Federal Assault Weapons Ban
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Le Federal Assault Weapons Ban (AWB), officiellement le Public Safety and Recreational Firearms Use Protection Act, est une subdivision du Violent Crime Control and Law Enforcement Act, loi du Congrès des États-Unis[1]. La loi est signée le par le président Bill Clinton[2], une importante loi de la législation sur les armes d'assaut aux États-Unis, après une longue lutte contre la National Rifle Association of America[3].
| Titre | Public Safety and Recreational Firearms Use Protection Act |
|---|---|
| Abréviation | FAWB |
| Référence | PL 103-322; 108 Stat. 1796 : H.R.3355 (103rd Congress), Title XI. |
| Pays | États-Unis |
| Type | loi fédérale |
| Adoption | 25 août 1994 |
|---|---|
| Promulgation | 13 septembre 1994 |
| Abrogation | 13 septembre 2004 |
Le , le président Joe Biden propose une nouvelle loi contre les armes d’assaut après les fusillades d'Atlanta (8 morts) et de Boulder (10 morts) qui se sont produites à moins d'une semaine d'intervalle[4].
Histoire
Contexte
Au cours des années 1980, le nombre de fusils d’assaut en circulation aux États-Unis croît dans d’importantes proportions. De plus en plus souvent, ces armes sont utilisées pour commettre des crimes violents, en lien avec un accroissement également important de la criminalité durant cette décennie[5]. Une étude réalisée aux début des années 1990 montre ainsi que les armes d’assaut sont utilisées dans 6-8 % des crimes, alors qu’elles ne représentent que 2-3 % du total des armes en possession de civils[6]. Progressivement émerge chez une part non négligeable du public le sentiment que les fusils d’assaut n’ont pas à se trouver entre les mains du grand public, car ils n’ont pas d’intérêt pour le tir sportif ou la chasse[7].
Des restrictions sur la vente de ces armes ne sont toutefois sérieusement envisagées qu’après la fusillade de Stockton : le Patrick Purdy mitraille la cour de récréation d’une école maternelle avec un fusil d’assaut Type 56, copie chinoise de l’AK-47, tuant cinq enfants et en blessant vingt-neuf autres avant de se suicider. Dans la foulée, trente États et de nombreuses municipalités restreignent la vente et le port des fusils d’assaut[7]. AU niveau fédéral, George H. W. Bush signe en un décret présidentiel interdisant temporairement l’import de certains fusils d’assaut. Peu de temps après et malgré l’opposition de la National Rifle Association of America, cette interdiction est élargie pour inclure davantage de modèles et devient permanente[6]. En 1993, Bill Clinton l’étend encore par un nouveau décret, afin d’inclure certains pistolets mitrailleurs, comme l’Uzi[8].
Du côté du Congrès, plusieurs projets de loi sont étudiés entre 1989 et 1991 afin d’interdire ou limiter la circulation de ces armes, mais aucun n’aboutit. Le Sénat interdit en revanche en la fabrication de dix-neuf modèles d’armes d’assaut, tout en autorisant la vente au public des stocks existants et en exemptant explicitement six-cent-cinquante autres modèles de restrictions[8].
Un texte adopté de haute lutte
Au printemps 1994, la chambre des représentants commence à étudier un projet de loi interdisant les armes d’assaut. Bien que les démocrates soient majoritaires, l’adoption de la loi est à ce moment improbable, la plupart des membres influents du parti y étant opposés, à l’image de Thomas S. Foley et Jack Brooks. Le projet bénéficie toutefois du soutien du président Bill Clinton et, de manière plus inattendue, de certains républicains, dont Henry Hyde, qui est pourtant habituellement un opposant au contrôle des armes[8].
Validée par la commission judiciaire le , la loi passe au vote une première fois à la Chambre des représentants le . Elle est y adoptée de justesse par 216 voix contre 214, sauvée in extremis par le revirement du représentant de l’Indiana Andrew Jacobs Jr. (en), qui avait initialement voté contre avant de changer son vote sous la pression de certains de ses collègues. La loi faisant partie d’un texte plus large, le Violent Crime Control and Law Enforcement Act, voté dans des versions différentes à la Chambre des représentants et au Sénat, le texte doit ensuite passer par le comité de conférence du Congrès. Alors qu’il s’agit en général d’une étape de routine, Jack Brooks en profite pour essayer de faire éliminer l’Assault Weapons Ban du texte final, tandis que de leur côté, les Républicains s’efforcent d’empêcher le vote du texte complet[8].
Ces attaques ont plusieurs effets. D’une part, le texte est rempli d’amendements visant en saboter l’efficacité, par exemple en exemptant les prêteurs sur gage des restrictions. D’autre part, le vote du texte est continuellement repoussé : initialement prévu fin mai, il n’a toujours pas été voté en juillet. Inquiet de ces délais alors que les élections approchent, Bill Clinton fait pression pour accélérer le vote. L’effet n’est toutefois pas celui escompté, le texte n’étant acceptable ni pour les opposants au principe même de la loi, ni à ceux qui ne sont pas satisfaits du caviardage du texte original. Ainsi, le , la Chambre rejette le texte à 225 voix contre 210[8].
Rassemblant ses soutiens et mobilisant l’opinion publique ainsi que les associations de policiers, Bill Clinton force le Congrès à réexaminer le texte, bien que cela ne soit pas conforme à la procédure[9]. Après trois jours de négociations, le texte, à nouveau modifié, repasse au vote le et est adopté grâce au soutien des républicains modérés et du caucus noir du Congrès à 235 voix contre 195. Il est ensuite adopté au Sénat avant d’être signé par Bill Clinton le [10].
Annulation
Le mois suivant l’adoption de la loi a lieu la « Révolution républicaine » : les républicains écrasent les démocrates aux élections du Sénat et de la Chambre des représentants, leur offrant la majorité absolue dans les deux chambres. Une des promesses des chefs républicains est d’abroger la loi et une proposition est faite en ce sens en 1996. Les républicains ne parviennent toutefois pas à faire inscrire leur projet dans les textes examinés au Sénat et la tentative ne va pas plus loin[10].
À l’approche de l’expiration de la loi en 2004, le texte n’ayant prévu une interdiction que pour dix ans, des voix s’élèvent pour demander son renouvellement. À cette époque le Congrès est toutefois toujours contrôlé par les républicains et le président George W. Bush est également de ce parti, de sorte que rien n’est entrepris dans ce sens. La loi expire ainsi le [10].
Contenu
Le Federal Assault Weapons Ban est le titre XI du Violent Crime Control and Law Enforcement Act. Le cœur du texte est l’interdiction pendant dix ans de fabriquer et vendre dix-neuf modèles d’armes précisément cités. Y figurent par exemple l’Uzi, l’AR-15, le FN/FAL ainsi que tous les modèles de Kalachnikov. S’y ajoutent plusieurs centaines d’armes entrant dans la catégorie des armes d’assaut (assault weapons) nouvellement créée, celle-ci étant divisée en trois sous-catégories : fusils (rifle), pistolet (pistol) et fusil à canon lisse (shotgun). La loi interdit également les chargeurs de plus de dix cartouches[7].
L’appartenance à la famille des armes d’assaut est déterminée à partir d’une liste de caractéristiques, par exemple la présence d’une poignée-pistolet, d’une crosse pliable, d’un support pour une baïonnette ou un lance-grenades ou encore de la possibilité de monter un silencieux. Tout fusil ou pistolet semi-automatique ayant un chargeur détachable et au moins deux des caractéristiques listées est considéré comme étant une arme d’assaut. Pour les fusils à canon lisse il suffit d’avoir deux des caractéristiques listées, quel que soit le mode de chargement de l’arme[7].
La loi contient en revanche un certain nombre de points limitant son efficacité. En particulier, elle intègre une liste de 661 armes qui sont exemptées de la respecter. Par ailleurs, les armes d’assaut déjà en circulation ne sont pas non plus concernées[7].