Forerie-chapelle de la manufacture d'Indret
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Moulin à marée (), chapelle () |
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La forerie-chapelle de la manufacture d'Indret est un ancien moulin à marée servant une forerie, devenu ensuite une chapelle, située à Indre, dans le département français de Loire-Atlantique.
Le site est sur l'ancienne île fluviale d'Indret, constitutive de la commune d'Indre, sur la rive gauche de l'estuaire de la Loire. Il est le lieu fondateur de l'industrialisation de la Basse-Loire superposé à un ancien lieu de culte de type architectural remarquable[1].
La chapelle est la propriété de la Ville d'Indre depuis 2001[1].
Historique
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le port de Nantes est le plus important de France, favorisant l'essor de la construction navale dans l'estuaire de la Loire[1]. L'industrie naissante est étroitement liée aux capacités du transport fluvio-maritime de matières premières et de biens manufacturés. Ce n'est donc pas un hasard si le premier pole métallurgique majeur de la Basse-Loire prend place en aval de Nantes, dans le secteur d'Indre et de Couëron, avec l'installation de la fonderie d'Indret (1777), des forges de Basse-Indre (1822) et des fonderies et laminoirs de Couëron[n 1] (1861)[2].
A l'issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le royaume de France est vaincu par la Grande-Bretagne et sa flotte est décimée. En 1774, Louis XVI accède au trône. Il prend la décision de reconstituer ses forces navales. À cette époque, la marine française a de grands besoins en artillerie mais les procédés de fabrication sont onéreux et délicats. En 1777, Antoine de Sartine, ministre de la Marine, choisit l'île d'Indret, propriété de la Couronne dédiée depuis 1642 à la construction de vaisseaux de guerre pour le compte du roi de France, pour y implanter une fonderie de canons. Ce sera la fonderie d'Indret, premier établissement industriel de Basse-Loire. Pour cela, il fait appel aux Wilkinson[n 2], maîtres incontestés de la métallurgie anglaise, pour mettre en œuvre les nouvelles techniques de fonte du métal et du forage des bouches à feu[1]. Les canons sont « coulés pleins » puis forés et alésés dans la forerie voisine, qui fonctionne grâce à l'énergie hydraulique d'un moulin à marée installé sur le bras sud de la Loire[3]. Celui-ci est aménagé en bassin de rétention fermé par deux digues, alimenté en eau à marées descendantes. Ses roues à aubes entraînent le mécanisme de forage, qui creuse l'âme[n 3] des canons coulés pleins[2]. En 1781, le site d'Indret devient manufacture royale, comme le sont déjà ceux de Brest et Toulon[1].
En 1810, la machine à vapeur révolutionne les procédés de forage et remplace progressivement le moulin à marée. En 1828, la forerie est désaffectée et le bâtiment devient un simple atelier. En 1842, l'édifice est transformé en chapelle de style néogothique, précurseur en France et le premier de la Loire-Inférieure[1]. Cette église paroissiale du quartier d'Indret est désacralisée en 1976. De 1998 à 2002, des fouilles archéologiques, réalisées par des bénévoles de l'association Indre Histoire d'Îles, révèlent les vestiges du moulin à marée sous la chapelle[1].
La totalité de la chapelle,y compris sont sol, sa voûte en charpente et ses luminaires, ainsi que les infrastructures voûtées mises au jour, font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [4].
