Firmin Ngrebada
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| Firmin Ngrebada | |
| Fonctions | |
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| Premier ministre de Centrafrique | |
| – (2 ans, 3 mois et 21 jours) |
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| Président | Faustin-Archange Touadéra |
| Prédécesseur | Simplice Sarandji |
| Successeur | Henri-Marie Dondra |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bangui (République centrafricaine) |
| Nationalité | Centrafricaine |
| Parti politique | MCU |
| Diplômé de | Université de Bangui |
| Profession | Inspecteur principal du travail |
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| Premiers ministres de Centrafrique | |
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Firmin Ngrebada, né le à Bangui, est un homme d'État centrafricain, Premier ministre du au [1]. Cette nomination fait suite à la signature d'un accord de paix entre les autorités et les groupes armés.
Firmin Ngrebada passe le baccalauréat en 1988, puis il obtient une maitrise de droit public en 1994, à l'université de Bangui[2]. Il intègre la fonction publique en [2] à l'Inspection du travail et des lois sociales.
Il devient le directeur de cabinet adjoint du professeur Faustin Archange Touadera lorsque celui-ci est Premier ministre de François Bozizé de 2008 à 2013[3]. Il s'exile lors de la prise de pouvoir de la Séléka, en , puis revient en Centrafrique en 2014. Il devient alors le directeur de cabinet de Ferdinand Nguendet, à l'époque président du Conseil national de transition (République centrafricaine)Conseil national de transition [4]. Il est un cadre du parti politique MCU (Mouvement Cœurs Unis) proche du président Touadera[5] dont il devient le directeur de cabinet. Il appartient de nouveau au cercle de Faustin-Archange Touadéra lors de la campagne présidentielle de 2016, et devient son directeur de cabinet le . Il est notamment le chef de délégation qui a conduit les négociations avec les groupes armés rebelles qui aboutira au Treizième accord de paix en Centrafrique, signé le [6].
Nomination comme Premier ministre (2019)
Contexte
La nomination de Firmin Ngrebada intervient dans le cadre de l'accord politique pour la paix et la réconciliation, signé le à Bangui entre le gouvernement centrafricain et les quatorze groupes armés qui contrôlaient alors environ 80 % du territoire national[7]. Cet accord prévoyait la démission du gouvernement en place et la constitution d'un « gouvernement inclusif » associant les représentants des groupes armés[7]. Après la démission du gouvernement Sarandji II et du Premier ministre Simplice Sarandji le [8], Firmin Ngrebada est nommé le au poste de Premier ministre par le président Touadera, chargé de former un gouvernement d'union nationale avec les différentes composantes des groupes armés[9].
Rapprochement russo-centrafricain
Avant sa nomination à la primature, Firmin Ngrebada est identifié comme l'un des artisans principaux du rapprochement entre Bangui et Moscou. Selon Jeune Afrique, il est la cheville ouvrière de ce partenariat stratégique, depuis les premiers contacts avec le ministère russe des Affaires étrangères jusqu'à la signature de l'accord militaire bilatéral[4]. Dans les couloirs des ministères centrafricains, il est surnommé « Foccart », en référence à Jacques Foccart, ancien conseiller à l'Élysée pour les affaires africaines[4]. C'est lui qui organise la rencontre décisive d' à Sotchi entre le président Faustin-Archange Touadéra et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, au terme de laquelle la Russie s'engage à livrer gracieusement des armements à la FACA[4]. La première livraison d'armes russes est réceptionnée à Bangui fin , après obtention d'une dérogation du Conseil de sécurité de l'ONU[4].
Fin du mandat et démission (2021)
Le , Firmin Ngrebada remet sa démission au président de la République Faustin-Archange Touadéra, ainsi que celle de son gouvernement, à l'issue de la réélection contestée du chef de l'État en [10].
Sa démission intervient dans un contexte de vives tensions franco-centrafricaines. Le , le ministère français des Armées avait annoncé la suspension de sa coopération militaire avec Bangui et le gel de 10 millions d'euros d'aide budgétaire, accusant le gouvernement centrafricain d'être « complice » d'une campagne de désinformation antifrançaise orchestrée par Moscou[11]. Cette décision est prise alors que Firmin Ngrebada revenait d'une participation, en tant que chef de la délégation centrafricaine, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), tenu du 2 au [11]. Selon l'analyste Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (Sciences Po), Ngrebada était perçu comme « l'homme des Russes, le cerveau de la connexion » avec Moscou, et son départ fut interprété par certains observateurs comme un possible « premier pas dans le rétablissement de la confiance » avec Paris[12].
Henri-Marie Dondra lui succède au poste de Premier ministre dès le .