Filipe Nagera Bole, né le et mort le [1], est un diplomate puis homme politique fidjien.
Né au village de Mualevu d'une mère issue de l'aristocratie autochtone et d'un père roturier, il grandit sur l'île de Vanua Balavu(en) dans l'archipel de Lau, dans ce qui est alors la colonie britannique des Fidji. Il étudie à l'université Victoria de Wellington et à une école de formation d'enseignants à Auckland, avant de devenir enseignant aux Fidji. La colonie devient indépendante en 1970, et de 1972 à 1980 il travaille dans l'administration de plusieurs ministères[2].
Élu à la Chambre des représentants aux élections de 1992, il est le ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Sitiveni Rabuka de 1992 à 1994. Ne siégeant plus à la Chambre des représentants à l'issue des élections anticipées de 1994, il est nommé membre du Sénat par le Premier ministre. Il est ministre du Tourisme de 1995 à 1996, puis ministre de l'Information de 1997 à 1999 jusqu'à la défaite du gouvernement aux élections de 1999[2].
Chef de file du Parti politique autochtone (SVT) pour les élections de 2001, il rompt peu après avec le nationalisme ethnique autochtone de ce parti et fonde en 2002 son éphémère propre parti, le Parti démocrate fidjien, qui promeut l'abolition des listes électorales ethniques[2]. Le il est nommé ministre de l'Éducation, du Patrimoine, de la Culture est des Arts, et de la Jeunesse et des Sports, dans le gouvernement de Frank Bainimarama qui a pris le pouvoir en pour réformer la vie institutionnelle et politique fidjienne et promouvoir l'unité nationale par-delà les clivages ethniques[5],[6],[7]. Il conserve ce poste jusqu'aux élections de 2014, auxquelles il ne se présente pas, mettant un terme à sa carrière politique[8].
Il meurt en 2019 à son domicile à Suva, à l'âge de 83 ans, « après une longue maladie »[1]. Le Premier ministre Frank Bainimarama, le chef de l'opposition parlementaire et ancien Premier ministre Sitiveni Rabuka, et l'ancien Premier ministre Laisenia Qarase assistent à ses obsèques[9].