Film étirable
pellicule de matière plastique déformable auto-adhésive destinée à l'emballage
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Un film étirable, ou, à tort, cellophane[1], est une pellicule de matière plastique, ductile, transparente et adhérente, à usage unique utilisée pour la protection des denrées alimentaires (film alimentaire plastique) ou l'emballage de marchandises non-destinées à l'alimentation humaine ou animale (film à usages industriels).
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Emballage alimentaire jetable (en), conservation des aliments, produit jetable, emballage alimentaire, emballage alimentaire en plastique (d), emballage plastique (en) |
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Histoire
En 1933, Ralph Wiley était stagiaire au laboratoire Dow Chemical. Alors qu'il nettoyait de la verrerie après des essais, un dépôt formé sur une éprouvette lui résistait, impossible à éliminer.
Il venait de découvrir fortuitement le polychlorure de vinylidène (PVDC), un polymère apparenté au PVC, auquel son caractère cristallin donne une résistance élevée aux solvants et aux acides, et une imperméabilité excellente aux gaz (vapeur d'eau, oxygène, CO2 , etc.), comparable à celle de l’alcool polyvinylique (VOH).
Quelques modifications permirent aux chercheurs de Dow Chemical d’en faire un matériau militaire, vert foncé, le Saran (ainsi baptisé en souvenir de l'inventeur, dont les filles se prénommaient Sarah et Anne), permettant de protéger les pièces d’avion de la corrosion marine sur les porte-avions. Après la seconde Guerre mondiale, l'entreprise vint à bout de son odeur désagréable et de sa couleur, et parvint à obtenir l’agrément alimentaire pour le PVDC. Il fut assez facile de l’extruder en film, et, comme il avait la particularité d'adhérer spontanément à peu près à tout, y compris à lui-même, l'entreprise imagina de le commercialiser pour l'usage que l'on connaît aujourd'hui, d'abord à l'intention de l'industrie, en 1949, puis des foyers, en 1953. Le film étirable devint le premier produit du groupe destiné aux particuliers, sous le nom de Saran Wrap, qui est encore le nom générique donné aux États-Unis et au Canada aux bobineaux ménagers. Dans le monde anglo-saxon, les films étirables sont aussi appelés 'cling films' ou 'plastic wrap'.
Quand, dans leur sketch L'Homme de 2000 ans, Carl Reiner demande à Mel Brooks de désigner la plus grande invention de l’histoire de l’humanité, celui-ci répond : « Le Saran Wrap. »
Depuis 2015, plusieurs entreprises de recyclage de plastique utilisent des bouteilles d'eau pour fabriquer à partir de ces dernières du film étirable. Une bouteille d'eau de 1.5 L en plastique[Lequel ?] permet de fabriquer 200 mètres de film étirable à usage non-alimentaire (emballage)[réf. nécessaire]. Cela permet d’économiser chaque année en France plus de 150 tonnes de déchets plastique et 3 000 tonnes de CO2 par an[2].
Matériaux

D'autres matériaux plastiques ont été découverts, possédant également un pouvoir d'adhésion lorsqu'ils sont étirés à l'état de film : le polyéthylène additivé et le PVC plastifié en sont notamment des exemples. Ils sont moins coûteux à produire que les films originaux à base de PVDC et conviennent bien aux emballages non-alimentaires.
Les débuts des films étirables destinés au contact alimentaire, transparents et performants, à base de PVC, sont situés vers les années 1960, puis ceux des films à base de polyoléfines (LDPE), ayant l'avantage d'une meilleure inertie chimique, vers les années 1980.
Les films étirables se ramollissent à température élevée. Par conséquent, ils ne sont pas utilisables au four à micro-ondes car, sous l'effet de la vapeur d'eau produite, ils gonflent et se déchirent, libérant de la vapeur d'eau, ainsi que des éclaboussures, dans le four.
Goodyear a aussi lancé des films étirables en PVC modifié par des plastifiants pour utilisation dans les emballages non-alimentaires, mais aujourd'hui un seul site de production subsiste sous la marque du fabricant de pneumatiques, à São Paulo, au Brésil.
Transfert potentiel de matière des films étirables vers les aliments

Le transfert de matières indésirables des films étirables vers les aliments en contact direct avec le film ou la vapeur d'eau recondensée après chauffage des aliments au four à micro-ondes est une préoccupation centrale de la sécurité alimentaire. Les fabricants de film alimentaire doivent respecter des normes garantissant l'absence de nocivité de leurs produits et les agences pour la sécurité de la chaîne alimentaire (comme l'Afssa en France ou l'AFSCA en Belgique) sont mandatées pour en contrôler l'innocuité et faire appliquer les réglementations en vigueur aux niveaux européens, nationaux ou fédéraux[3],[4].
Usages non-alimentaires

Les films étirables ne servent pas seulement à la protection des aliments. Ils sont aussi fréquemment utilisés dans les emballages de colis pour les protéger contre l'eau et l'humidité (intempéries) ou les frottements des bandes transporteuses (protection de bagages dans les aéroports). Lors du chargement de boîtes ou de cartons d'emballage sur palette de manutention et de transport, les films étirables permettent également d'assurer facilement le maintien mécanique des divers éléments entre eux et la stabilité structurelle du contenu des palettes. Les caractéristiques et les exigences de sécurité des films étirés dépendent donc de leurs applications. Les films industriels ne sont pas destinés à l'usage alimentaire. De surcroît, les déchets d'emballage doivent être éliminés correctement afin de ne pas se retrouver dans la nature, ni l'environnement marin où ils représentent une sérieuse menace pour la faune (tortues, dauphins, qui peuvent facilement les confondre avec les méduses et mourir étouffés).