Feux de forêt en France

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La France est sujette aux feux de forêts, en particulier dans le sud-ouest et le sud-est. Leur nombre et l'étendue des surfaces brûlées diminuent depuis la fin du XXe siècle, grâce à des techniques de prévention et de lutte contre l'incendie efficaces, mais le changement climatique accroît et devrait continuer à accroître les conditions propices à leur déclenchement ainsi que leur sévérité, sur l'ensemble du territoire.

Feux notables

Corse

Nouvelle-Aquitaine

  • le , l'incendie de la forêt des Landes : 52 000 hectares sont brûlés. Il est l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu la France, faisant 82 victimes, fonctionnaires des Eaux et Forêts chargés de la prévention et de la lutte contre les incendies, et encadrant des militaires venus prêter main-forte ;
  • le , l'incendie de la Palmyre, aux Mathes (Charente-Maritime) : 1 000 hectares dans la forêt de la Palmyre[1] ;
  • en , en Gironde[2].

Occitanie

  • fin , à l'est du pic Saint-Loup entre Saint-Mathieu-de-Tréviers et Castries (Hérault) : des centaines d'hectares mobilisent les moyens de 3 départements. Le feu est probablement d'origine criminelle, mais l'enquête conclut à un classement sans suite ;
  • en , dans l'agglomération de Narbonne (Aude) ;
  • en , à Ribaute (Aude) : parti le , 16 000 hectares ont brûlé le lendemain. C'est plus que les 15 000 hectares brûlés sur le territoire national pour 9 000 départs de feu depuis le début de l'été[3]. Une habitante de la commune de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse est décédée après que son plafond se soit effondré dans sa maison qu'elle avait refusé d'évacuer[4].

Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Si l'on en croit les chroniqueurs et les archives, même si les grands incendies étaient autrefois moins fréquents qu'aujourd'hui, les forêts ont toujours brûlé[5]. Les zones sèches y sont plus sensibles ; les exemples des massifs des Maures et de l'Esterel sont parlants :

  • en 1271, un feu de mauvaises herbes, mal surveillé, s'étend à la forêt et incendie tous les bâtiments de la Chartreuse de la Verne ;
  • au XVIe siècle, la forêt des Maures est incendiée lors des combats qui opposent les armées de Charles Quint et de François Ier ;
  • du 4 au , 4 000 hectares ;
  • du 1er au , 10 000 hectares ;
  • du 20 au , 10 000 hectares de Saint-Raphaël à Mandelieu (et deux morts) ;
  • du 26 au , 10 000 hectares ;
  • le , huit morts ;
  • le , 10 000 hectares ;
  • le , 13 000 hectares ;
  • le , un feu dévaste la forêt d'Auribeau-sur-Siagne (dans lequel meurent l'épouse et les 4 enfants de Martin Gray) ;
Mémorial aux pompiers morts lors de l'incendie de Cabasson (Bormes-les-Mimosas, Var) en 1990.

Causes et répartition

Causes

Répartition des causes connues de feu de forêt en France entre 1996 et 2006 (données de la base Prométhée)[8] :

  • 39 % : malveillance (chasse, pyromanie, pastoralisme, conflit d'occupation du sol) ;
  • 23 % : loisirs (feux d'artifice, barbecues, réchaud, mégots de promeneur ou jetés d'un véhicule) ;
  • 21 % : travaux forestiers ou agricoles ;
  • 9 % : cause accidentelle (dépôt d'ordures, lignes électriques, incendie de véhicules...) ;
  • 8 % : origine naturelle (foudre).

Répartition géographique

Prévention et lutte contre l'incendie

Prévention

90 % des feux de forêts sont d'origine humaine, et 50 % sont dus à une imprudence[9]. La Défense des forêts contre les incendies a permis une diminution de 80 % de la superficie détruite entre 1978 et 2017[10]. La lutte contre les feux mobilisent 35 000 personnes dans le pays à ces différentes étapes.

L'Office national des forêts définit quatre missions principales pour les forestiers : prévenir (patrouilles mobiles, piste d'accès aux massifs, débroussaillement), intervenir (assistance aux pompiers), sécuriser les lieux et accompagner la reconstruction écologique[10].

Lutte contre l'incendie

Coordonnées DFCI dans le Massif de l'Esterel.

On utilise le terme Défense de la forêt contre les incendies (DFCI) ; on parle de « coordonnées DFCI »[11] pour localiser les massifs forestiers, de « chemins DFCI » pour l'accès à ces massifs…

En période estivale, 300 personnels sont chargés de la lutte contre les incendies, y compris à leur prévention. Leur rôle en amont est de diminuer la végétation combustible, d'entretenir les pistes d'accès des secours et de créer des discontinuités dans le couvert végétable afin de réduire la propagation des incendies[12].

Camion-citerne feux de forêts IVECO 2 000 litres (moyen) des Auxiliaires de Prévention de la Forêt Méditerranéenne, Office national des forêts du Var, 2011.

Outre les sapeurs-pompiers, l'État emploie des ouvriers forestiers spécialisés dans la DFCI (ouvriers forestiers rapatriés d'Afrique du Nord et auxiliaires de protection de la forêt méditerranéenne) encadrés par des sous-officiers de l'Office national des forêts (ONF), avec des véhicules porteurs d'eau jaunes jonquille, des véhicules d'encadrement et de verbalisation, des tours de guet en points hauts et des équipes spécialisées.

Les forestiers entretiennent et développent les moyens de Défense des forêts contre l'incendie. En plus des diagnostics du dessèchement du couvert végétal afin d'éviter des départs de feu, les forestiers mènent des patrouilles et peuvent intervenir sur des départs de feu. Ils participent également au respect du débroussaillement[13].

Différentes prestations sont fournies par les fonctionnaires de l'ONF selon les départements à la demande des services forestiers de l'État des directions départementales de l'agriculture et de la forêt (DDAF) : Cellule forestière d'appui sur grand incendie (cartographie informatique en direct des feux et aide à la prévision), Équipes de guidage des moyens et de reconnaissance, Équipe Pluridisciplinaire d'Investigation sur l'Origine des Incendies de Forêts (équipe d'enquête mixte forestiers - gendarmes), équipe de feux tactiques, etc. Les collectivités territoriales emploient aussi des agents territoriaux appelés forestiers-sapeurs (véhicules jaunes jonquille) formés par l'ONF à l'origine, mais repris par les départements à la suite du désengagement de l'État, ainsi que des bénévoles regroupés dans des Comités communaux de feux de forêt (CCFF, véhicules orange)[14].

Les véhicules terrestres spécifiques à la lutte contre les feux de forêt sont :

Les sapeurs-pompiers disposent d'un « lot de repli » qui leur permet de se protéger un minimum s'ils sont piégés hors du véhicule. Il se compose d'une cagoule avec une cartouche filtrante (type masque à gaz) — les feux de forêt s'attaquent sans appareil respiratoire isolant — et d'un « poncho » métallisé qui permet de se protéger de la chaleur rayonnée.

En période estivale, les unités de sapeurs-pompiers des départements à risques (départements boisés du Sud de la France) ou des marins pompiers de Marseille, sont renforcés par des pompiers d'autres départements, des militaires des Unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile ou des marins pompiers réservistes.

  • Les groupes d'intervention de feu de forêt (GIFF) : il s'agit de colonnes de véhicules. Outre des CCF, les GIFF comprennent des véhicules pour assurer la logistique — en général deux ou trois véhicules toute-utilité (VTU) : matériel de rechange, mécanique, nourriture et boisson — et dans l'idéal un VSAV armé d'un infirmier pompier, éventuellement un véhicule radio-médicalisé (VRM) avec un médecin sapeur-pompier (MP), et un poste de commandement mobile (PCM).

Tous les avions de lutte contre le feu du midi de la France sont placés sous l'autorité du COZ (Centre opérationnel de zone), auparavant installé à Valabre dans les Bouches-du-Rhône lors de sa création en 1979 et à Marseille Saint-Loup,depuis 2016. Ce centre prévient, évalue les risques, met en œuvre et coordonne les forces aériennes et terrestres. Il se met à la disposition du préfet de la zone sud (Provence-Alpes-Côte d'Azur/Occitanie/Corse).

Législation

En France, l'ordonnance de 1669 sur les Eaux et Forêts précise qu'il « est fait défenses à toutes personnes de porter et allumer le feu, en quelques saisons que ce soit, dans les forêts, landes et bruyères, à peine de punitions corporelle et d'amende arbitraire, outre la réparation des dommages que l'incendie pourrait avoir causés »[15]. En 1706, la Chambre des eaux et forêts du parlement de Provence arrête : « Il est défendu à tous les gardiens de troupeaux de mettre le feu aux bois, sous peine de punition corporelle ». Le Conseil général du Var et les préfets continuent la lutte, aidés par le Code pénal (article 458) et par le Code forestier (1827), lequel en son article 148, maintient la prohibition de l'ordonnance de 1669 et l'étend à une zone de deux cents mètres de large à partir de la lisière de la forêt[5].

Impacts du changement climatique

Références

Voir aussi

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