Fort de Mutzig

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Ceinture fortifiéeposition de la Bruche
Type d’ouvragegroupe fortifié
Dates de construction1893-1916
Dates de modernisation1895-1916
Fort de Mutzig
Feste Kaiser Wilhelm II.
Les ouvrages de la batterie no 1 pointée au nord-ouest.
Les ouvrages de la batterie no 1 pointée au nord-ouest.
Description
Ceinture fortifiée position de la Bruche
Type d’ouvrage groupe fortifié
Dates de construction 1893-1916
Dates de modernisation 1895-1916
Garnison 7 000 hommes
Armement 22 pièces d’artillerie (105-150 mm)
Usage actuel Ouverture au public : visites d'une zone restaurée
Protection zone militaire, patrouille régulière
Coordonnées 48° 32′ 52″ nord, 7° 27′ 41″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Fort de Mutzig
Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin
(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Fort de Mutzig

Le fort de Mutzig, de son nom original Feste Kaiser Wilhelm II. (« Groupe fortifié Empereur Guillaume II »), est un ouvrage militaire construit à partir de 1893 par les Allemands sur la commune de Mutzig en Alsace (aujourd'hui dans le département du Bas-Rhin). Le champ de manœuvre s'étend autour du fort, soit au nord de Mutzig et sur les communes voisines de Molsheim et de Dangolsheim.

Cet ouvrage était, de par son étendue et sa puissance de feu, la fortification la plus importante de l'Empire allemand lorsque la Première Guerre mondiale éclate mais, du fait de la tournure du plan Schlieffen et de son éloignement du front, n'y joua qu'un rôle mineur.

Premier ouvrage militaire construit après la « crise de l'obus-torpille », il a été l'objet d'expérimentations qui allaient conduire au nouveau type d'ouvrages fortifiés utilisé entre autres dans le cadre de la ligne Maginot.

À la fin du XIXe siècle, l'artillerie commença à connaître des progrès considérables, notamment grâce à l'invention de l'obus de forme cylindro-ogivale, de la fusée percutante et de l'emploi de la mélinite comme explosif brisant. Il s'ensuivit ce qui est communément appelé la « crise de l'obus-torpille » en 1883-1885.

Cette crise rendit obsolètes les ouvrages fortifiés de l'époque, fussent-ils français comme ceux du système Séré de Rivières ou allemands comme ceux de type Biehler, tous construits en maçonnerie et fragiles devant de tels obus.

De plus, l'artillerie des fortifications d'avant-crise était simplement mise en batterie en plein air au-dessus du fort, seulement protégée des tirs directs par un parapet. Étant donné les progrès en matière de précision du tir d'artillerie, il devient évident que la protection de la pièce et celle de ses servants n'est alors plus que symbolique.

Une révolution technologique

Dans le contexte de la révolution industrielle, le fort de Mutzig a une place particulière dans la course à l'innovation entre le glaive (les armes offensives, ici surtout le canon) et la cuirasse (les armes défensives, ici la fortification) : le génie allemand met en œuvre des mesures aptes à répondre à cette crise par le recours au béton, au cuirassement, à l'électricité et à la dispersion des structures, faisant du fort de Mutzig une fortification expérimentale très en avance sur son époque.

Emploi du béton

Le premier fort, bâti de 1893 à 1895 du côté est et bien que construit en maçonnerie, était doté d'une dalle en béton d'un mètre d'épaisseur. Le second, bâti de 1895 à 1897 du côté ouest, l'a été tout en béton. La construction du troisième imposait de par son type l'emploi de béton (voir infra).

Emploi du cuirassement

Les tourelles pour obusier qui équipent le fort sont intégralement protégées par une cuirasse en acier au nickel de 10 cm d'épaisseur. Ces tourelles sont souvent désignées comme étant des « coupoles », car elles ne sont pas éclipsables.

Ses autres équipements extérieurs, à savoir trois cloches d'observation, sont également blindées. En fortification, cela a été le premier emploi systématique du cuirassement du côté allemand.

Emploi de l'électricité

Le fort de Mutzig a été la première fortification à intégrer des centrales électriques pour ses propres besoins : quatre ont été installées.

Du fait de l'encloisonnement et du blindage des locaux, leur ventilation mécanique était devenue nécessaire. L'électricité a permis de la réaliser en toute sécurité, de même que l'éclairage des locaux sans flamme nue (bougies ou lampe à pétrole, très courants à l'époque).

Dispersion des ouvrages

Mis à part leur forme triangulaire, les deux premiers forts suivaient le principe général d'avant-crise : un grand fossé sec autour d'une caserne plutôt compacte semi-enterrée avec l'artillerie par-dessus. Pour le troisième, on allait oublier tout ça.

Une fortification expérimentale

De par l'étalement dans le temps de la construction du fort et de son ampleur dans l'espace, le fort allait servir de laboratoire pour bon nombre d'innovations : au moins trois générations d'abris d'infanterie, trois types de batteries, deux modèles d'observatoires cuirassés et deux types de périscopes y furent expérimentés.

Évolution du projet

Genèse du projet

  • 1884 : Guillaume Ier décide la construction d'un fort à Muzig.
  • 1891 : Guillaume II se décide pour un projet économique avec deux forts compacts (au sens Séré de Rivières - Biehler) mais demande une étude complémentaire qui conduit à l'abandon de la forme polygonale des forts au profit de celle triangulaire.
  •  : ordre de démarrage des travaux.
  •  : l'ensemble est appelé « Feste Kaiser Wilhelm II.[1] » en raison de l'intérêt que manifestait l'empereur au chantier.

Les premiers pas

Le fort est

Printemps 1895 : achèvement du fort est.

Comprend une centrale électrique avec quatre groupes électrogènes.

  • Armement principal :
    • Batterie 5 : 4 coupoles pour obusier calibre 150 mm sous bouclier de 150 mm d'acier au nickel - portée : 7 200 m - cadence de tir : 2 à 4 coups par minute.
  • Armement secondaire :
    • 6 coupoles à éclipse pour canon calibre 57 mm à tir rapide sous bouclier de 150 mm d'acier au nickel - portée : 500 m[2] - cadence de tir : 25 coups par minute ;
    • 6 affûts pour canon calibre 53 mm à tir rapide protègent les fossés périphériques depuis trois coffres de contre-escarpe - portée : 3 200 m - cadence de tir : 35 à 40 coups par minute[3] ;
    • des mitrailleuses MG 08 calibre 7,92 mm complètent la protection des fossés.

Le fort ouest

1895-1897 : construction du fort ouest.

Comprend une centrale électrique avec quatre groupes électrogènes.

  • Armement principal :
    • Batterie 2 : 4 coupoles pour obusier calibre 150 mm sous bouclier de 150 mm d'acier au nickel - portée : 7 200 m - cadence de tir : 2 à 4 coups par minute.
  • Armement secondaire :
    • 2 coupoles à éclipse pour canon calibre 57 mm à tir rapide sous bouclier de 150 mm d'acier au nickel - portée : 500 m[2] - cadence de tir : 25 coups par minute ;
    • 4 affûts pour canon calibre 53 mm à tir rapide protègent les fossés périphériques depuis deux coffres de contre-escarpe - portée : 3 200 m - cadence de tir : 35 à 40 coups par minute[3] ;
    • des mitrailleuses MG 08 calibre 7,92 mm complètent la protection des fossés.

Évolution vers un groupe fortifié

(au sens Maginot)

Trois batteries légèrement blindées

1898-1899 : un budget limité fait que seules des batteries « légèrement » blindées sont construites, en l'occurrence les batteries 1 (sur la cote 375), 3 et 4 (sur le Blottenspitze), à la façon de batteries côtières ; la batterie 1 comporte quatre tourelles pour canon calibre 105 mm sous bouclier de 80 mm d'acier ainsi que les abris en béton afférents et un observatoire ; les batteries 3 et 4 ne comptent que 3 tourelles et leur observatoire est déporté de la distance de la quatrième tourelle. Les canons avaient une portée de 10 800 m et pouvaient tirer 9 coups par minute.

Les abris d'infanterie

Trois casernes d'infanterie furent construites entre 1899 et 1901 pour la no 1 et de 1901 à 1902 pour les nos 2 et 3. Suivirent seize autres abris en béton dont le no 16 comprend une centrale électrique avec quatre groupes électrogènes.

La batterie 6 : un fort en soi

De nouveaux fonds, débloqués à la suite de la vente de la Südumwallung (fortification - Vauban ? - sud) de Strasbourg, permettent de 1904 à 1906 la construction de la batterie 6 sur la cote 374 et comportant un ouvrage aux façades complètement enterrées (à l'accès près) et où seule la surface de la dalle affleure le terrain environnant.

Comprend une centrale électrique avec quatre groupes électrogènes et un puits (forage à 110 m).

  • Armement principal : quatre tourelles cuirassées pour canon calibre 105 mm renforcés sous coupole de 150 mm d'acier au nickel - portée : 10 800 m - cadence de tir : 9 coups par minute.

Ce fut le dernier bloc d'artillerie (au sens Maginot) construit.

La ceinture de barbelés

Une ceinture en fil de fer barbelé de 25 m de large et de 18 km de longueur fut mise en place entre 1908 et 1912.

Intérêt stratégique

Et après ?

Notes et références

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