Sergueï Lavrov

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Sergueï Viktorovitch Lavrov (en russe : Сергей Викторович Лавров [sʲɪrˈgʲej ˈvʲiktərəvʲɪtɕ ɫɐvˈrof][1]), né le à Moscou (URSS), est un diplomate et homme politique russe. Membre du parti Russie unie, il est ministre des Affaires étrangères depuis 2004.

GouvernementFradkov I et II
Zoubkov
Poutine II
Medvedev I et II
Michoustine I et II
PrédécesseurIgor Ivanov
Faits en bref Fonctions, Ministre russe des Affaires étrangères ...
Sergueï Lavrov
Сергей Лавров
Illustration.
Sergueï Lavrov en 2022.
Fonctions
Ministre russe des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(22 ans, 4 mois et 4 jours)
Président Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev
Vladimir Poutine
Président du gouvernement Mikhaïl Fradkov
Viktor Zoubkov
Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev
Mikhaïl Michoustine
Gouvernement Fradkov I et II
Zoubkov
Poutine II
Medvedev I et II
Michoustine I et II
Prédécesseur Igor Ivanov
Représentant permanent de la Russie
au conseil de sécurité de l'ONU

(9 ans, 9 mois et 20 jours)
Président Boris Eltsine
Vladimir Poutine
Prédécesseur Iouli Vorontsov
Successeur Andreï Denissov
Biographie
Nom de naissance Sergueï Viktorovitch Kalantarian
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance Moscou (Union soviétique)
Nationalité Russe
Parti politique Russie unie
Conjoint Maria Lavrova
(marié en 1971)
Enfants 1
Diplômé de IERI de Moscou
Profession Diplomate

Signature de Sergueï LavrovСергей Лавров

Image illustrative de l’article Sergueï Lavrov
Ministre des Affaires étrangères
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Biographie

Origines et études

Sergueï Lavrov naît à Moscou d'un père arménien originaire de Tbilissi, dont le nom de famille serait Kalantarian[2]. Sa mère russe, originaire de Noguinsk, est fonctionnaire au ministère du Commerce extérieur soviétique[3]. Il étudie à l'école secondaire no 2 de Noguinsk, puis reçoit une médaille d'argent de l'école no 607 (ru) de Moscou avec enseignement renforcé en anglais, à la fin de ses études secondaires.

En 1972, il sort diplômé à Moscou de l'Institut d'État des relations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS[3].

À cette époque, il parle couramment le cinghalais (langue officielle du Sri Lanka), le maldivien (langue officielle des Maldives), l'anglais, et a un niveau correct en français[4].

En 1971, Sergeï Lavrov épouse Maria Lavrova[5].

Carrière de diplomate

En 1972, il est nommé attaché diplomatique auprès de l'ambassadeur de l'URSS au Sri Lanka. De 1976 à 1981, il travaille au département des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS. De 1981 à 1988, il est premier secrétaire, conseiller puis conseiller en chef de la représentation permanente de l'URSS auprès de l'ONU[3]. De 1988 à 1990, il est le chef adjoint du département des relations économiques internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie. De 1990 à 1992, il est le directeur du département des organisations internationales et des problèmes globaux du ministère des Affaires étrangères.

De 1992 à 1994, il est vice-ministre des Affaires étrangères de la fédération de Russie, sous la présidence de Boris Eltsine. De 1994 à 2004, il est le représentant permanent de la fédération de Russie auprès de l'ONU[2].

Ministre des Affaires étrangères

Il remplace Igor Ivanov au poste de ministre des Affaires étrangères de la Russie le . Il possède le rang d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie.

Il entretient de mauvais rapports avec la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice[6]. Le Daily Telegraph révèle le que le ministre a employé dans une conversation téléphonique avec son jeune homologue britannique David Miliband, dans le contexte du conflit russo-géorgien en Ossétie du Sud d' : « Who are you to fucking lecture me[7]? », ce qui fait la une des tabloïds anglais[8]. Entre 2008 et 2012, sous la présidence de Dmitri Medvedev, plus libéral que son prédécesseur et successeur Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov se fait plus mesuré, s'abstenant de critiquer l'intervention militaire franco-britannique en Libye et s'opposant à des lois anti-américaines votées par la Douma[9].

À partir de 2013, il est particulièrement actif dans la défense d'un statu quo à propos de la guerre civile syrienne en refusant une intervention militaire non encadrée par l'ONU[10] et en signant avec son homologue américain John Kerry à Genève une résolution mettant sous contrôle international les armements chimiques de l’État syrien[11]. La médiation de Lavrov et l'intervention russe en Syrie seront analysées comme un véritable « succès international » pour la Russie[6]. Il n'a par ailleurs pas donné suite à la politique de « reset » (en) entre les États-Unis et la Russie voulue par Barack Obama[9].

En 2014, il est en première ligne face au secrétaire d'État américain John Kerry, qu'il rencontre plusieurs fois dans le cadre de la crise de Crimée et des suites de la révolution de Maïdan.

Lorsque la Russie attaque l'Ukraine fin février 2022, il continue d'exécuter fidèlement la politique du président russe. Sa crédibilité internationale, longuement construite au fil des décennies, en est grandement affectée. Il est sanctionné le par le Conseil européen, en applicaton du Règlement UE 2014/269, ce qui implique le gel de ses actifs et l'interdiction de lui fournir des resspufes économiques. La sanction est ainsi motivée "En tant que membre du Conseil de sécurité de la Russie, il a soutenu la reconnaissance immédiate par la Russie des deux républiques autoproclamées.Sergueï Lavrov est responsable d'actions compromettant l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, ou la stabilité ou la sécurité en Ukraine, et soutient activement ces actions"[12],[13].

En , son intervention à l'ONU est ainsi boycottée par de nombreuses délégations, dont celles des pays occidentaux, en signe de solidarité avec le peuple ukrainien[14]. Il nie également les frappes russes sur une maternité à Marioupol, et rejette la responsabilité sur l'Ukraine[15].

Le , Sergueï Lavrov a été décoré de l'ordre de Saint-André, la plus haute distinction de la fédération de Russie, par le décret présidentiel n° 160 de la fédération de Russie pour ses « services éminents rendus à la Patrie, sa contribution significative au développement et à la mise en œuvre du cours de la politique étrangère de la fédération de Russie, ainsi que de nombreuses années de service public fructueux »[16],[17].

Doctrine politique

Sergueï Lavrov avec Hillary Clinton (Washington, 7 mai 2009).
Sergueï Lavrov avec Ban Ki-moon, John Kerry et Lakhdar Brahimi (Montreux, 21 janvier 2014).

Sergueï Lavrov se donne pour modèle Alexandre Gortchakov, ministre des Affaires étrangères d'Alexandre II, qui après la défaite de la guerre de Crimée avait restauré la position de la Russie face aux puissances européennes[6]. Il a été marqué par la gestion américaine de la guerre du Kosovo, confirmant le déclassement international de la Russie[6]. La proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo (2008) formera un précédent que Lavrov rappellera lors du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014[18],[19].

Il est l'un des hommes clefs du gouvernement de Vladimir Poutine et l'un des rares dirigeants à occuper un tel poste depuis le début de ses présidences[6]. La Russie, par son entremise, bloque par veto cinq résolutions devant ouvrir la voie à une intervention militaire en Syrie sous couvert de l'ONU, ce qui lui vaut dans les chancelleries occidentales le surnom de « Minister Niet »[20]. Suivant le président russe dans son entreprise de retrouver l'influence de son pays du temps de l'URSS, il est un défenseur résolu de la non-ingérence et de l'inviolabilité des frontières (en particulier lors de la première guerre civile libyenne et de la guerre civile syrienne), ce qui l'a parfois placé dans une situation délicate, notamment après la crise ukrainienne de 2014[2].

Condamnant l'extension de l'OTAN vers l'Est, « toujours plus près de la frontière russe », il affirme qu'elle constitue « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne »[6] ; c'est à ce titre que l'historien Georges-Henri Soutou le comparait à un « nouveau Metternich »[21].

Pour Evguenia Obitchkina, professeur au MGIMO, « à la différence des diplomates soviétiques contaminés par l'idéologie, Sergueï Lavrov perpétue la tradition étatiste de la puissance russe et maintient parfaitement le cap fixé par le président »[9].

Controverses

À droite, Sergueï Lavrov avec le président russe Vladimir Poutine, le président américain Joe Biden et Antony Blinken, à gauche (Genève, 16 juin 2021).

Sanctions

Dans le cadre des sanctions de 2022, sa fille Ekaterina Vinokourova et Polina Kovaleva[5], fille de sa maîtresse supposée Svetlana Poliakova, sont sanctionnées par les autorités britanniques[22].

Antisémitisme

Le , lors d'une interview pour la télévision italienne, Sergueï Lavrov déclare à propos du président Zelensky qu'être à la fois juif et nazi n'est pas incompatible, en affirmant que « Hitler avait aussi du sang juif »[23],[24],[25]. Israël s'alarme alors de propos « scandaleux, impardonnables et une horrible erreur historique », tandis que le gouvernement ukrainien dénonce des « théories du complot » révélatrices d'un « antisémitisme profondément enraciné au sein des élites russes »[23],[24]. Le , Moscou répond en accusant Israël de soutenir le « régime néonazi de Kiev », en affirmant dans un communiqué que « l'histoire connaît malheureusement des exemples tragiques de coopération entre juifs et nazis »[26],[24]. Le , Israël affirme avoir reçu des excuses de la part de Vladimir Poutine[27].

Décorations

Sergey Lavrov recevant les insignes de la première classe l'ordre du Mérite pour la Patrie de la main du président russe Vladimir Poutine (Moscou, 21 mai 2015).

Décorations russes

Décorations étrangères

Distinctions

Notes et références

Annexes

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