 1701, la production des parçonniers du Gurgeat fut réquisitionnée au profit des troupes françaises. À partir de 1731, il fallut s’appuyer sur les fonds de Guillaume-Nicolas Moreau pour établir les bases d’une administration. En 1762, tous les droits de concession passèrent à la famille Desandruoin. En 1836, Le Gurgeat intégra la société des Charbonnages de Lodelinsart, qui exploitait alors trois puits entre les rues Cayauderie, Terre-al’Danse et Joseph Wauters (actuellement rue d'Himeji). En 1851, le charbonnage du Mambourg reprit l’exploitation des concessions, mais sans se servir des trois puits, dont les installations furent rapidement démolies[20][19][6].

La Société Mambourg et Bawette

En 1764, la société de la Bawette installa la première machine à feu au Faubourg. En 1770, elle fusionna avec la société du Mambourg, qui exploita plusieurs puits dans le quartier : le puits no 1 rue Dourlet, le puits no 12 à l’entrée de la Grand’rue qui s'est arrêté en 1934[21], le puits no 13 ou fosse Briquet[21], ainsi que Sainte-Barbe[22], plus loin dans la Grand’rue avant la rue Laviolette, et enfin le puits no 15 ou fosse Sainte-Thérèse, abandonné vers 1850[22], au bout de la Grand’rue, sur la droite[23]. Vers 1770, près de la moitié des habitants actifs du Faubourg travaillaient dans les charbonnages, dont environ 30 % étaient des femmes et des enfants. En 1810, la société Mambourg et Bawette employait 850 ouvriers[24].

Le nom « Mambourg » vient du fait que le mambour de l’église de la Ville-Haute exploitait, à son profit, un caya qui fut ensuite surnommé « La fosse du Mambourg ». En 1948, à la suite de la fusion des charbonnages Réunis du Mambourg, du Sacré-Madame à Dampremy et du Poirier à Montignies-sur-Sambre, la société prit officiellement le nom de Société des Charbonnages du Mambourg, Sacré-Madame et Poirier Réunis[25].

Cette société est née de plusieurs fusions au fil du temps. La société de la Sablonnaire remontait à 1630, suivie par la société du Gurgeat, issue d’un bail accordé en 1665 par Isabeau de Mérode, comtesse d’Isenghien, et reprise en 1851. Le premier charbonnage du Mambourg fut intégré à la société Bawette en 1770, tandis que la société Belle-Vue, créée en 1793 mais datant de 1783, provenait d’un accord entre le duc d’Arenberg, dernier seigneur de Charleroi, et l’Empereur d’Autriche. En 1837, les charbonnages de Mambourg et Bawette furent regroupés avec celui de Belle-Vue. En 1846, les Charbonnages Réunis de Charleroi réunirent Mambourg et Bawette, Belle-Vue et la Sablonnière[25].

En 1851, la Société de Lodelinsart intègre les Charbonnages Réunis, qui regroupent alors sept sociétés, dont la plupart étaient déjà actives depuis le XVIIe ou XVIIIe siècle. Ces sociétés étaient : la Société du Longbois (sous Gilly et Jumet), la Société du Nord du Fayat (sous Lodelinsart), la Société des Hauchies (sous Lodelinsart ou Société du Midi du Fayat), la Société du Nord de Lodelinsart, la Société Jean du fils (à Lodelinsart ou Nord du Mayeur et Grimprez), la Société des 14 actions à Lodelinsart (partie sud de Mayeur-Grimprez et Deschassis) et la Société du Gurgeat (Faubourg de Charleroi)[26]. Les six premières citées avaient vu le jour avec l’autorisation du marquis Stanislas Desandrouin ou de ses ayants droit, seigneurs de Lodelinsart et du Longbois, également impliqués dans la Société du Gurgeat. Les deux autres charbonnages rattachés au Mambourg en 1948 ont eux aussi une histoire très ancienne. Le Charbonnage du Sacré existait déjà en 1741, et en 1760, Louis Bergerand, l’un des exploitants de la veine du Sacré, s’associa à Dame Remson-Bivort ; c’est à partir de là que la société prit le nom de Sacré-Madame. Quant au Charbonnage du Poirier, ses origines remontent à avant 1648[27].

Verreries

En 1669, Jean de Condé obtint l’autorisation de construire une verrerie dans le faubourg de Charleroi. Il avait épousé Marie de Colnet, issue d’une famille originaire de Venise qui, dès le début du XVe siècle, avait implanté des verreries dans la région. Vers 1697, le gendre de la famille, Gédéon Desandrouin, fit bâtir une seconde verrerie dans le faubourg, et l’année suivante, François Dorlodot y ouvrit une troisième. En 1702, Guillaume Moreau entreprit la construction d’une verrerie à bouteilles, puis d’une verrerie à vitres, faisant appel à des spécialistes venus de Hanovre[28]. En 1718, il ouvre une deuxième verrerie. En 1759, ses petits-fils Gabriel, Ferdinand et Édouard reçoivent l’autorisation d’en établir une au Faubourg, qui produisit dès 1763 pas moins de 150 000 bouteilles[28].

Vers le milieu du XIXe siècle, il ne restait plus que trois verreries : la verrerie Marique, produisant du verre à vitres et des bouteilles, la Coopérative, spécialisée dans les vitres, et la plus importante, la verrerie Jonet. Cette dernière, fondée par Dominique Jonet après avoir repris vers 1858 les ateliers des frères Dorlodot, introduisit la fabrication de verres colorés[29][6] avant de devenir une société anonyme. En 1929, elle employait encore de nombreux ouvriers, mais n’en comptait plus que 230 en 1936, année où elle mit fin à ses activités. Les bâtiments furent démolis dans les années 1950 pour faire place à l’abattoir intercommunal[30].

Dès le XVIIIe siècle, les verreries du Faubourg envoyaient leurs produits vers la Principauté de Liège, la France et la Hollande. Très prisée des autorités, la main-d’œuvre verrière profitait de nombreux privilèges. À partir de 1875, par vagues successives, des verriers qualifiés du Faubourg partirent aux États-Unis ; puis, au début du siècle suivant, l’émigration se tourna vers la Suisse, l’Italie, l’Espagne, ainsi que vers la Russie et le Japon[31].

Lieux publics

Maisons de la rue Marie Danse numéros 82 et 84.

Patrimoine et bâtiments publics

  • L'église Saint-Éloi, édifice néo-roman[32] construit en 1872-1875 par l'architecte Auguste Cador, l'église est consacrée le [11][33]. L'église est inoccupée depuis 2016 et désacralisée en 2019 est en voie de démolition pour l'aménagement de la place du projet « plan place »[34].
  • La chapelle dédiée à la Mère des Grâces aussi appelée El Tchapèle Bayet, reconstruite en 1930, elle est située rue Jonet[35]. La statue de Notre-Dame de Grâces provienne de l'ancienne église de Charnoy[1].
  • L'hôpital Notre-Dame, construit en 1962 sur les terrains anciennement occupés par le puits no 12 de la Société Mambourg et Bawette.
  • L'Hostellerie Ouvrière, rue Marie Danse. Construite en 1898, et tenue par les Frères de la charité, elle servait de home pour les ouvriers isolés. Le bâtiment devint de 1904 à 1924 en partie l'école des Sourds-Muets. Vers 1930, le bâtiment est repris par les Aumôniers du Travail de Charleroi qui le transforme en pensionnat[36][37][6].
  • Deux habitations édifiées dans un style « 1900 », de trois niveaux[38], rue Marie Danse nos 82 et 84.
  • Le Collège Technique des Aumôniers du Travail. Fondé en 1901[22] par Michel Levie qui rêvait d'établir dans la ville une école professionnelle avec un enseignement théorique et pratique donné dans une atmosphère chrétienne[39], situé Grand'Rue.
  • Le centre commercial Ville 2, inauguré le [6] et agrandi au début des années 2010, et le complexe cinématographique Pathé, d'abord dénommé le « Carollywood »[6] et « Cinépointcom » qui se trouvent sur l'emplacement du terril du Mambourg.
  • Les châteaux d'eau, construis en 1946[40], la première cuve a été mis en service en 1948 et la seconde en 1950[41], ils se situent à la limite avec Montignies-sur-Sambre.

Parcs et cimetière

Le parc Lambert.

Parcs

Parc Lambert, rue Casimir Lambert et rue de la Motte et parc Hiernaux.

Cimetière

Cimetière de Charleroi Nord.

Enseignement

Collège Technique des Aumôniers du Travail Grand'Rue.
  • École communale du Nord, rue Émile Vandervelde.
  • École communale de l'Alouette, rue du Terril.
  • Collège Technique des Aumôniers du Travail, Grand'Rue.
  • Collège des Aumôniers du Travail, rue Marie Danse.
  • Académie des Beaux-Arts de Charleroi (Alphonse Darville), rue Dourlet. Installée en 1946 dans les bâtiments de l'ancienne école du Nord III[42].

Service santé

  • Maison de Repos : Résidence Brichart, rue Casimir Lambert.

Sports

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI